Ce fut en réalité Charles, duc de Bourgogne (et non plus
Et, ce faict, maistre Jehan Balue, cardinal d'Evreux, maistre Jehan de la Driesche et maistre Jehan Prévost retournèrent devers le roy audit lieu de Vernon, qui estoient alez en Flandres de l'ordonnance du roy pardevers ledit de Bourgongne^. Et, tantost après ledit retour fait, le roy se parti dudit lieu de Vernon et s'en ala à Chartres-, où il fist ilec venir et arriver la plus grant partie de son artillerie, qui lors estoient à Orléans, pour envoier à Alençon et autres villes du pays, pour les avoir et mettre en ses mains. Et, après, le roy envoia ledit maistre Jehan Prévost audit lieu de Flandres, par devers ledit de Bourgongne, pour lui porter et bailler les lettres desdictes trêves.
comte de Charolais), qui accorda au roi une trêve de six mois (Ifi"" nov. UôT-ler mai 1468. "Voy. D. Plancher, Hist. de Bourgogne, t. IV, pr. ccLYi). Le connétable, envoyé par Louis XI à Bruxelles, avait signifié « roidement » au duc qu'il eût à laisser en repos les Liégeois. Il témoigna aussi à Charles le Hardi le mécontentement que sa récente alliance avec le roi d'Angleterre avait causé en France. Le Bourguignon le prit de très haut, déclara qu'il était résolu de savoir cette fois si, à Liège, « il seroit maître ou valet, » et accusa nettement Louis XI de l'avoir, par ses « menaces et legieres paroles, » fait devenir Anglais malgré lui. Tous les efiforts du comte de Saint-Pol pour obtenir une trêve d'une année échouèrent devant l'obstination du duc. Il ne fut pas plus heureux à Louvain quand le roi le renvoya une seconde fois auprès de Charles. Menacé d'une intervention française en faveur des Liégeois, le duc, qui se sentait appuyé par les Anglais, alla jusqu'à menacer le connétable de sa colère, si bien que Saint-Pol « ébahi » finit par prendre l'engagement que, pendant les douze jours suivants, le roi demeurerait neutre. Lui-même employa ce délai à obtenir de Louis XI qu'il acceptât une trêve de six mois en abandonnant Liège à son malheureux sort (Chastellain, V, 338-348).
1. Balue arriva à Bruxelles pendant l'automne de l'année 1467, à l'époque du premier voyage qu'y lit le connétable (Ibid,, 349).