Mai et juin
3. Il s'agit de la reine Marguerite d'Anjou, femme d'Henri VI de Lancastre, dont Warwick avait abandonné la cause. Louis XI réussit à réconcilier l'altière princesse et le a faiseur de rois » et Qt le mariage d'Edouard, prince de Galles, avec la seconde iille du comte (25 juillet 1470; Vaesen, Lettres de Louis XI, IV, 131). Le 23 juin, le roi de France écrit à Henri, roi de Gastille, que, la reine d'Angleterre ayant sollicité son assistance contre Edouard de la Marche (Edouard IV), il s'est déclaré contre ce dernier (Ibid., 123),
lesdiz Anglois à Honnefleu, à Valongnes, Saint-Lo et autres lieux en Normendie.
Durant ce que dit est, le duc de Bourgongne fist prendre et mettre en sa main toute la marchandise qu'il avoit en ses pays appartenant aux marchans de France, jusques à ce que les marchans de ses pays eussent eu restitution d'aucuns biens prins sur mer par lesdiz Anglois^.
Oudit temps, et le samedi derrenier jour de juing mil JIIPLXX, environ entre deux et trois heures de matin, la royne acoucha ou chasteau d'Amboise d'un beau fîlz, qui ilec fut baptisé- et nommé Charles par monseigneur l'arcevesque de Lyon, avecques le prince de Galles, fiiz de Henry jadiz roy d'Angleterre et prisonnier détenu par Edouard, roy dudit pays d'Angleterre. Et la commère fut madame Jehanne de France, duchesse de Bourbon. Et de ladicte nativité fut grant joye faicte et espandue par tout le royaume de France, et en furent chantez en divers lieux Te Deum lauda-
1. Dès le 19 mai, Louis XI écrivait à Bourré : « Je vous baille charge d'envoler incontinent devers les gens de Mgr de Bourgongne, et leur mandez que je vous ay envoyé pardellà (à Honfleur) pour recouvrer tout ce que vous pourrez trouver des biens des subgectz de mond. seigneur de Bourgongne » fVaesen, IV, 112). Charles le Hardi ne voulut rien entendre, et, le 12 juin 1470, il édicta à Middelbourg la mesure inique dont il est question ici (IbicL, 126. Cf. Chastellain, Y, 454 et suiv.). Le 1" juillet, Louis XI interdisait aux gens de Troyes d'user de représailles en arrêtant les marchands bourguignons (Vaesen, IV, 125 et suiv.). Enfin, le 28 septembre, une circulaire adressée aux villes du royaume et particulièrement aux Lyonnais faisait défense aux marchands du royaume de se rendre en Flandres ou d'envoyer des marchandises en aucun des pays du duc de Bourgogne (Ibid., IV, 146 et suiv.).