‹ Journal (volume 2)Chapitre 99 sur 163 · Interpolations et variantes, § LXVII · texte numérisé non relu

Interpolations et variantes, § LXVII

2. « Dieu voulut ainsi disposer des choses que ceste nuict sourdit une grande tourmente et telle qu'il fallut que l'armée dud. de Bourgongne fuyst, et coururent les ungs des navires en Escosse, les aultres en Hollande, et en peu d'heures après se trouva le vent bon pour led. conte, lequel passa sans péril en Angleterre » (Gommynes, éd. Dupont, I, 242). Il débarqua à Plymouth et à Dartmouth (comté de Devon) le 13 septembre 1470. Le convoi rendu à bon port, l'amiral français retourna en Normandie (Ghastellain, V, 469).

3. Bristol, au fond du golfe du même nom, sur la côte occidentale d'Angleterre.

de LX"* hommes en armes, pour le servir et vivre et mourir pour lui. Il se mist dessur les champs, tousjours cerchant à trouver ledit Edouart, et fut plus de quinze jours après sadicte descendue avant qu'en France on peust avoir autres de ses nouvelles*.

Après les choses dessusdictes, le seigneur d'Argueil, filz du prince d'Orenge, qui estoit domestique et le plus prouchain dudit Bourguignon, et qui estoit marié à la seur de monseigneur de Bourbon , s'en party et embla d'autour dudit de Bourgongne et s'en vint et retray pardevers le roy, qui bien le recueilly^. Et, quant ledit duc sçot ledit partement, il cuida enrager et crever de dueil, et, en la présence de ladicte ambaxade de Bretaigne, ledit duc de Bourgongne declaira ledit seigneur d'Argueil avoir confisqué envers lui corps et biens, et puis fîst arraser et abatre toutes les places et chasteaulx qu'il avoit en ses pays.

En après, le xiiii^ jour d'octobre, oudit an mil IIIP LXX, le roy envoya ses lettres patentes à Paris, qui y furent leues et publiées par les carrefours d'icelle, presens les lieuxtenant criminel de la prevosté de Paris et plusieurs des examinateurs d'icellui Chas-

1. Dès le 26 septembre, treize jours après le débarquement de Warwick sur la côte d'Angleterre, Louis XI annonçait aux gens d'Harfleur la nouvelle de ce succès (Vaesen, Lettres de Louis XI, IV, 143). Trahi par le marquis de Montagu, frère du comte de "Warwick, auquel il avait confié la défense de sa cause, le roi Edouard IV faillit se laisser surprendre à Doncaster. Il n'eut que le temps de s'enfuir à Lynn, où il s'embarqua pour la Hollande le 29 septembre.

2. Jean II de Ghalon, seigneur d'Arguel, prince d'Orange à la mort de son père Guillaume VIII (28 septembre 1475), mourut le 25 avril 1502. Il épousa Jeanne, tille du duc Charles de Bourbon et sœur du duc Jean U.

tellet. Et, par lesdictes lettres, estoit contenu l'aliance faicte du roy et du roy Henry d'Angleterre, en mandant par lesdictes lettres tous Anglois laisser venir et descendre en ce royaume pour leurs afaires et marchandises, sans saufconduis ne autre seureté, comme les subgetz de France, sauf en ce non comprins Edouart de la Marche, nagueres roy dudit royaume d'Angleterre, ses aliez et complices.

Et à ce jour et depuis vindrent certaines nouvelles en France que lesdiz de Clairence, Warwyk, qui ainsi estoient sur les champs et en armes oudit royaume d'Angleterre, cuidans trouver ledit Edouart, prospérèrent ilec tellement que tous les princes, seigneurs, nobles, prelas, bourgois et commune dudit pays d'Angleterre, et singulièrement tout le populaire de Londres, vindrent au devant dudit Warwyk, et tournèrent le dos audit Edouart et vindrent mettre à pleine délivrance ledit roy Henry, qui par long temps avoit esté détenu en captivité de prison par ledit Edouart, et lui rebaillerent derechef la possession et joyssance dudit royaume ; et fut fait ledit de Waruik gouvernant dudit royaume •. Et puis s'en vindrent tous en la cité de Londres, faisans grans chères ; et ilec et aussi oudit royaume furent mis à pleine délivrance tous François, qui ilec estoient prisonniers, et renvoiez en France quittement. Et si fist ledit Waruic prendre et saisir tous les biens appartenans aux subgetz dudit

1. Henri de Lancastre, à demi insensé, était depuis plus de cinq années enfermé dans la Tour de Londres. Restauré le 9 octobre 1470, il fut, comme le dit Ghastellain, « une ombre en une paroi et un seigneur comme que l'on buCfette as yeux bandés » (V, 490).

de Bourgongne et mettre en arrest et en ses mains. Et puis ledit Edouart, voyant qu'il estoit seul demouré et du tout habandonné, s'enfouy et wida hors ledit royaume et s'en vint à recours audit duc de Bourgongne son beau frère ; et audit royaume d'Angleterre demoura sa femme et mesnage.

En après, le roy, qui par long temps n'estoit bougie de Tours et Amboise, -meu de bonne devocion, s'en party et ala à Nostre-Dame de Celles en Poictou, où il séjourna ung peu^, et retourna audit lieu d'Amboise.

Oudit moys de novembre, le roy envoya à Paris ses lettres patentes, par lesquelles il mandoit aux nobles, clers et laiz de la ville de Paris qu'ilz feissent processions et loenges à Dieu et à la Vierge Marie, et toutes œuvres cessans, par l'espace de trois jours, en louant et merciant Dieu nostre créateur, la benoiste Vierge Marie, et tous sains et sainctes de paradis de la bonne victoire que avoit eue Henry de Lencastre, roy d'Angleterre, de sondit royaume, à l'encontre de Edouart de la Marche, qui longuement sur lui Tavoit usurpé à la faveur dudit duc de Bourgongne, et aussi de la bonne paix et union qui faicte estoit entre le roy et ledit roy Henry d'Angleterre. Laquelle procession fut faicte et acomplie ainsi que le roy l'ot mandé ; et tout ainsi en fut fait par toutes les bonnes villes de ce royaume^.

1. Louis XI se rendit à Notre-Dame de Celles (auj. Deux- Sèvres, arr. de Melle) vers le 20 octobre, pour accom})lir un va-u qu'il avait fait afin d'obtenir le rétablissement de Henri VI (lettre aux Kémois du 19 octobre, dans Vaesen, IV, 153 et suiv.).

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