Ont joué les rôles : MM. Leroux.... (Clitandre
— Got. ..... (Trissotin).
— Maubant.. (Ariste).
— Monrose.. (Vadius).
Mae> Favart.... (Armande).
— Bonval... (Martine).
— Jouassain. (Pbilaminte).
— Riquer.... (Henriette).
— Grassau.. (Bélise).
3. MM. Leroux (Valère), Got (Hector); M»*» Riquer (Angélique), Jouassain (M"e la Ressource;, Lambquin (M»* Adam), Bonval (Nérine), GraaiM (la Comtesse).
mais ce léger défaut est racheté par tant de grâce qu'il passe, pour ainsi dire, inaperçu. M. Bressant chante, en outre, à ravir, et il a dit la sérénade du premier acte avec une voix de ténor si juste et si assurée que le public, enchanté, la lui a fait répéter aussitôt. La comédie de Beaumarchais était d'ailleurs exceptionnellement montée * et jouée, pour le premier acte, devant un décor nouveau du meilleur effet.
22 Juin. — M. Empis poursuit, avec une sérénité qui n'est pas toujours couronnée de succès, son système de reprises à outrance. L'année 1857 aura été l'une des plus fertiles en ce genre dans l'histoire de la Comédie-Française ; le bilan des pièces qu'elle aura vu mettre ou remettre au répertoire peut, en effet, s'établir en trois chiffres tout à fait significatifs :
Pièces nouvelles, 4 ; Intermèdes, 2 *, Reprises, i3.
Il faut ajouter que, — à part deux ou trois exceptions, — pièces nouvelles ou reprises n'ont pas fait, en général, excellente ni surtout longue figure au feu de la rampe, bien que l'admirable troupe du Théâtre-Français ait vaillamment combattu et même, en somme, toujours triomphé, par l'excellence de son incomparable ensemble 2. L'honneur de la Comédie a donc été sauf; le public seul, — bien que toujours empressé, — n'aurait peut-être pas
I. MM. Régnier (Figaro), Provost (Bartholo}, Monrose (Basile); M'i» Fix (Rosine).
2' Les recettes. du théâtre ont été, en effet, exceptionnelles pour une aooée qai a surtout vécu par les reprises *, on encaisse, dans les douze mois de l'année 1857, un total de 656,679 francs, c'est-à-ilire la somme la plas élevée qu'en dehors de Tannée de l'Exposition universelle, aient pro- «^Qitesles représentations de la Comédie-Française^ depuis i85i.
l82 LA COMÉDIE-FRANÇAISE.
demandé mieux que de se voir servir un peu plus souvent du nouveau. Je sais, bien qu'il est fort difficile de trouver des chefs-d'œuvre, et qu'un directeur prudent doit y regarder toujours à deux fois avant de lancer une pièce nouvelle, mais il n*en faut pas moins reconnaître que M. Empis à, sur ce point, péché par excès de circonspection.
Quelle nécessité, par exemple, de reprendre les Comédiens, de Casimir Delavigne, qui ont reparu à la scène * aujourd'hui même 22 juin ? La pièce est plus une satire qu'une comédie : elle était, en effet, dirigée contre les sociétaires de la Comédie-Française, que Casimir Delavigne voulait punir de l'audace qu'ils avaient eue de refuser son "drame : les Vêpres siciliennes. Jouée pour la première fois à rOdéon, elle eut une réussite presque tumultueuse : les amis de la Comédie-Française l'accueillirent fort mal, tandisque ceux qui jugeaient excessive l'arrogance du comité, l'applaudirent à qui mieux mieux 2. Quoi qu'il en soit, le
1 . Ont repris les rôles : MM. Régnier (Belrose), Maillait (Victor), Got (lord Pembrock^, Mirecour (Floridor); M»«» Fix(Lucile), Valérie (Estelle) Figeac (M»« Biinval).
L'Impératrice assiste à la quatrième représentation, donnée le 39 jain, avec le Barbier de Séville,
2. Les Comédiens furent représentés, pour la première fols, à TOdéon, le 6 janvier 1820. L'affluence des spectateurs fut considérable; on savait à Tavance Thistoire de la pièce et on s'attendait à des représailles très^vives de Vauteur contre le comité de lecture du Théâtre- Français. Dès midi, la foule assiège les portes de l'Odéon, et la police a toutes les peines du monde à protéger l'ordre de l'entrée. Un certain -nombre de sociétaires assistent à la représentation, et ils deviennent bien vite le point de mire du parterre. La soirée, très-bruyante, finit toutefois d'une manière assez calme. L'œuvre n'avait pas une portée aussi agressive qu'on avait pu ic croire. La Comédie- Française n'était d'ailleurs prise qu'indirectement i partie dans la pièce de Delavigne, puisque la scène se passe au grand théâtre de Bordeaux ; mais c'est le cas de dire que tout le moode était
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succès en fut très-vif et surtout assez durable pour que Casimir Delavigne eût lieu de se croire suffisamment vengé.
Cette pièce était en quelque sorte une comédie d'actualité, et il semble qu'éloignée du temps où elle parut pour la première fois, elle ne devait avoir aucune chance d'intéresser un public nouveau qui n'avait que faire de se souvenir des querelles qui avaient pu jadis diviser Casimir Delavigne et la Comédie-Française. Sortie de son cadre et surtout de son époque, la pièce des Comédiens n'avait plus de raison d'être. Dix ans après sa première apparition c'était une oeuvre forcément surannée. La Comédie crut cependant devoir faire amende honorable pour rentrer dans les bonnes grâces de l'auteur de Louis X/*, et elle alla lui demander l'autorisation de mettre à la scène, pour la première fois chez elle, ces fameux Comédiens, écrits spécialement contre son comité, consentant ainsi à se fustiger elle-mênie en faisant jouer, par ses sociétaires, Une pièce qui avait eu, avant tout, l'intention de se moquer d'eux. Cette reprise eut lieu le i3 juin i832; elle ne fut pas heureuse, et le souvenir du peu de succès qu'elle eut alors aurait dû mettre en garde M. Empis contre les chances d'une nouvelle tentative. Quoi qu'on fasse, en effet, le répertoire de Casimir Delavigne, surtout le répertoire en ▼ers, est, à peu de chose près, devenu difficile aujourd'hui
* dans le secret de la conlédie, » car chacun savait parfaitement que c'était le théâtre et le comité de la rue de Richelieu que l'auteur avait eu tout spécialement en vue.
I. Louis ^/ venait d'obtenir un grand succès, et les comédiens crurent devoir, à cette occasion, témoigner une grande satisfaction à l'auteur en reprenant successivement deux de ses pièces qu'ils avaient, dans rorii-,inci frappées d'un ostracisme inexpliqué : les Comédiens et les Vêpres sici^ Hennés.
à la scène. Tout cela a vieilli, et il faut bien le dire, est devenu passablement ennuyeux. Qu'on le lise au coin du feu, comme un classique de troisième ordre, je le veux bien encore ; il y a de belles parties dans les Vêpres siciliennes et dans Louis XI; mais dans les Comédiens, tout est faux comme caractères et comme vérité historique; lesdéveloppenients du sujet sont médiocres et l'intérêt en est nul. Cette froide pièce n'a plus que les allures d'une étude rétrospective et d'une critique de questions jadis brûlantes, et auxquelles personne n'entend plus rien aujourd'hui. La reprise de 18 32 avait été sans effet, celle de 1857 n'a pas eu meilleure chance, et je crois bien que, du coup, les Comédiens sont irrémissiblement et à jamais bannis du répertoire *.
t. Voici le Ingénient porti sur les Comédiens, lors de cette dernière reprise, par trois critiques, choisis parmi les plus généralement aimables et bienveillants :
« Pendant cinq longs actes vous* n'entendez parler, dans cette comédie des Comédiens, que Targot dramatique ; les vers sentent Tlraile à qainquetj vos yeux sont éblouis dans cette ombre douteuse de cachemires, de billets doux, de comédies projetées,' de maladies de nerfs, de lords anglais qui payent sans être aimés, de petits-maîtres qui aiment sans payer, de comédiennes à la réforme, d'amoureux édentés, de faux mollet&, de faux cheveux et de tous ces horribles mensonges sans lesquels il n'y aurait pas de théâtres. Affreux détails, véritables, si vous voulez, mais qu'il eût fallu laisser derrière la toile qui les recouvre. A peine s'il doit être permis de risquer un œil à travers les trous de cette toile immonde pour regarder ce qui s*y passe. Casimir Delavigne, dans sa comédie, est gêné et mal à l'aise. Cette comédie, qui se passe sur des planches malsaines, entre des décorations mal peintes, dans une société à part, manque d'air, d'espace et de soleil. Allez donc faire, à moins de vous nommer Le Sage, une comédie plaisante dans la caverne de Gil Blas !... •
(Jules Janin.)
• Une piété bien entendue eût épargné le désagrément de cette repn'se à l'ombre de Casimir Delavigne. Les Comédiens sont une production médiocre qu'il fallait laisser sous la poussière que les ans ont tamisée wr
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1 3 Juillet. — Reprise, dans son texte primitif et intégral^ et sans les retouches et modifications que lui avaient fait subir, au dernier siècle, Marmontel et Colardeau, de Venceslas^ tragédie en cinq actes, de Rotrou *. Quelques vers, une ou deux scènes et le rôle assez brillant et mouvementé de Ladislas ressortent de Tensemble terne et gris de cette faible pièce, qui a, jadis, passé pour un chefd'œuvre. Beauvallet met cependant beaucoup de feu et de verve dans le personnage de Ladislas, qu'il joue pour la première fois, et Maubant interprète celui de Venceslas avec une conviction digne d'un meilleur rôle 2.
elle... La pièce, rendue faiblement, a été reçue avec assez de froideiir. Comment bien jouer ce qui n'a ni vie, ni sèniiment, ni vérité ? Comment infuser du sang à ces pâles fantômes, à demi disparus déjà derrière la gaze noire de Toubli, et donner des inflexions humaines à ce langage vague, incolore, déclamatoire, à ce style de satire ou d'épître dialoguée ? Aussi Tennui disicquait-il toutes les mâchoires; à peine si les rares spectateurs ont applaudi, du bout des doigts, les tirades de Maillart, représentant le poâte, et souri aux fatuités impertinentes et prétentieuses de Floridor, très-bien décochées par Mirecour, qui a eu les honneurs de la soirée: lui seul, parmi ses camarades, semble posséder la tradition de cette sorte de comédie, » (Th. Gautier.)
■ Nous ne comprenons pas l'utilité de la reprise des Comédiens^ pièce vieillie et vieillissante, portant avec elle sa date comme un discours de la Chambre des pairs ou une ascension de MUe Garnerin. Qui cela intéresset-il ? La jeunesse est accoutumée à chercher ailleurs ses modèles littéraires, et c'est un souvenir trop récent pour les hommes mûrs. Dj portée morale, il n'y eu a aucune; c'est une longue boutade en cinq actes; les caractères en sont communs, rien de cherché dans les physionomies, rien d'imprévu dans les situations... » (Charles Monselet.)
I. Représentée, pour la première fois, en 1647. « Eut grand succès, dit le chevalier de Mouhy en 1752; elle a pu servir de modèle jx>ur les grandes beautés de la tragédie, auxquelles le temps n'a rien fait perdre. Le rôle de Ladislas est tout neuf, et suffirait pour faire connaître le génie de Tauteur. Baron finit par ce rôle, à sa première sortie du théâtre, et par cdoi de Venceslas à la seconde. »
3. Ont repris les rôles : MM. Beauvallet (Ladislas), Maubant (Venceslas),
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Le sujet de la pièce de Rotrou est, comme chacun sait, emprunté à un drame espagnol de Francisco de Rojas, encore très-populaire par delà les Pyrénées : On ne peut être à la fois père et roi. Nous avons voulu relire ce drame, dont Rotrou a traduit, presque textuellement, certaines parties. Il est bien autrement développé que la tragédie du poëte français, rempli de digressions et d'incidents parfois étrangers à Faction principale et absolument inexécutable, même sur une scène espagnole, tel que son auteur Ta écrit. Le sujet ne manque cependant ni d'éclat, ni de grandeur ; il est même des plus chevaleresques et tout à fait dans la note héroïque du C/i, mais il demanderait un arrangement tout nouveau et dans le goût du jour, pour être supportable au théâtre. Marmontel et Colardeau avaient déjà tenté cet arrangement au siècle dernier, mais sans grand succès, car le Venceslas de Rotrou, modifié par eux^ ne fut guère mieux accueilli de leur temps que du nôtre *, et alors, comme aujourd'hui, la reprise de cette tragédie, — curieuse et intéressante en somme au seul point dé vue de l'histoire et du progrès du théâtre en France^ — n'eut aucun succès.
14 Juillet. — [M.. Bressant aborde, pour la première fois, le rôle d*Alceste, dans le Misanthrope. 11 le joue un peu mollement et sans accentuer suffisamment Ic^ traits si saillants de ce bizarre et quinteux personnage. M. Bressant s'y montre, en un mot, encore trop jeune premier et pas assez premier rôle. Il porte toujours à ravir, et avec une grande élégance, le brillant et pimpant costume de son
Fonta (Octave), Jouanni (l'infaut Alexandre), Chéry (le duc); M"« Pauii Lebrun (Cassandre), Stella Colas (Théodore), Jouassain (Léoaore).
I. La reprise de la trai^édie de Rotrou eut lieu, avec ce nouvel arranâcment, le 3o avril 1759.
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rôle dans lequel il paraît {)eut-être trop séduisant» eu égard au caractère d'Alceste.j
Le même soir, M""« Madeleine Brohan opère sa rentrée, après une année d'absence, et elle reprend, toujours avec le même succès de grâce et de beauté, le personnage de Célimène, dans le Misanthrope, et celui de Sylvia des Jeux de r amour et du hasard 1. Célimène ou Sylvia, M»* Madeleine Brohan est toujours agréable à voir et bonne à entendre : c'est une de ces artistes précieuses qui, sans s'élever jamais à une grande hauteur, ont une égalité et pour ainsi dire une constance de talent toujours suffisantes, quoi qu'elles jouent, et arrivent ainsi à se maintenir au premier rang avec des qualités certainement inférieures à la position qu'elles ont eu l'art de conquérir 2.
1er Août. — Première représentation, à ce théâtre, de Philiberte, comédie en trois actes, en vers, de M. Emile Augier.
C'est une pièce d'un sujet bien indécis et bien vague que celte comédie dé Philiberte, que le Théâtre-Français vient