I. La recette fut de 2,457 francs
sit pas complètement dans Don Juan d* Autriche^ il prit sa revanche dans Par droit de conquête^, où il effectua son deuxième débuts le ] 4 novembre, et enfin il succéda trèsbrillamment à Maillart dans le rôle de Bernard Stamply,
qu'il joua le 1 5 décembre, lors de la reprise de Mademoiselle de la Seiglière, remise, pour la première fois à la scène depuis le départ de Samson*. Travailleur obstiné,
1. La pièce n'a pas été jouée depuis le 17 octobre i863. Elle est distribuée presque entièrement à nouveau : MM. Talbot (le marquis), Garraud (le vicomte). Febvre (Georges), Prudhon (Wilson), Seveste (le baron); M»w Jouassain (la marquise), Nathalie (M»* Georges), Royer (Alice), D. Félix (Justine), Deschamps (Amélie), Lloyd (Marie).
2. Cette reprise n'offrait pas ce seul attrait de curiosité : elle avait surtout comme grand intérêt la triomphale prise de possession, par M. Régnier, du personnage du marquis de la Seiglière, que personne n'avait joué depuis Samson et que M. Provost répétait au moment où il est mort, ainsi que le constate ce passage du discours prononcé par M. Thierry à ses funérailles : • ... Ne dût-il plus avoir qu'un rôle à créer, il en avait un, et il l'étudiait avec ce feu de jeunesse qui ne s'était pas ralenti; ce rôle, c'était celui du marquis de la Seiglière. En prononçant ce mot, je sais quels souvenirs je réveille et de quelle vive empreinte un talent supérieur a marqué originellement cette saisissante figure. M. Provost le savait aussi; il ne se dissimulait pas le danger d'un redoutable parallèle, mais il était de ceux que le danger attire. Il aimait le rôle et il voulait montrer comment il l'aimait. La mort l'a surpris avant que personne eût reçu la confidence de cette curieuse étude, et lorsqu'il n'avait encore récité son rôle qu'à lui-même... » C'est aussi le dernier rôle nouveau joué par M. Régnier jusqu'à son départ de la Comédie-Française (3i mars 1871}. — Nous ne trouvons dans la distribution actuelle de la pièce que la seule Mne Nathalie (la baronne), qui date de la création. M. Monrose joue DestournelIes,créé par Régnier, et il est bientôt lui-même remplacé dans ce rôle par M. Coquelin, qui s'y montre, pour la première fois, le 3i janvier suivant. Febvre remplace Maillart dans Bernard StampTy; Prudhon joue Raoul de Vaubert qu'avait créé Delaunay; Seveste fait Jasmin, créé par Mathieu ; et M"* Favart reprend le rôle d'Hélène, joué à l'origine par Madeleine Brohan. Cette jolie comédie est d'ailleurs, à partir de ce jour, constamment maintenue au répertoire. Après le départ de M. Régnier, personne n'osa longtemps reprendre le rôle du marquis. Enfin, en 1873, le 21 octobre, M. Thiron le reprit à son tour et avec un vif succès. Il en est depuis lors demeuré l'exclusif titulaire. Ce même soir,
466 LA GOM£DIË-FRANÇAISE.
M. Febvre a su se faire si rapidement une place importante dans la maison de Molière , que le sociétariat lui fiit octroyé dès le i®' mai 1867, c'est*à-dire moins d^un an ftprès ses débuts.
Le 23 octobre, obsèques de David, sociétaire retraité depuis 1839, et qui avait débuté à la Comédie-Française eh 181 5. Il joua, les jeunes premiers dans les deux genres, mais brilla surtout dans la tragédie; le rôle d'Hippolyte était un de ses meilleurs. Il s'était retiré avec une pension de S^ooo francs.
Le surlendemain 25, autres obsèques d'un comédien en exercice, Verdellet père, mort le 23 des suites d'une chute qu'il avait faite en scène, le 16 août précédent, en jouant Cléante de V Avare.
3o Octobre. — Première représentation de le FilSj comédie en quatre actes, en prose, de M. Auguste Vac« querie*.
Le point de départ de la pièce nouvelle tient beaucoup plus du mélodrame que de la comédie. On y trouve, en effet, comme moyen bien usé, la lettre et le portrait tra* ditionnels dont se sert, en vue d'un chantage productif, un vil usurier à TefiFet de démontrer à Louis Berteau, le héros de la pièce, qu'il n'est pas le fils du père qu'il croit, et que sa mère a eu jadis un moment d'oubli dont il est le résultat. Or, Louis Berteau allait épouser la fille d'un certain colonel Torelly, et c'est précisément le jour même de son mariage qu'il apprend la terrible nouvelle. Il renonce aussitôt à l'union projetée, et prend la résolution
MU« Croizette jouait, pour la première fois, le rôle d*Hélène, et la piice ayait atteint saSiS* représentation.
1. La pièce avait été lue au Comité et reçue, le 6 septembre, aoui le titre de Louis Berteau.
de quitter la France, mais sans vouloir révéler à personne les motifs de sa conduite. Cependant, avant de partir^ il retourne une dernière fois chez sa fiancée. Là, il est sommé d'expliquer son refus inconcevable et si blessant pour la fille de Torelly. A ce moment intervient M"« Berteau qui ne craint pas, pour dégager l-honneur de celle qui allait être sa belle-fille, de sacrifier le sien propre en avouant devant tous, et surtout devant son fils, la faute qu'elle a autrefois commise. Mais M"« Torelly est, paraîtil, un grand cœur; après avoir écouté Thumiliante confession de M*"« Berteau, elle lui offre héroïquement sôii pardon en lui demandant â devenir de nouveau sa bellefille.
Les deux premiers actes de ce drame, que Pauteur appelle je ne sais trop pourquoi comédie, avaient passé sans conteste. On y avait trouvé quelques jolies scènes et un intérêt d'abord savamment gradué. Le troisième acte , bien qu'il débute par un interminable monologue de ce fils en quête de son père qu'il ne connaît pas, avait engagé plus vivement encore l'action; il est, en effet, le mieux charpenté de la pièce ; il met en présence Louis Berteau, sa fiancée et son père au lendemain de l'esclandre qui a brisé le mariage et il conduit le drame à son point ■culminant; le rideau tombe ensuite sur l'émotion vive* ment excitée du spectateur» Mais, hélas ! que dire du qua** trième acte ? Nous rendrions mal l'impression répugnante produite par cette scène trop prolongée où M** Berteau s'accuse devant son fils de la faute la plus délicate et même la plus honteuse à exposer! Et ce fils, il édoute sans sourciller cette confession terrible! Il eilterid sa mère se dés» honorer devant lui, et il ne l'arrête poitit dès le premier mot en lui sacrifiant plutôt dix fois son bonheur pour lui épargner ce cfuel et horrible aveu ! Et paf-dessus U mai^
ché, ce iils profite de cette honte de sa mère pour épouser celle qu'il aime ; et c'est à ce sacrifice suprême de l'honneur tnaternel qu'il devra son. mariage et son bonheur !...
Cette scène contre nature et que l'auteur estimait peutêtre, au contraire, à cause de sa nouveauté, a produit le plus désastreux efifet. M. Th. Gautier a eu beau déclarer, quelques jours après, dans son feuilleton, a que le succès de ce drame, qui avait d'abord un peu étonné le public, était bientôt devenu un triomphe, » la vérité est qu'une sorte d'orage accueillit le dernier acte et qu'il se termina au milieu des sifHets. On avait oublié, en un moment, certaines jolies scènes qui avaient été applaudies pendant les trois premiers actes et qui soutinrent même durant un certain temps la pièce, pour ne voir que cette scène malencontreuse qui froissait dans ses sentiments les plus intimes et les plus délicats, ce public si impressionnable des premières représentations. Quant à Tinterprétation, elle était remarquable : M. Got, qui rentrait au Théâtre- Français après son excursion odéonesque, créa avec un ta- 1 ent énorme le rôle cependant peu original et peu nouveau de l'usurier Mauvergnat et M"« Guyon eut da moments très-dramatiques dans le dernier acte de la pièce dont elle empêcha le complet effondrement. En revanche, nous eussions préféré voir créer par un autre acteur que M. Delaunay, ce rôle déclamatoire, ennuyeux, désagréable et même odieux de Louis Berteau. Nous sommes, en effet, habitués à un Delaunay toujours sympathique, au9i bien à la scène qu'à la ville, et nous avons bien souffert pour lui en le voyant si embarrassé de lui-même et de sa tenue pendant que sa mère faisait ce long mea culf^ contre lequel il avait vraiment l'air de protester intérieurement !•••
- La pièce de M. Vacquerie, bien que modifiée aux représentations suivantes, n'a pu être jouée que vingtsept fois *.
I. Ont ciéé les autres rôles: MM. Leroux (Torelly), Dressant (Armand de Bray), Barré (Tricoche), Seveste (Timothée), Prudhon (Gaston Aubry) ; M"»*» Favart (très-dramatique dans les quelques scènes du personnage de Geneviève Torelly), Jouassain (Gertrude)» Lloyd (M»» Tricoche). — Les recettes furent rapidement médiocres ; il y eut bien quelques belles chambrées au début; la deuxième représentation, à laquelle assistaient la princesse Mathilde et le prince Murât (i" novembre), fut moins houleuse ; on fit 4,039 francs de recette; puis les chiffres baissèrent de jour en jour; on ne faisait plus que 2,762 francs à la quinzième; 1,878 à la dix-septième. La pièce remonta un peu à Tannonce des dernières soirées, et elle fut retirée définitivement de l'affiche à la vingt-septième, et sur 1 une de ses meilleures recettes, 3^33 1 francs.
C'est Tannée exceptionnelle, la grande année ! L'Exposition universelle, qui ouvre définitivement vers le mois de mai, attire le monde entier à Paris. Nous verrons plus loin quelles illustres visites reçut^ à cette occasion, la Comédie-Française; d'autre part, c'est aussi l'année qui a vu renaître à la scène le théâtre de Victor Hugo, depuis seize ans proscrit, par la solennelle reprise <ïHernaniy donnant une série de représentations plus nombreuses et aussi plus fructueuses, en quelques mois, que toutes celles qu'avait eues la pièce depuis Porigine.
L'année débute par l'admission au sociétariat de M"e Provost-Ponsin, utile et sympathique artiste, que ses heureuses créations de personnages épisodiques dans le Supplice d^une femme et le Lion amoureux ont justement mise en évidence.
Le 9 janvier, première représentation de Un cas de conscience^ sorte de proverbe de M. Octave Feuillet, emprunté à la Revue des Deux-Mondes {i^ octobre i865;.
et qui est de qualité inférieure aux petites œuvres déjà jouées du même auteur.
Un viveur, Raoul de Morière, a enlevé M"* de Thémines. Cette dame est morte, laissant à son amant, de leurs amours illégitimes, une charmante enfant qui, aujourd'hui, — elle a seize ans, — va sortir du couvent. Le père comprend que son passé d'homme à bonnes fortunes sera une triste recommandation pour un épouseur, s'il garde la jeune fille sous son toit. C'est alors qu'il songe à prier un de ses amis, M. de Brion, homme marié, dont la femme a toutes les vertus domestiques, de recevoir et de garder M"® de Thémines dans son ménage. M. de Brion ne demanderait pas mieux ; mais M"® de Brion a conservé tous les préjugés de son faubourg. Bien que parente de jyime de Thémines, elle n'a pu oublier sa faute, elle n'a pu surtout pardonner au Don Juan qui a fait de sa tante une femme déshonorée. La pièce se passe à plaider le pour et le contre de la situation. M. de Morière cherche à convaincre Mn»e de Brion qu'elle fera œuvre pie en recueillant l'enfant ; Mme de Brion essaye de résister en employant tous les arguments que lui fournit sa vertu sévère. Le dénoûment est si bien prévu dès la première scène, qu'on a de la peine à s'intéresser au malheur de Raoul. On écoute avec plaisir mais sans émotion. Bressant (Raoul), Mirecour (le comte), et Mme Plessy (la comtesse), jouent d'ailleurs cette anodine saynette avec leur talent habituel.
Le i3, service funèbre de M"« Georges, ancienne sociétaire, décédée le 1 1 janvier. Marguerite-Joséphine Wcmmer — et non Weymer — était née le 23 février 1787, à Bayeux, où son père était maître tailleur du régiment de Lorraine, alors en garnison dans cette ville. L'illustre femme, qui avait eu plusieurs fois devant elle « un parterre de rois, » et que deux empereurs notamment — les
47^ LA COMËDIE-FRANÇAISE.
plus puissants du monde — avaient honorée de leur amitié et comblée de richesses et de présents, fnourut dans un état de misère tel qu'on fut obligé de subvenir, par cotisation, aux frais de son enterrement. On la mit en bière revêtue, selon son désir, d'une robe de soie noire fanée^ qui était la dernière relique de son beau temps, et enveloppée dans le manteau tragique avec lequel elle avait joué Rodogune. La vieille tragédienne habitait alors rue du Ranelagh, 3 1 , à Passy, et c'est là que se rendit la députation de la Comédie-Française, qui vint faire honneur à ses glorieux restes et suivre jusqu'au lieu du repos définitif le mauvais cercueil de sapin qui les emportait I...
i5 Janvier. — Représentation extraordinaire en Thonneur du 245^ anniversaire de la naissance de Molière, composée du Misanthrope et du Malade imaginaire^ avec la cérémonie. Entre les deux pièces, M. Leroux déclame un à-propos en vers de M. Emile Bergerat*, à qui la Comédie-Française doit déjà une pièce agréablement rimée: Une amie» La recette est de 4,62 3 francs.
I Les stances de cet ù-propos ontpaur titre : Hommage â Molière! Le début en a surtout été remarqué :
Molière!... — A ce nom seul tout homme se découvre! Pauvre dans un grenier, empereur dans un Louvre, Chacun n*a qu'une fête et qu'un saint aujourd'hui. Nous, prêtres de son temple, et clercs de son ccoiCf Qui gardons le feu pur de sa grande Parole, Nous venons vous parler de Lui !
Heureux celui qui l'aime et lui reste lidèle! Il a du même coup le maître et le modèle! Ne côtoyant le mal que du plaisant côté, Il ne s'approche point des défenses du Code : Il apprend la vertu par une autre méthode, La méthode de la gaîté !
ANNÉK 1867. 473
.8 FÉVRIER. — Reprise de V Aventurière, comédie en quatre actes d'Emile Augier, qu'on n'a pas jouée depuis le 2 juin 1862. Tout l'intérêt de cette reprise consiste dans la distribution nouvelle des rôles, où MM. Régnier (Annibal). Barré (Dazio), et Mnïe Plessy (Clorinde), figuraient seuls lors de la distribution précédente (10 avril 1860). M. Bressant joue pour la première fois P'abrice; M. Boucher représente Horace, M. Maubant (Monteprade), et M"« Royer (Célie). Enfin le 29 mai suivant, M. Coquelin remplace M. Régnier dans le rôled'Annibal, où il remporte un vif succès. Il a désormais gardé ce rôle*, M. Régnier s'étant plus spécialement consacré depuis à Tinterprétation des personnages modernes 2.
7 Mars. — Première représentation de Galilée^ drame en trois actes, en vers, de M. Ponsard. — C'est moins une pièce qu'un poëme ; ses trois actes ont pour point de départ et pour conclusion la simple anecdote de l'abjuration de Galilée. M. Ponsard Ta délayée pour les exigences de la scène dans une intrigue forcément sans relief, mais il lui a donné de grands développements poétiques, qui ont assuré à l'œuvre une série honorable de représentations 3,
I. M. Coquelin reprend successivement tous les rôles en évidence de son emploi : ainsi le 3i juillet suivant il joue Duplessis des Projets de ma tante et le 2 décembre il reprend dans le Mari à la campagne le rôle de Colombet où Régnier était si parfaitement comique et qu'il interprète sk son tour avec non moins de gaieté et de succès.
3. Cette reprise de VAventurière fut durable et longtemps fructueuse. Les quinze premières représentations produisirent un total de 66,876 fr., soit 4,465 fr. 40 c. par soirée.
3. La pièce a été jouée vingt-quatre fois du 7 mars au 12 mai. Les recettei n'ont jamais été très-élevées et n'ont pu atteindre une seule fois 3;000 francs. La plus forte, la sixième (16 mars), a été de 4,706 francs; la septième (18 mars) ne produisait plus que 3,273 francs *, on ne faisait plus 3,000 francs à la douzième (29 mars) et on descendait au-dessous de 2.000 à la di.K-huitième (8 avril).
474 LA GOMEDIE^FRANÇAISE.
et ensuite beaucoup de lecteurs; le grand monologue du second acte, dit avec tant de talent et d'autorité par M. GefFroy i, est, entre autres, une des choses les mieux étudiées et les plus belles que M, Ronsard ait écrites; il con* tient de grandes et nobles pensées et il a même un soufBe puissant dont Fauteur de Galilée n'a pas fait souvent une telle preuve. Malheureusement, l'absence de toute action dramatique ne pouvait donner qu'un intérêt médiocre à Galilée^ en tant que pièce de théâtre 3. La rentrée momentanée de M. Gefifroy a ajouté un
1. C'est à la suite de la lecture de la pièce au Comité (26 décembre 1866) qu'il fut décidé qu'on demanderait à M. Geffroy de créer le rôle de Galilée. Voici la lettre par laquelle Téminent artiste a accepté ce rôle :
« Cher monsieur Ponsard,
« Je reçois à l'instant de M. Thierry une lettre dans laquelle il me propose de votre part le rôle de Galilée. Je réponds à M. Thierry que \tZ' cepte de grand cœur sa proposition, à la condition toutefois qu'elle sera agréée par mes camarades, pour lesquels j'ai conservé une vieille amitié.
« J'attends la réponse à ma lettre. Si elle est ce que je désire, vous m* verrez bientôt, heureux de finir ma carrière, définitivement cette fois, avec vous, dont j'aime tant la personne et le talent.
« Recevez, cher monsieur Ponsard, 1 assurance de mes sentiments dévoués et affectueux.
« E. Geffrot. »
2. • Qu'on loue tant qu'on voudra l'honnêteté de M. Ponsard, ia hauteur de ses sentiments et de ses aspirations, la fermeté de son vers, t\ même, en quelques endroits, l'éclat de son style, j'y consens de bon cœur, et renchérirai sur les éloges des admirateurs ; mais qu'on nous donne, co guise de drame, ce poème dialectique, non en vérité cela ne saurait s* souffrir. Le public peut applaudir et condamner mes réserves, je ne cesserai de répéter : Et pourtant elle tourne! L'hiroïsme est certes une belle et bonne chose : un poète le met sur la scène, tant mieux; il est goûté de la foule, tant mieux encore. Mais pourquoi le faire si ennuyeux? Ma fcit le mol est lâché ; et je ne m'en dédis pas. Je trouve tout cela parfaitement beau : entre nous, j'aime mieux un vaudeville de Labiche, c'est du théâtre.
au moins.
• F. Sarœt. •
grand éclat au personnage de Galilée, le seul d'ailleurs qui soit vraiment développé dans la pièce où les autres rôles sont secondaires ou sacrifiés l. On ne saurait pousser plus loin Tincarnation d'un personnage par la tenue, l'attitude, la science du costume, en un mot toute la physionomie : c'est complet. Cette première représentation ne fut qu'une longue ovation et Tauteur et son habile interprète purent se partager, à doses égales, le succès si spontané de ce premier soir 2.
I. Ont créé les rôles : MM. Geffroy (Galilée), Leroux (le grand-duc), rôle supprimé à la deuxième représentation, Delaunay (Taddeo), Maubant (un délégué), Coquelin (Vivian), K. Provost (un paysan), Chéry (le président), Barré (D' Pompée), Garraud (Nicolini), Gibeau (Le Moine], Seveste (un huissier). Sénéchal (Albert); M"«» Favart (Antonia), puis (29 mars) MM« Tordeus, Guyon (Livie), Ponsin (une jeune fille). La pièce imprimée est dédiée au prince Napoléon.
2. Voici comment se passa, pour le pauvre Ponsard, cette triomphale soirée dans sa maison de Passy :
■ C'est le soir ; dans une chambre un homme est couché, son visage porte l'empreinte d'une longue souffrance. Depuis trois ans, en effet, il lutte contre la douleur obstinée et implacable. Ce jour-là même, comme par une ironie du hasard, il est en proie à une crise si violente qu'on a été obligé, pour en atténuer les tortures, de faire prendre au malade un narcotique. D*heure en heure cependant arrivent des dépêches expédiées par une main amie, celle de M. Emile Augier qui, après chaque acte, envoyait à Ponsard des nouvelles de sa première représentation. Mais, hélas ! c'était en vain. Quand M»e Ponsard entra une dernière fois, vers minuit, dans la chambre de son mari, celui-ci, terrassé par là maladie, n'avait pas encore eu la force de décacheter les télégrammes qui lui apportaient l'écho de sa victoire. Il était plongé dans un assoi^pisscment morbide qui le rendait malgré lui indifférent au résultat de cette soirée.
« Pierre Véron. »
M. Ponsard mourut le 7 juillet suivant, à Passy, rue de la Tour, 5, à six heures du matin. Le 9, la Comédie fit relâche pour ses funérailles! Son convoi était suivi d'une grande foule, à la fois ofBcielle et populaire : MM. Cuvillier-Fleury, Patin, Doucet, Ed. Thierry, A. Houssaye, le baron Taylor, tenaient les cordons du poeie. Après l'office religieux, le cercueil, qui devait être emporté en province, fut placé dans un enclos
47^ LA COMÉDIE-FRANÇATSE.
29 Avril. — Première représentation des Roses jaunes^ comédie en un acte, en vers, de M. Alphonse Karr. Cest la première et la seule pièce que le célèbre écrivain ait jamais donnée au Théâtre-Français; elle est la mise en scène d'une de ses plus jolies nouvelles, mais elle lui est de beaucoup inférieure. La donnée en est d'ailleurs devenue fort délicate en passant du livre au théâtre, puisque le fond du sujet repose sur une quasi-impossibilité. Un capitaine de vaisseau et une marquise, qui se sont aimés dans leur jeunesse, se retrouvent aux bains de mer et sans se reconnaître, après vingt années de séparation; ils ont tous deux, Tun un fils, l'autre une nièce qui se plaisent et s'adorent bien vite. Le marin, qui n'y va point par quatre chemins, se rend chez la marquise et plaide avec beaucoup de conviction, de chaleur et d'esprit la cause de son enfant, sans s'apercevoir que la marquise à laquelle il parle n'est autre que la femme qu'il a aimée vingt ans plus tôt et qui, elle-même, est la mère de ce fils pour lequel il intercède si chaleureusement. On a trouvé ces deux amoureux encore bien jeunes pour que leur méprise si prolongée soit vraisemblable, d'autant mieux qu'à l'âge que leur donne l'auteur la physionomie ne s'est pas en général modifiée jusqu'à être devenue à ce point méconnaissable. L'intérêt de la pièce est d'ailleurs fort médiocre, puisqu'il se concentre sur cette seule situation prévue d'ailleurs dès le début, qui lui sert aussi de conclusion *.
attenant à l'église de Passy, et là, trois discours furent prononcés par MM. Cuvillier-Fleury, de Saint-Georges et Edouard Thierry. Le 1 1 juillet suivant, eurent lieu à Vienne (Isère) les obsèques définitives.
I. Ont créé les rôles : MM. Talbot (le capitaine), Sénéchal (Edmond; Mnn E. Dubois (Clotilde), Ramelli (la marquise), Barretta (Juliene). — L'Empereur et l'Impératrice assistent à la deuxième représentation, qoi
6 Juin. — La Comédie célèbre le 261® anniversaire de la naissance de Corneille par une représentation des Ho' races ^ et du Menteur^, Entre les deux pièces, M"" Tordeus et Ponsin déclament des stances de M. Edouard Fournier : Corneille et le monde^ devant le buste de Corneille que tous les artistes de la Comédie entourent et qu'ils couvrent ensuite de couronnes.
Enfin, le 20 de ce même mois de juin, reprise d*Her^ nani^ drame en cinq actes, en vers, de M. Victor Hugo, et le premier qu'il ait fait représenter. C'est là un événement littéraire considérable qui emprunte aux circonstances au milieu desquelles il est joué une importance exceptionnelle. Le répertoire de Victor Hugo a, en effet, été proscrit en même temps que lui et c'est la première fois, depuis que le maître est hors de France, qu'une de ses pièces est remise à la scène. On ne peut se figurer aujourd'hui, à plus de dix ans de distance, combien fut grande rémotion produite par cette représentation.
En ce temps-là, il faut le dire aussi, la politique ne tenait que bien peu de place dans les préoccupations de chaque jour, soit que la discussion des événements fût rendue plus difficile, soit surtout que les esprits se fussent habitués à se désintéresser peu à peu des affaires publiques; aussi les questions, en apparence plus frivoles, avaient-elles pris le premier rang et elles se trouvaient par le fait dominer de très-haut toutes les autres. Mais cette
lieu le 2 mai; ils arrivent au théâtre pour le truisièmc acte de Galilée; c est aussi la première lois qu'ils entendent le drame de Ponsard.
I. MM. Maubaut (le vieil Horace), Guichard (Curiacc), Gibeau (Horace). M"»" Devoyod (Camille), Tordeus (SabineK
3. MM. Delaoïiay (Dorante), Got (Cliton); M>i« Pavait (Clarisse).
3. Ces stances ont ét<i publiées chez l'imprimeiir-cditeur 1). Jouaust.
47^ LA COMÉDIE- FRANÇAISK
représentation d'une œuvre jusqu'alors interdite devait surtout surexciter Tauention et le parti libéral ne pouvait manquer de l'exploiter à son profit. Il y eut donc, à cette occasion, un réveil assez marqué de l'opinion et uneefTervescence véritable se produisit dans tous les esprits. 11 faut remarquer toutefois que, bien que Paris fût à ce moment envahi par la foule cosmopolite qu'attirait T Exposition, la reprise d'Hernani demeura cependant un événement tout à fait parisien. Les étrangers y vinrent à leur tour, mais seulement après la première représentation, qui eut son caractère tout spécial de protestation et d'opposition'. Il est vrai que cette opposition ne put se manifester que par les applaudissements enthousiastes et la manière de souligner par les acclamations les plus vives toutes les situa*
I. • Lorsque l'empire permit, pour la première fois, la reprcsentalioo d'une œuvfe de Victor Hugo, les ardeurs politiques s'unissaient aux enthousiasmes purement littéraires et le public était animd de dispositions belliqueuses et bruyantes. Tous les admirateurs du poète des Châtiments étaient accourus, avides d'acclamer le drame proscrit depuis le 2 décembre. La salle n'offrait plus l'image d'un champ de bataille; elle ressemblait à une place prise d'assaut, quand, après l'escalade, les vainqueurs, enivrés de leurs succès, poussent des clameurs triomphantes à la lueur des maisons ioceodiées et dans le tumulte des murs qui s'écroulent. Il semblait qu'on fût <■ milieu d'une fournaise, tant la passion avait chauffé toutes les tètes. La politique s'en mêlant, les passages qui pouvaient prdter à une alla&ioo. étaient salués par des trépignements et des hurras. Les applaudissemcou montaient comme une tempête, du parterre aux cintres, et retombaient avec des éclats de tonnerre sur les premières loges, effarées d'un tel succès Chaque fin d'acte amenait une ovation, et dans les entr'actes, au foyer, l'eathousiasme continuait : on se serrait les mains, on se félicitait avec des cris de joie. Même, au sortir de cette fameuse reprise, je me souviens qoe deux poètes Parnassiens, encore tout grisés d'admiration, s'en allèrent droit devant eux par la ville endormie, déclamant, chantant, se montant mutuellement la tête, et furent retrouvés au petit matin sur le talus des fortificatioos, e:i train de réciter le monologue de Charles-Quint à un groupe de doomiers ébahis. »
{Revue des Deux-Moudes i w décembre^ 1 877.)
ANNéE 1867. 479
lions, ou même tous les vers, qui fournissaient matière à une allusion saisissable.
Hernani^ a-t-on dit avec justesse, c'est le Cid de Victor Hugo*. Cest, en effet, Tune de ses pièces où l'inspiration est véritablement de premier jet, et, si Ton veut bien ne pas discuter l'invraisemblance du sujet et de ses développements, dont plusieurs, véritables hors-d'œuvre, s'y rattachent de plus ou moins près, il faut reconnaître qu'il court dans l'oeuvre tout entière un souffle puissant et des niarques constantes de génie. L'interprétation de la pièce a été fort remarquable pour les quatre principaux rôles — on pourrait même dire les quatre seuls rôles du drame, les treize autres n'étant à vrai dire que des comparses.
M. Delaunay (Hernani) n*a pas les allures du drame romantique qui tient plus, en somme, de la Porte-Saint- Marlin que du Théâtre-Français, mais sa chaleur et sa brillante jeunesse lui méritent un vif succès ; M. Brossant, qui a une noble et belle tenue, joue un peu froidement
I. « Hernani act mérite incomparable d'être une œuvre jeune, comme le Cid, et, toute proportion gardée, comme la Dame aux Camélias; une de ces œuvres que l'on écrit à vingt-cinq ans, dans la première ferveur du génie, quand on ne sait rien, que l'on ne doute de rien, que l'on marche, gauche et superbe, à travers tous les obstacles, sans les soupçonner, les méprisant si ou les voit, impétueusement poussé vers le but par une force mystérieuse, mal réglée, mais puissante. J'ai prononcé le nom du Cni/je ne m'en dédis pas. Oui, l'on respire dans cet Hernani le même air de pensées héroïques et de sentiments généreux que dans le CiJ de notre vieux Corneille. Peut-être y a-t-il en moins ce bon sens français, qui était si vif et si net au xvii* siècle, chez ce grand homme de race normande, race de sapience avisée, s'il en fut jamais; peut-être y a-t-il en plus un certain goût de folie castillane et d'emphase méridionale, qui est naturel chez. Victor Hugo, natif de Besançon, vieille ville espagnole, comme il le dit
ui-même. C'est un vin plus bouillonnant et plus fumeux, mais c'est du
même cru ou d'un cru chauffé au même soleil.
* FnANCiSQ!;E Sauci:v. >•
Don Carlos; M. Maubant est d'une très-classique dignité dans Ruy Gomez. Quant à M"« Favart, c'est une Dona Sol accomplie ; excessivement dramatique, elle joue avec une grande mesure les parties plus particulièrement échevelées du drame. Au dernier acte, où il lui était si facile de se laisser entraîner à une exubérance de passion exagérée, elle a su rester digne de la scène illustre et sévère où reparaissait Hernani, Je ne crois pas, qu'à aucune époque, il y ait eu une meilleure Dona SoH. J'ai dit que le succès fut très-grand 3; il se prolongea
1. Ont joué les autres rôles : MM. Chéry (le duc), Garraud (Mathia^S Gibeau (premie? conjuré), Sénéchal (Sanchez et le deuxième conjuré), Prudhon (Francesco et Gotha], Masset (Ricardo), Boucher (Garcie et le Montagnard}; M^et Jouassain (Josepha), Lloyd (un page), Barrent (nue dame). — Voici les principales distributions des quatre grands rôles à' Hernani depu.s l'origine jusqu'à la reprise de 1877 :
Hernani : F'xTTam (i83o), Beauvallet (1841)» Delaunay (1867), Mouoet- Sully (1877). — Après la reprise de 1867, M. Delaunay a été momentanément suppléé trois fois par MM. Sénéchal (28 novembre), Guicbarj ^39 mars 1868) et Charpentier (3 avril 1870.)
Don Carlos : Michelot (i83o), Ligier (i838), Bressant (1867), W'omii (1877}, Laroche (1878).
Don Ruy Gome\ : Joanny (i83o), Guyon (1841), Maubant (1867 et l^^77'.
Doua Sol : M«" Mars (i83o), Dorval (i838), E. Guyon (1841), Fawr: (1867}, Sarah-Bernhardt (1877). — Le 26 janvier 1868^ M»« Tordca* a repris le rôle pendant quelques soirées.
2. La salle est admirable et d'autant plus surexcitée qu'à défaut àa maître, sa femme, M»* Victor Hugo, assiste à la représentation dans un^ baignoire du rez-de-chaussée. C'est laque défilent pendant chaque entr'actc tous les porteurs de félicitations. Dans une loge de face est Alex. Dumas père qui se fait remarquer par l'exubérance de son enthousiasme dont le public le récompense en l'acclamant pendant un entr'acte. — ■ Quelle salle et quel public ! écrivait le lendemain Albert Wolff. A Torchestre, au balcoa. dans les loges, tout ce qui a un nom dans les lettres ou les arts. Là-haut, perché sous le lustre, le régiment de la jeunesse, enthousiaste, brave, prc{ à s'élancer au combat... L'émotiou était partout, à droite, à gauche, ea haut, en bas, dans la rue, dans les cafés d*alentour. Tout autour du théâtre, une foule compacte, émue, attendant des nouvelles; dans la salie*
au delà de cent représentations*, et fut pour le Théâtre- Français la pièce de résistance de PExposition. Nous verrons plus loin que les princes étrangers, de passage à Paris, vinrent, pour la plupart, écouter Hernani^ mais nous constaterons aussi que TEmpereur et Tlmpératrice, qui suivaient très-assidûment le répertoire de la Comédie*
on se presse dans tous les couloirs. Cest à la fin du drame que Tenthousiasme déborde. A tous les étages, dans toutes les loges, on est debout, et les applaudissements, plus vigoureux que jamais, éclatent de toutes parts. Jamais je n'ai assisté à un pareil spectacle! Il est minuit passé et personne ne songe à quitter la salle. Toutes les bouches acclament le grand poste : un tonnerre d'applaudissements éclate... les comédiens reviennent... on applaudit encore... quelques couronnes tombent sur la scène... Les jeunes gens d'en haut, les yeux pleins de flammes, le cœur rempli du plus pur enthousiasnie, se penchent au delà de la galerie; ils gesticulent, applaudissent et crient : vive Hugo! •
I. La pièce fut jouée soixante-douze fois en 1867; c'est seulement dans la suite des représentations, jusque et y compris 1870, que le chiffre de cent soirées fut dépassé. En trente-sept ans, la pièce n'avait eu que cent onze représentations; ia reprise actuelle continue donc le chiffre à dater de la cent douzième. Voici le détail de ces représentations : i83o : 38 fois; — i838 : i3; — 1839 : 6; — 1840 : 9; — 1841 : 8; — 1842 : 5 ; — 1843 : 2; — 1844 : 4; — 1845 : 5; — 1846 : 9; — 1847 • 4Î — 1848 : 4; — 1849 : 4. — En 1867, les recettes ne montèrent pas cependant aussi haut que le grand succès du premier soir avait dû le faire espérer. Les trente premières soirées ne donnèrent que 1 63,236 francs, soit une moyenne de 5,441 fr. 20 cent., chiffre inférieur aux recettes du dernier grand succès de la Comédie, le Lion amoureux. Mais les recettes, sans arriver au maximum, se maintinrent longtemps dans celte moyenne, en somme très-élevée. On faisait encore 6,080 francs à la cinquantième, et 3,160 francs à la soixante-dixième. A la reprise du 26 janvier 1868, avec MU« Tordeus, on fit 5,i52 francs. Il faut toutefois constater que la reprise d'Hemani, en 1877, fut plus fructueuse; au moment où j'écris ces lignes (février 1878;, cette dernière reprise est parvenue à la cinquantième, soirée et la recette a toujours approché de 7,000 francs. Le même faif s*était d'ailleurs présenté en 1873, lors de la reprise de Marion Delormc. (10 janvier) qui produisit 198, 144. francs dans ses trente premières soirées, chiffre qui dépasse de 34,908 francs le total des représentations d'Heyauuw,» en 1867, pour le même nombre de scircv's.
Française, s'abstinrent d'assister à aucune des représentations de la pièce d'Hugo. Cétait peut-être de bonne guerre; il était, en efïet, bien difficile que Tauteur du Deux Décembre vînt applaudir de gaieté de cœur Tauteur des Châtiments^ et on a pu dire avec justesse que tous deux se sont ainsi fidèlement u boudés » jusqu'au bout!...
Notons, à la date du 29 juillet, la prise de possession, par M, Lafontaine, du rôle de Tartufe, qui ne lui est pas défavorable et qui est le seul personnage classique impor* tant où il lui ait été donné de se montrer à la Comédie* Française *,
Le 6 août, reprise du Duc Job^, qui fait, grâce à l'Exposition, des recettes inattendues, et garde, sans discontinuer, plus de cinquante fois l'affiche.
Le 1 5 du même mois, spectacle gratis traditionnel composé du Misanthrope^ et des Plaideurs. Entre les deux pièces M"*** Tordeus et Devoyod déclament, sous le titre de la Fête de la France^ des stances de M. Edouard Fournier, que le public applaudit avec autant de chaleur et d'enthousiasme que s'il se fût agi (THernani.
Le 8 septembre, M"« Devvintre, élève de Samson et premier accessit de comédie au Conservatoire, en 1866, et deuxième prix en 1867, débute par le rôle de Lisette des Folies amoureuses. C'est une comédienne de bonne volonté mais d'insuffisante valeur; elle continue cependant ses débuts réglementaires le i5, dans le Légataire univer-
1. Mne Madeleine Brohan (Elmire) ; MM. Boucher (Damis), Coquelio (Loyal).
2. Jouent pour la première fois dans cette picce : MM. Talbot (le Marquis), Garraud (Vallette), Masset (Achille), Sevesie (Guérin); le reste de U distribution demeure comme à la création.