‹ Journal intime de la Comédie françaiseChapitre 59 sur 67 · francs · texte numérisé non relu

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21 Juillet. — Le Roi de Portugal Dom Luis 1*' et son frère le duc de Coïmbre : Mérope^ VAvare^ les Frécieuses ridicules; 1,609 francs.

I" Août. — La princesse Charlotte, sœur du Roi *ie

1. Le czar assiste seulement aux deuxième et troisième actes de TAfe*turière.

2. Cette comédie a été reprise le 3 mai pour la continuation des heureox débuts de M. Febvre (d'Aubigny) ; MU« A. Brohan joue M»« de Prie :t sa sœur Madeleine MH* de Beile-Isle, M. Leroux représente Richelieo.

3. « Le roi de Prusse, Guillaume, dit le registre, a vu jouer le troisitrrî acte de YÉcole des mariSy et le premier de Mademoiselle de Belle-IsU Sa Majesté, obligée de se rendre au bal de l'Hôtel-de- Ville, a exprimé «^ regrets de ne pouvoir demeurer plus longtemps. M. de Bismark accoiop*gnait Sa Majesté, »

Prusse : les Plaideurs et Mademoiselle de Belle-Isle; 2,558 francs.

2 Août. — La même princesse pour laquelle on joue, sur sa demande : Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, Tartufe et Monsieur de Pourceau g nac; 4,385 francs.

. 3i Août. — La Reine Olga de Wurtemberg, fille de TEmpereur Nicolas I" de Russie et sœur du Czar Alexandre II : r Épreuve nouvelle; le Misanthrope, les Plaideurs ; 2,076 francs. Pendant Tentr'acte, la princesse visite avec un grand intérêt le foyer particulier des artistes.

i** Septembre. ^- La "même princesse revient le lendemain et on donne, sur sa demande : Bajasfet^ Monsieur de Pourceaugnac et la Ciguë; 2,897 francs.

16 Septembre. — La princesse Hélène de Russie, tante d'Alexandre II : la seizième représentation de la reprise du Duc Job] 4,091 francs.

1 7 Septembre, — La même princesse assiste à la trenteseptième représentation d'Hernani; 5,899 francs.

22 Septembre. — La princesse de Mecklembourg-Strélitz : le Dépit amoureux, Tartufe et les Fourberies de Scapin; 4,927 fr. 5o c.

3 Octobre. — La Reine de Hollande : vingt-troisième représentation de la reprise du Duc Job; 4,389 fr.

19 Octobre. — La même princesse assiste à la cinquante et unième représentation d'Hernani; 5,658 francs.

24 Octobre. — Représentation extraordinaire donnée par les artistes de la Comédie-Française, au palais de Saint-Cloud, devant l'Empereur d'Autriche et la Cour : la Pluie et le beau temps et une Nuit d'octobre, d'Alfred de Musset, par M. Delaunay et M"* Favart,

25 Octobre. — L'Empereur d'Autriche assiste à la trente-troisième représentation de la reprise du Duc Job; 4,755 francs.

27 Octobre. — Un des archiducs, frère de TEmpereur d'Autriche, assiste à la cinquante-quatrième représentatioa d'Hernani; 7,024 francs.

L'année débute par une grande perte pour la Comédie*: Mllo Âugustine Brohan se retire définitivement, le mauvais état de sa vue ne lui permettant pas de continuer régulièrement son service. Voulant concilier les ménagements qu'exigeait sa maladie d'yeux avec les intérêts du Théâtre- Français, la célèbre soubrette avait, par scrupule de délicatesse, proposé au comité de réduire, jusqu'à son retour à la santé, ses appointements au chiffre de sa pension de retraite, c'est-à-dire de 14,200 francs de fixe, à 6,400 francs, se réservant, pour toute rétribution, sa part dans les bénéfices éventuels. Mais la Comédie ne voulant pas être moins délicate que son éminente sociétaire, lui offrit de lui conserver, purement et simplement, sa position d'activité, aussi longtemps qu'il serait nécessaire pour son entier rétablissement ^.

I. • Du momeat, lui écrivit à ce sujet M. Ed. Thierry, que vous espérez un jour reprendre votre service, le Comité regarde votre lettre comme non avenue et votre proposition devient sans objet. Le Théâtre-

M''« Brohan ne crut pas deyoir souscrire à cette proposition toute flatteuse qu^elle était', mais qui créait, entre elle et ses camarades, une situation d'inégalité qu'elle trouva plus digne de ne pas accepter. Elle se retira donc, prenant sa retraite à un âge encore bien peu avancé et alors qu'elle était toujours à l'apogée de son talent, toujours si plein de verve, de gaieté et de jeunesse; toutes conditions qui ne devaient faire prés'oir, que comme bien éloignée encore, la fatale détermination qui vient de priver à jamais le théâtre de sa plus spirituelle comédienne.

Le i5 janvier, le 246^ anniversaire de la naissance de Molière est célébré par un pastiche assez curieux imaginé par le toujours ingénieux Edouard Fournier, et qui a pour titre la Valise de Molière^ réunion de scènes composées à l'aide de fragments inconnus ou oubliés de rillustre comique. C'est là une simple curiosité littéraire, mais elle est de haut goût et la Comédie-Française avait le devoir de la recueillir 1. Le Médecin malgré luiy le Misanthrope et des stances d'à -propos, de M. Marc Bayeux, lues par M. Maubant, devant le buste de Molière, complètent ce classique spectacle qui produit une recette de 4,264 fr. 5o c.

Français attendra avec vous le retour de votre santé, en prenant, s*il le faut, les mesures nécessaires pour que le répertoire ne souffre pas trop de votre absence. Donnez-vous cependant aux soins qui vous rendrost à nous le plus tôt possible. Nous ne mesurons pas le temps à ceux qui en ont besoin pour se rétablir et nous avons le devoir de retenir pirmi nous ceux dont le nom est un lustre pour la Comédie. C*est dire que notre vœu le plus cher est de vous conserver parmi nous et de rattacher aussi longtemps que nous le pourrons, à la prospérité du Théâtre- Français, votre concours toujours heureux et votre brillante renommée. • I. Ont créé les rôles: MM. Febvre (Molière), E. Provost (Bâauvtl), Chéry (La Thorillière), Seveste (Du Croisy), Kime (Cormier); M»« Tordeus (Baron)^ Dinah Félix (Jeanne). — La pièce a été publiée chex Denta.

2 5 Janvier. — Première représentation de Paul Fores tier, comédie en quatre actes, en vers, de M. Emile Augier, reçue par acclamations dans le comité du 24 août précédent.

Cette comédie est, de toutes les pièces de M . Augier, celle dont il était le plus difficile de faire accepter les audaces à un public, si bien disposé à tout admettre et à tout entendre qu'on le puisse imaginer. Et cependant ce public ne s'est point cabré, même après réflexion. La situation capitale, et si délicate de la comédie nouvelle, ne l'a point trop effrayé, et ce même public, que les violences du Mariage d'Olympe avaient trouvé si nerveux, a applaudi avec admiration à la fougue passionnée de Léa, qui se déshonore vulgairement, parce qu'elle croit que son amant ne l'aime plus. Cette Léa est depuis longtemps la maîtresse de Paul Forestier, fils d'un peintre de talent et peintre lui-même. Son père, pour l'arracher à cette vie irrégulière le sépare violemment de sa maîtresse. Il obtient d'elle, en effet, dans une scène un peu renouvelée de la Dame aux Camélias^ qu'elle déclarera elle-même à Paul qu'elle ne l'aime plus et qu'elle s'éloignera. Paul) après cet aveu, qui le comble d'abord de désespoir et d'irritation, consent à épouser une petite pensionnaire quelconque que son père lui destinait depuis longtemps. Quand Léa apprend le mariage de son amant elle est à l'étranger, et subit les déclarations d'une espèce de gentilhomme d'occasion, qu'elle écoute seulement pour s'en moquer. Mais à l'heure même où la fatale nouvelle lui parvient, elle ne rêve plus que de se venger ; son soupirant est là, qui roucoule encore ses fadaises, elle se laisse tout à coup tomber dans ses bras et se donne à lui par rage de voir son ancien amant se donner à une autre. Le lendemain, quand la réflexion est venue, elle se

retrouve elle-même, et elle repousse avec horreur rhomme à qui elle a sacrifié la veille tout ce qui lui restait d'honneur.

Cette scène, odieuse à première vue, et qui est le point culminant de la pièce, pouvait la perdre irrémédiablement ou, au contraire, assurer son succès. Si elle a pu passer, et faire admettre toutes ses conséquences, c'est autant à Thabileté excessive employée par M. Âugier, pour la présenter, qu'au grand talent de Facteur (M. Coquelin) chargé d*en faire le récit, que Fauteur a dû ce résultat heureux.

Le récit de cette bonne fortune inespérée et sans seconde, c'est à Paul Forestier même, au sein de sa lune de miel, que Famant heureux la veille, éconduit le lendemain, vient le faire d^une mine moitié triomphante et moitié piteuse. On conçoit quels souvenirs se réveillent en lui, et de quelle fureur il est pris à son tour contre cette femme dont il avait été jusque-là le seul amour et qu'il juge et traite maintenant à Fégal d'une prostituée. Cependant les devoirs du monde ont amené la rencontre de Léa et de la jeune femme de Paul : Léa qui aime toujours, qui aime plus que jamais, est dévorée par la jalousie, et elle arrache à la jeune femme ses secrets les plus intimes, et comme elle voit que Famour légal est le plus fort et a vaincu le sien elle s'irrite, elle s'emporte contre celle qui a pris sa place dans le cœur de son amant, et cela dans une scène qui est des plus osées, mais aussi des plus remarquables, et dans laquelle M'^® Favart porte son talent à des hauteurs extraordinaires. * Mais Paul arrive à son tour pour reprocher à Léa son indigne conduite, et quand poussée hors d'elle-même par le reproche de flétrissure qu'il lui jette à la face, elle lui explique le sentiment de rage, vraiment épileptique, qui Fa Éiit

agir, il se sent repris tout à coup pour elle de sa passion insensée et il veut, pour elle encore, quitter son foyer nouveau et s'enfuir avec celle qui redevient décidément la maîtresse souveraine de ses sens et de sa raison.

Le drame est parvenu ici à sa plus complète et à sa plus violente expression; la passion ne saurait aller plus loin ni être dépeinte plus vivement. Le malheur est que M. Augier n'a point su se maintenir sur ce sommet vertigineux, et il en est même tombé fort lourdement, dans son dernier acte, qui dénoue de la manière la plus prosaïque et la plus vulgaire la situation nouvelle qui venait de naître, par suite du retour de Paul à Léa. Délaissée, méprisée, malgré ses larmes et ses supplications, qui même ne sont pas toujours très-dignes, la femme de Paul lui pardonne cependant. Léa s'éloignera et la lune de miel va, soi-disant, recommencer pour les jeunes époux. C'est un drame, le plus fort et le plus puissant du monde, qui finit comme le plus anodin des vaudevilles. Mais, hâtons-nous de le dire, les trois premiers actes de la pièce en avaient assuré le succès , le second avait vu passer le cap des tempêtes, c'est-à-dire le récit de la prostitution de Léa ; le troisième avait été d*une force de passion telle ^ que nous ne croyons pas qu'il y en ait de supérieur dans le théâtre contemporain ; c'en était assez : la bataille était gagnée avant le dernier acte qui, tout médiocre qu'il est, n'a pu compromettre la victoire. Il faut dire encore que jamais M. Augier n'avait parlé une langue plus nette, plus précise, plus élégante ni plus relevée. La vive passion du sujet est entrée aussi dans ses vers, et quelques-unes de ses tirades ont, au point de vue de la forme, une sorte d'emportement poétique qui est évidemment le produit de l'inspiration et du premier jet. Enfin, l'interprétation

est l'une des plus parfaites, comme ensemble, que ^nous

ait depuis longtemps offertes la Comédie-Française. M. Delaunay (Paul Forestier) et M"« Favart (Léa) sont au-dessus de tout éloge ; on ne saurait donner à la passion des accents plus émouvants ni plus vrais : le rôle de Forestier père a moins bien servi M. Got, mais ce rôle n'est vraiment intéressant que dans le premier acte, et tout à fait mauvais au dernier; pour M. Coquelin, nous avons déjà dit quelle responsabilité pesait sur lui. S'il eût accentué et souligné grivoisement son récit du second acte, c^en était fait de la pièce. C'est grâce à la légèreté, à la désinvolture et à Thabileté de son jeu, si fin et si mesuré, dans cette scène capitale, qu'elle a pu passer.

M™« Victoria Lafontaine (Camille) s'est sacrifiée en acceptant un rôle que le développement admirable du caractère de Léa a rendu tout à fait secondaire.

Le succès de Paul Forestier a été unanime ; la presse s'est montrée très-favorable tout en discutant la situation délicate autour de laquelle tourne en quelque sorte la pièce. Comme succès d'argent, c'est le plus grand que la Comédie- Française ait obtenu en remontant à plus de dix ans^ et il s'est longtemps prolongé^.

Voici quelques appréciations des journaux, prises dans leur point principal et précis :

« Le troisième acte est d'un bout à l'autre une magni-

I. Les trente premières représentations de la pièce ont dotiné i8i,i>i * francs^ soit une moyenne de 6,068 fr. 3o c, par soirée. Elle a été iou.c cinquante-quatre fois de suites interrompue le 1» mai, puis reprise k 28 septembre suivant, mais avec M. Chéry dans le rôle de Michel Forestier créé par M. Got. — La Cour a assisté à la sixième représentatioa, donnée le 4 février. La deuxième représentation avait été relardée ju»qu'au 29 janvier par suite d'une indisposition de M. Got, qui a«ait même dû faire réclamer Pindulgence du public au cours de la première soirée.

iîque explosion. Pour le style, jamais M. Augier n'a parlé au théâtre une langue si souple et si ferme.

« Paul de Saint- Victor. »

« Sur quatre actes, il y en a deux très-bons, et un troisième admirable. Il y a des parties de comédie dans Paul Forestier; mais, au fond, c'est un drame très-vivant, très-passionné, plein de sanglots et de fureurs.

a Fr. Sarcey. »

« Tous les passages scabreux ont passé sans difficulté, mieux que cela, ils ont été fort applaudis. Les mollesses seules du dénoûment ont paru faibles. Tant il est vrai que Ton veut avant tout aujourd'hui de la hardiesse et du nouveau. J. Claretie. »

tt Ce n'est pas que l'œuvre nouvelle soit irréprochable. Ses audaces égalent seules ses défaillances. La forme s'élève au plus haut degré du sublime, — les moyens dra« matiques sont souvent d'une rare gaucherie. Des négligences presque affectées de rimes y taquinent des trouvailles de style prodigieuses. Il y a un premier et un troisième acte admirables; le second est faible et le dénoû* ment enfantin. « P. Foucher. »

« Ce drame fut écrit en quinze mois, quinze jours ont sufH pour rapprendre. Jamais plus de périls réunis en quatre actes et plus heureusement franchis. La pièce est très-bien comprise, et par conséquent très-bien jouée.

« J. Janin. m

u Je ne sais qu'en dire encore, tant je suis ébloui de ce qu'elle a d'admirable, et en même temps effrayé de ce qu'elle contient de périlleux, de téméraire dans l'un des

pires dangers qu'il y ait au théâtre : celui de la femme s'avilissant, disons le mot, se prostituant par vengeance!

« Ed. Fourni er. »

M. E. Zola condamne absolument le dénoûment; il dit avec justesse que si la conversion de Paul est sincère, elle n'est pas vraisemblable; Paul n'est point et ne sera jamais guéri de sa passion pour Léa. « Paul, conclut-il, aurait, dans la vie réelle, suivi Léa au bout du monde. Les conversions subites, les dévouements entiers n'ont lieu que dans les théâtres, entre onze heures et minuit. »

Le 25 février, le jeune prince Impérial vient pour la première fois à la Comédie Française ; il occupe la grande loge officielle en compagnie de jeunes enfants de son âge^ qu'il a lui-même choisis dans son entourage. Le spectacle a été composé par ordre, des Femmes savantes et du Malade imaginaire^ avec la cérémonie ; la visite du prince ayant été connue à Tavance, la recette s'est élevée ù 6,593 francs, somme que le répertoire classique a rarement l'habitude de faire.

6 Mars. — Première représentation de un Baiser ano^ nyme^ comédie en un acte, en prose, de MM. Albéric Second et Jules Blerzy.

C'est par simple gracieuseté que le Théâtre- Français a représenté cette bluette qui, d'ailleurs, avait déjà recueilli

d'augustes suffrages**. Un mari s'émancipe. Il fait la cour à un domino d'opéra qui se trouve, en fin de compte, être sa femme ; quoi de plus banal et de plus usé que ce vieux thème de vaudeville? Il a fallu tout Tesprit de M. Albéric

I . La pièce avait été jouée, pour la première fois, au palais de Saiot- Cloud, le 1 3 novembre précédent, jour de la fête de Tlmpératrice. L'un des auteurs, M. Blerzy, ancien agent de change, est décédé le 28 septembre 1874.

Second pour le rendre supportable; la pièce n'a pu, toutefois, demeurer au répertoire *.

Quelques jours plus tard, le 2 5 mars, un nouveau venu au théâtre, M. Paul Ferrier, se fait connaître par un petit acte antique, en vers, qui a pour titre: la Revanche d'Iris^, Ce n'est là aussi qu'une bluette qui nous fait assister aux débuts de Diogène, dans les rôles d'amoureux, et qui n'a pas grande valeur comme œuvre purement dramatique ; mais au moins c'est un fin dialogue écrit en vers à la fois spirituels et brillants et, en somme, une oeuvre de véritable lettré. Il faut dire aussi que M. Goquelin (Diogène;, et M"« Ponsin (Iris), donnent un grand relief à la poésie d'ailleurs si alerte de M. Paul Ferrier.

La Comédie semble être en goût de ces restaurations de l'antiquité classiqiie ; elle nous offre en effet, le 27 mai suivant, une seconde comédie grecque, le Coq de Mycille^ deux actes, en vers libre?, de MM . E. Nyon et H. Trianon, imitée de Lucien. C'est une histoire basée sur le système de la métempsycose. On y voit Mycille et Eucrate changer de corps sans pour cela changer d'âme, ayant les mêmes goûts, les mêmes passions et les mêmes faiblesses sous l'enveloppe du voisin où leur « moi » se trouve transporté, momentanément, de par la volonté des dieux. Cette sorte d'avatar donne lieu à des quiproquos de

1. Ont créé les rôles : MM. Bressant (Gaston de Marsac], Febvre (René de Tavenay); M»«i Madeleine Brohan (Henriette), E. Riquer (Lucie).

2. C^tte petite pièce avait été reçue, le 3o décembre précédent, sous le titre de la Gageure de Junon. M. Coquelin et M»« Ponsin l'avaient jouée plusieurs fois, avant sa première représentation, et notamment à la salle Dupiez, chez le comte de Nieuwerkerke, chez M. de Rothschild devant la grande-duchesse Marie de Russie, chez le duc de Mouchy devant le vice-roi d'Egypte, à Lille devant l'Empereur et enfin au théâtre de Montpellier, ville natale de son jeune auteur.

4q8 la gohédie>frànçaise.

tous genres, qui cherchent à être gais et dont quelquesuns sont même déplacés et figureraient mieux dans la mythologie lyrique, alors à la mode, de M. Offenbach, que sur la scène du Théâtre-Français. On sait de reste que le savetier Myi:ille, ne s'étant pas trouvé plus heureux dans le corps du riche Eucrate que dans le sien, — au contraire, — tous deux reprennent, comme dénoûment, leur assiette première et redeviennent ce qu'ils étaient avant Pintervention des dieux.

Cette deuxième grecquerie venait trop tôt, après celle de M. Ferrier; elle a paru longue et d^une intrigue un peu embrouillée et même parfois assez im:ompréhensible ; enfin elle n'a ni la légèreté^ ni Tesprit de sa devancière et a peu réussi malgré le bon ensemble de son interprétation *.

Le 2 mai, la Comédie avait donné une représentation extraordinaire, à l'occasion de T installation, au foyer public, du buste d'Alfred de Musset, par le sculpteur Mezzara^. On avait choisi l'anniversaire de la mort du poète pour cette solennité. Les Caprices de Marianne. On ne badine pas avec r amour ^ Il faut qu^une porte soit ouverte ou fermée^ et des stances écrites spécialement par M. de Bornief, et dites par M"» Ponsin^, com-

I. Ont créé les rôles : MM. Coquelin (Mycille], Barré (Eucrate). Boacher (Pythagore), Tronchet (le chef des esclaves); M»** E. Dubois (Dori>. E. Riquer (Chloé), Barretta (Daphné).

3. Ce buste a été diversement apprécié; exalté par M. Th. Gaatie- {Moniteur du 4 mai), il a été dénigré par M. Jules Claretie {Opimiot Nationale du 1 1 mai). Je cite surtout ces deux opinions parce qu'eiks émanent d'écrivains compétents qu'il est curieux de trouver eu oppo>ition si complète .sur ce point précis. Le buste est d'ailleurs tonfoan resté dans la grande galerie du Théâtre-Français; mais moins en vedette, ilepuis que la statue de Mae Sand est venue prendre sa pba

3* Ces stances ont été publiées intégralement dans le Figaro du 4 mau

posaient le spectacle auquel on avait ajouté, comme innovation, la Nuit d'octobre^ déclamée par M. Delau* nay (le poëte) et M'*« Favart (la Muse), avec un succès si grand que, depuis, ce touchant et poétique morceau est toujours demeuré au répertoire*.

10 Juin. — Débuts de M. Goquelin cadet, da^s le rôle de Petit- Jean, des Plaideurs^ son frère aîné jouant à ses côtés le personnage de l'Intimé 2. Né en 1848, à Boulognesur-Mer 3, le jeune artiste qui suivait les cours de Régnier,

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