Par leur témérité
dit seigneur le connestable, et qui de ce se tint fort à mal content, fut ledit messager baillé et délivré par l'ordonnance du roy à maistre Milles, huissier d'armes de son liostel, qui le mena et conduisy pardevers ledit connestable et si lui porta les charges et informacions qui faictes a voient esté desdictes paroles.
Et, le vendredi x^ jour dudit moys, qui fut le lendemain dudit assault, par une trenchée qui fut faicte pour ystre hors dudit lieu de Beauvais, Salezart et autres de sa compaignie entrèrent dedens le parc d'icellui de Bourgongne environ le point du jour, où il y fut tué tous les Bourguignons qu'ilz rencontrèrent' . Et en icellui parc y furent bruslez trois tentes et tout ce qui estoit dedens, et en une d'icelles y furent tuez deux hommes^ de grant façon, ja soit ce qu'ilz promettoient de paier moult grant finance. Et, pour ce que en icellui ost fut fait grant cry et noise en criant Vive Salezart, lesdiz de l'ost s'assemblèrent en bien grant nombre, par quoy il convint audit Salezart se retraire audit lieu de Beauvais. Et, en soy retraiant et ceulx de sa compaignie, en amenèrent avecques eulx de bien belle artillerie, comme deux des chambres des bombardes qui avoient batu et getté en bas la muraille de ladicte ville; lesquelles chambres, pour cause de briefté, ilz getterent dedens les fossez, et si boutèrent en ladicte ville deux bien belles serpentines avecques ung gros canon de cuivre nommé l'un des Douze Pei'S, que le roy, à la journée ou rencontre de Montlehery, y perdi. Et fut ledit Salezart suivy de bien près et fort batu et navré, et son cheval aussi navré