‹ Journal (volume 2)Chapitre 119 sur 163 · Interpolations et variantes, § LXXXIX · texte numérisé non relu

Interpolations et variantes, § LXXXIX

3. Pour venger son échec, le duc brûla tous les villages des environs de Beauvais à quatre ou cinq lieues à la ronde, « du costé où il tenoit son parc, car d'autre part il n'y eust osé passer » [Ibid.]. Commynes veut que le duc se soit retiré « en bel

lez le Crotoy*, qui leur fut rendu par cealx de dedens, pour ce qu'ilz n'estoient pas assez gens et que la place n'estoit point de tenir contre sa puissance. Et après s'en ala à Eu, qui pareillement lui fut rendue pour la cause que dessus-.

Et, le mercredi xxix^ jour de juillet, monseigneur le connestable, monseigneur le grant maistre et autres cappitaines qui estoient dedens la ville de Beauvais, acompaignez de vin'^ lances, se partirent dudit lieu pour eulx tirer ou pays de Caulx, vers Arques et Moustierviller^, pour estre au devant desdiz Bourguignons, qu'ilz supposoient qu'ilz y dévoient aler; ce que firent lesdiz Bourguignons et alerent mettre et asseoir leur parc entre ladicte place d'Eu et Dieppe, en ung village nommé Ferrieres^. Et ilec depuis y séjourna bien grant pièce sans rien conquérir, sinon le Neuf Ghastel de Nycourt, où ilz se boutèrent pour ce que dedens n'y trouvèrent aucun qui leur contredeist; et y furent par l'espace de trois jours, puis s'en alerent ; et au partir y boutèrent le feu et brûlèrent la

ordre, » espérant être attaqué (édit. Dupont, I, 289 et suivantes).

1. Auj. Saint- Valery-sur-Somme , dép. do la Somme, arr. d'Abbeville.

2. Le 28 juillet, Charles campa « outre l'eau, sous la ville d'Eu, vers Dieppe, où il resta jusqu'au 9 août » (Lenglet, II, 202). Cf. Commynes, éd. Dupont, I, 290 : « Il print... son chemin en Normandie pour ce qu'il avoit promis au duc de Bretaigne aller jusques devant Rouen, lequel avoit promis de s'y trouver... »

3. Arques, auj. Seine-Inférieure, près Dieppe. Montivilliers, même dép., arr. du Havre.

4. Ferrières, auj. dép. de la Seine-Inférieure. L'Itinéraire de Charles le Hardi porte que le 28 juillet le duc campa « outre l'eau, sous la ville d'Eu vers Dieppe, » et qu'il y resta jusqu'au 9 août (Lenglet, II, 202).

ville et chasteP, qui fut ung moult grant et piteux dommage, car c'estoit une moult belle ville de guerre et grande. Et en après fist mettre et bouter ledit Bourguignon le feu à Longueville, au Fay et autres plusieurs lieux et villages du bailliage de Caulx, que pour tout son vaillant ne sauroit réparer^. Et plus ne autre vaillance ne fist que de bouter lesdiz feux, depuis son parlement de ses pays jusques au premier jour de décembre 1111= LXXII.

Durans ces choses, le roy, qui estoit en Bretaigne à tout plus de cinquante mil combatans, n'y fist que peu ou rien, pour ce qu'il fut mené de belles paroles et par ambassades, au moien de quoy il cuidoit avoir bonne pacificacion et accord avecques ledit duc de Bretaigne, sans effusion de sang ne perdicion de ses gens de guerre, que tousjours il a fort craint, plus sans comparoison que ledit de Bourgongne^, qui est trop cruel et plein de mauvaise obstinacion, ainsi que par cy devant l'a monstre et monstre chascun jour^.

1. Interpolations et variantes, § XG. — Il s'agit ici de Neufchàtel-en-Bray (Seine-Inférieure). Cf. Basin, II, 298.

2. C'est le 26 août que le duc fit incendier le château de Longueville, auj. arr. de Dieppe (Lenglet, II, 202). Basin, qui, malgré sa partialité habituelle, qualifie sévèrement cette dévastation barbare du pays de Caux, dit que les chefs français n'osèrent pas attaquer l'armée bourguignonne. Ils se contentaient de chevaucher sur ses flancs, en ramassant les traînards. Tel était, disaient-ils, l'ordre du roi, mais l'opinion générale fut que cette attitude passive était le fait du connétable, et l'évêque de Lisieux ajoute : « quod certum verisimile est quia idem cornes ultro citroquc proditor pessiinus erat... « (II, 299 et suiv.). Cf. la chron. anon. inip. en appendice de Wavrin, III, 295 et suiv.

Page 1