PRÉFACE V
rente de celle du Journal intime : elles aussi sont, pour la plupart, des « notes quotidiennes » écrites dans les mêmes conditions, au jour le jour et sans plan. Dès sa jeunesse Sully Prudhomme en avait constitué un recueil, mais sans le destiner, tel qu'il était, à la publication, ainsi que le mentionne une note expresse ajoutée plus tard par l'auteur en tête du manuscrit que nous possédons. Vers la fin de sa vie Sully Prudhomme en avait extrait lui-même un choix réduit qui, collationné par sa secrétaire, M"* ïi. Schnitzler, puis revu et regroupé par nos soins, constitue la troisième partie du présent volume. Peut-être est-il permis d'attribuer le goût de l'auteur pour la composition de sentences et d'aphorismes a l'influence de son milieu mondain où cet exercice d'esprit était en honneur, en particulier dans le salon de la comtesse Diane (M"" de Beausacq), intime amie du poète, à qui l'on doit un estimable petit volume de Maximes préfacé par Sully Prudhomme lui-même. Plusieurs jragments assez étendus compris dans le recueil des Pensées sont de véritables ébauches de dissertations philosophiques semblables à celles qu'on rejicontre déjà dans /f Journal intime. Nous avons groupé en sections distinctes, à la façon dont elles le sont chez La Bruyère, les pensées se rapportant à des thèmes de même ordre. Le lecteur en appréciera mieux ainsi la variété, la richesse substantielle et le style généralement plus dense et plus châtié que celui du Journal intime.
Les fragments de Lettres de Sully Prudhomme que nous avons joints au Journal et aux Pensées ne représentent qu'une très faible partie de la correspondance considérable