M. Bressant (Alceste); Mme Madeleine Brohan (Cél.imène
5e/ (Lisette), avec Coquelin pour partenaire (Crispin), et le 22 dans Dorine de Tartufe. Après la guerre de 18707!, M"*» Dewintre a quitté la Comédie-Française; elle a joue alors avec un certain succès, au Théâtre-Historique, le rôle de Marco des Filles de marbre^ où s'était tant illustrée M"* Fargueil ; puis elle a tout à coup disparu complètement du théâtre.
10 Novembre. — Débuts de M. Kime* dans le rôle de Mercier de l'Honneur et l'Argent^ qu'il a créé à l'Odéon. C'est un comédien qui a de précieuses mais d'incomplètes qualités. On Ta pris pour doubler Provost et il n'a pu que rarement jouer ses rôles. Il a, toutefois, une longue et grande habitude de la scène, et il a été très-convenable dans certains personnages surtout épisodiques. Son second début a lieu le 20 octobre dans Orgon de Tartufe, et le troisième, le 10 novembre, dans Harpagon de l'Avare; mais ces nouveaux rôles démontrent de plus en plus Tinsuffisance de M. Kime dans le répertoire classique. 11 a eu plus tard son meilleur succès dans la reprise du Testa'ment de César Girodot^ où il a reparu dans sa création si personnellement originale d'Isidore (26 juin 1873). — Cet estimable comédien est mort à Paris le 28 novembre 1876.
18 Décembre. — L'année dramatique finit^ lamentable*
- I. De son vrai nom, Louis- Alphonse de Blonde. II était né en 1808. Ceat le 5 septembre i852 qu'il parut pour la première fois à TOdéon. l'I avait joué jadis aux Variétés (i828-?2}, d'abord sous les pseudonyme^ successifs d'Apline et d'Alphonse. A partir de i833 jusqu'à ses débuts à rOdéon, il joua surtout en province et même à l'étranger. Il avait épousé, en i838, MU* Virginie Goy, artiste du Gymnase, qui est morte dans Tannée qui a suivi leur mariage.
2. Citons encore, le 21 décembre suivant, la représentation annuelle en l'honneur du deux cent vingt-huitième anniversaire de la naissance de
ment sur la première représentation d'une comédie nou* velle en quatre actes, de M. Léon Laya, Madame Desroches. Cette comédie, qui a subi, avant d'arriver à la scène, des difficultés de tous genres et qui a dû se résigner à des amputations capitales ^, est avant tout une pièce ennuyeuse. Le caractère de M">« Desroches, bourgeoise désagréable et revêche, qui tyrannise toute sa maison, est des moins sympathiques ; il est peint d'ailleurs avec des couleurs outrées et, partant, invraisemblables. Cette mère, par moments barbare, qui veut marier sa iille malgré elle et qui ouvre ses tiroirs pour y chercher le secret de ses refus, est tout simplement odieuse. La scène où elle veut forcer le carnet qui peut contenir la révélation qu^elle cherche est certainement très-dramatique, mais elle est répugnante. Le troisième acte, qui suit, et dans lequel le caractère de la jeune fille — Louise — est développé
Racine, composée de Britannicus et des Plaideurs. Entre les deux pièces. MUc Devoyod récite une Ode à Racine^ de M. Louis Goudall.
I. « La pièce devait tout d'abord s'appeler la Femme d'affaires. WWi a été lue et reçue sous ce titre ; mais avant d'être jouée sous uo autre, que de modifications et de vicissitudes elle allait subir ! II y a bien deu\ ans, peut-être trois, qu'elle a été présentée au Comité de la rue de Riche^ lieu. On la voulait monter au mois de mars dernier lorsque Ponsard apporta son Galilée. Le poète était malade, la pièce devait, se disait-cn, tout naturellement continuer le grand succès du Lion amoureux. On arrêta es répétition? de la Femme d'affaires, et Galilée prit les devants. Un peu plus tard c'était Hernani qui forçait Madame Desroches k patienter encore. Cependant on s'était mis à répéter la pièce de M. Laya; on la répétait depuis six mois; Tauteur corrigeant sans ces$e son œuvre, ajoutant ou retranchant, la refai.antd'un bout à l'autre tout en la remettant sur pieds. Rien ne reite, ou presque rien, à l'heure qu'il est, du manuscrit primitif, et, très-probablement, les comédiens du Théâtre-Français ont joué une tout autre pièce que celle qu'ils avaient reçue. Deux ou trou jours mûmc avant la représentation, l'auteur n'avait-il pas enleré de sa comédie un acte tout entier?... Et je n'ai rien dit des rôles]refusés, ballottés de M. Febvre à .M. Leroux et ramassés par Lafontaine!,..
• Jules Clarstie. •
d'une façon intéressante, a momentanément relevé la pièce, mais le quatrième acte, qui est tout à fait un horsd'œuvre, Ta compromise d'une manière définitive et la comédie de M. Laya est morte, de sa belle mort, à sa quinzième représentation et, je ne saurais trop le répéter, pour cause d'ennui public*. •
IV|mB Victoria Lafontaine a rencontré, dans le personnage touchant et sympathique de Louise, la création la plus heureuse qu'elle ait eue rue de Richelieu. Le rôle était d'ailleurs dans ses cordes : larmes, tendresse comprimée, émotion progressive avec des élans de passion contenue, débordant tout à coup comme malgré elle, la charmante comédienne a su trouver tout cela dans ce rôle qu'elle seule pouvait jouer à ce moment à la Comédie- Française. Les autres artistes n'ont pas eu cette même chance d'avoir des rôles taillés pour eux dans cette pièce mal venue dont l'interprétation, bonne seulement comme ensemble, n'est remarquable que pour ce qui concerne M"»* Lafontaine 2.
J'ai dit que la plupart des souverains et princes étrangers qui étaient venus à Paris pour l'Exposition, avaient honoré la Comédie-Française de leur présence. Voici la liste de ces souverains et princes avec l'indication relative à la représentation à laquelle ils ont assistés.
1. Cette dernière représentation eut lieu, le 24. janvier 1868, devant 1,688 francs de recette. La princesse Mathilde avait assisté, le 21, ù la quatorzième, qui avait donné 1,921 francs.
2. Ont créé les rôles : MM. Dressant, (l'amiral), Lafontaine (d'Oswald), Barré (Desroches), Garraud (sir Burton;, Seveste (Richard), Boucher (Horace) ; MM»" Nathalie (M"»» Desroches), Dubois (Blanche), V. Lafontaine (Louise), Ponsin (M«« de Villiers.)
3. Je donne aussi les chiffres de recettes des représentations. Je signale en même temps ce fait, que, grâce à l'Exposition, la Comédie-Française encaissa, durant Tannée 1867, 333,544 francs de plus qu'en 1866.
26 Mai. — Le prince Frédéric-Guillaume de Prusse (prince royal) et sa femme, la princesse Victoria, fille de la reine d'Angleterre : on joue Mademoiselle de la S«glière et Un Mariage sous Louis XV; la recette est de 5,3 10 fr. 90 c.
7 Juin. — L'Empereur Alexandre II, de Russie, accompagné de son ambassadeur à Paris, le baron de Budberg : la Gageure imprévue et V Aventurière^;
4,687'fr- 5o c.
8 Juin. — Le Roi de Prusse Frédéric-Guillaume, depuis Empereur d'Allemagne : V École des maris et Mademoiselle de Belle-Isle 2 ; 4,627 fr. 5o c. 3.
2 Juillet. — Le prince de Galles : sixième représentation d'i?èr«a/ii; 6,1 85 francs.
i5 Juillet. — La Reine Marie-Catherine de Prusse: Horace et Lydie ^ le Misanthrope et les Plaideurs.