‹ Journal (volume 2)Chapitre 117 sur 163 · Interpolations et variantes, § LXXXVII · texte numérisé non relu

Interpolations et variantes, § LXXXVII

de plusieurs cops de picques de Flandres et autres^, nonobstant qu'il le reporta jusques audit lieu de Beauvais, où ledit cheval mourut incontinent qu'il y fut arrivé^.

Et depuis ladicte saillie n'avint oudit ost gueres de chose jusques au xxi® jour dudit moys de juillet que les bons bourgois, manans et habitans de la ville d'Orléans envoierent et firent passer parmy la ville de Paris la quantité de cent tonneaulx du vin du cru dudit lieu d'Orléans qu'ilz envoierent et donnoient ausdiz seigneurs et gens de guerre estans audit Beauvais, pour les rafreschir et aider à bien besongner à l'encontre

1. Les piquiers flamands étaient redoutés des hommes d'armes français, car « ilz scavoient l'usage des picques plus que nulz autres... Ce sont bastons moult convenables pour mettre une picque entre deux archiers contre le fouldroieux effort des chevaulz qui Youldroient effondrer dedens eulx, car il n'est cheval, s'il est attaint d'une picque en la poitrine, qu'il ne doie morir sans remède, et si scevent ces picquenaires desmarchier et attaindre les chevaulz de costé et yceulx perchier tout oultre : mesmement n'est si bon harnoys de guerre qu'ilz ne perchassent ou faulsassent ; ainsy les scevent ilz bransler et empraindre... » (J. de Wavrin, lU, 74).

2. Interpolations et variantes, § LXXXVIII. — Suivant le récit du Discours véritable, Salazart, à la tête d'une quinzaine d'hommes d'armes, sortit de Beauvais vers trois heures du matin, suivi de Guérin le Groing, grènetier de Fécamp, avec 3 ou 4,000 piétons. Ils se jetèrent au nombre de 60 ou 80 hommes sur le camp bourguignon et tuèrent quelque 200 ennemis. Mais pendant la retraite il y eut un peu de désordre, l'infanterie étant rentrée tout droit dans la ville en abandonnant les cavaliers, obligés de faire le tour des murs jusqu'à la porte de Paris. Une poignée de bourgeois assistés de huit hommes d'armes réussirent à jeter dans les fossés « deux gros canons, l'un de fer et l'autre de mestail, et sur celuy de mestail esloit cscrit Montlliery, et coupèrent les gorges aux canoniers qui les gardoient, ot puis furent tirez de nuit par engins dedans la ville, sans ce qu'en ce faisant aucun fust mortellement navré ou blessé » (Lenglet, III, 214).

desdiz Bour^ignons. Et si leur envoierent encores grant quantité de trousses de flèches à arc, artillerie, arbalestres et des pouldres à canon. Et, pour conduire les choses dessusdictes, y estoient en personne aucuns bourgoys dudit lieu d'Orléans, pour faire le présent ausdiz seigneurs et gens de guerre estans audit Beauvais, de par icelle ville d'Orléans^.

En ce temps furent faictes les monstres en la ville de Paris par les habitans d'icelle par chascune dixaine et quartiers de ladicte ville, tous lesquelz y furent en armes et par ordre. Lesquelles monstres furent veues et receues par le sire de Gaucourt, lieutenant du roy en ladicte ville, maistre Jehan de la Driesche, président des comptes, et sire Denis Hessehn, pennetier du roy, esleu sur le fait des aides et prevost des marchans de ladicte ville. Lesquelles monstres il faisoit moult beau veoir, et plus eust fait si les arbalestriers, coulevriniers, gens prins es bannières et autres gens de guerre en grant nombre, envoiez en ladicte ville audit lieu de Beauvais, y eussent esté.

En ce temps fut mis en termes que encores seroit prins parmy ladicte ville jusques au nombre de III™ combatans, qui seroient armez et souldoiez de par ladicte ville, ceulx de Parlement, Chastellet, la Chambre des comptes, la Chambre des monnoyes, la Chancellerie , maistres des requestes , les esleuz et autres, qui sembla estre moult grant charge aux habitans d'icelle, veu le grant nombre de gens que desjà on avoit envoyé audit Beauvais, et que aussi ladicte ville en demorroit moult fort aiîeblye. Et furent ces

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