Lisez septembre
revocquier en double que dès incontinant que ledit Soupplainville eut sa despesche du roy pour s'ec retourner devers le duc, qu'il fist les ouvertures que le roy luy avoit dittez audit seigneur de Lescun, son maistre, lequel luy fist response qu'il seroit trop plain d'ingratitude de tromper le duc qui avoit si grant fiance en luy, et que jamais ne luy conseilleroit faire ledit appointement ; car il entendoit bien que le roi ne le faisoit à autre fin sinon que, après son appointement fait, il vouloit joindre son armée avec l'autre sienne armée qu'il avoit en Picardie, pour illec de tous poins absourber et deffaire le duc de Bourgoigne ; et que, ce fait, toute sa puissance retourneroit sur les bras du duc, qui luy seroit mal aisé à soustenir ; et en oultre qu'il avoit plus devant ses ieulx le bien, prouffit et honneur de son maistre, qu'il n'avoit le sien, et qu'il n'estoit point délibéré d'estre marchant d'une si raaulvaise marchandise. Et, en icelle responce, ledit seigneur de Cominges se honnoura grandement en vertus envers le duc.
Et ainsi que le duc de Bourgoigne estoit oudit pays de Caulx boutant les feuz et faisant grants maulx et insolances, envoit (sic) pardevers le duc de Bretaigne ung herault, lequel fut rencontré chargé de lettrez missives, dont le roy envoya ' audit grant maistre le double ; desquelles la teneur s'ensuit :
« ^lon bon frère, je me recommande à vous de très bon cueur. Je vousescriptz^ moy estant à Eu et depuis à Crayel. N'a gueres aussi que vous envoyé ung homme, pour de bouche vous advertir de mes nouvelles, et luy ay baillé enseignez telles que y pouvez adjouster foy, car de lettres ne se osa charger.
« De vostre part ne m'est venu arme devers raoy depuis le parlement de Jehan du Rochel. Aussi n'ay eu nouvelles quelconques de Nicolas Boesseau, mon secrétaire. Je suis en
1 . Par lettre datée de la Roche-au-Duc, le 28 septembre (Orig. à la Bibl. nat., ms. fr. 2898, fol. 98; impr. par Vaesen, V, 55 et suiv.). Voyez plus loin, p. 311.