Le comte de Waterford
3. Le havre de Barfleur est auj. dans le dép. de la Manche, à i'extrémit(^ du Gotentin.
et leur train, et s'en alerent à Valongnes\ où leur logis leur fut ordonné.
Et, bientost après ces choses, le duc de Bourgongne, sachant ce que dit est, escripvy lettres missives à la court de Parlement, par lesquelles il leur mandoit qu'il avoit sceu que le roy avoit recueilly ledit de Waruik en aucunes villes de son royaume es marches de Normandie, qui estoit aie contre l'appoinctement fait à Peronne entre le roy et lui, en priant et exhortant ausdiz de Parlement qu'ilz voulsissent remonstrer ces choses au roy, à ce qu'il ne favorisast ledit de Waruyk et ceulx de sadicte compaignie, qu'il disoit estre son ennemy capital et dudit royaume, ou autrement il le yroit quérir quelque part qu'il le peust savoir en France, pour en faire à son bon plaisir-. Et, nonobstant ce, ledit de Waruik séjourna etdemoura depuis certain temps, durant le mois de juing, audit Honnefleu^. Et, durant ce temps, plusieurs gens de
1. Valognes, auj. dép. de la Manche, aune douzaine de kilom. de la mer. — ; « Vous me faictes enrager de mettre et laisser les dames si près de Seyne et de ces marches. Et, pour ce, je vous prie, faictes qu'elles aillent plus bas, et me deust il couster le double des despens, car je les paierai voulentiers » (Louis XI à Goncressault et à Bourré, d'Amboise, le 19 mai, dans Vaesen, IV, 112. Cf. l'Instruction aux mêmes, imprimée par Lenglet, m, 124 et suiv.).
2. Voy. le texte des lettres du duc de Bourgogne aux gens du Parlement de Paris et au roi de France en date des 25 et 29 mai 1470 (Lenglet, lU, 120).
3. Louis XI fut peu ravi de voir Warwick amener en Normandie tout un convoi de navires enlevés à des sujets du duc de Bourgogne. « Jamais, » écrit-il au seigneur de Goncressault et à Bourré, « je ne seray à mon ayse tant que je sache au certain que tous leurs navires soient partiz et qu'il n'en soient demouré ung tout seul, » etc. (Vaesen, IV, 111).
guerre de l'ordonnance du roy deslogerent de leurs garnisons et s'en vindrent, gastant tout le plat pays, loger et eulx mettre en plusieurs villes et places sur les marches de Normandie et Picardie ^ .
Oudit moys de juing advint que deux hommes de guerre de ladicte ordonnance, soubz la charge de monseigneur le connestable, tuèrent et murdrirent deux jeunes clers du trésorier des guerres en pleine Beausse, pour avoir l'argent qu'ilz port oient pour le paiement des gens d'armes. Et, peu de temps après, furent prins et saisis à Honnefleu et d'ilec menez pardevers mondit seigneur le connestable en la ville de Meaulx, où ilz, à deux arbres et sur deux divers chemins, furent pendus et estranglez.
En ces entrefaictes, le roy se tint et séjourna à Tours, à Amboise, Vendosme et autres lieux près d'ilec^, pardevers lequel lesdiz Anglois alerent; et aussi y fut et ala la royne d'Angleterre et le prince de Galles son filz^. Et, ilec tous arrivez, fut pourparlé entre eulx de la matière pour quoy ilz estoient ilec tous venus et arrivez. Et depuis s'en retournèrent
1. Précisément à la date du 29 mai 1470, Louis XI notifia aux Lyonnais et aussi aux habitants d'Honfleur une ordonnance qu'il venait de rendre dans le but de réprimer les excès des gens de guerre (Vaesen, Lettres de Louis XI, IV, 119 et suiv.).