Ham, auj. dép. de la Somme, arr. de Péronne
Et, se vous voulez venir audit Hain avec moy , je mettray mes gens audit Saint-Quentin autant que en mettrés des vostres audit Hara. Aussi est besoing que Mons. le mareschal de Guienne' se haste comme vous de venir : sy luy veullez faire sçavoir. Mons. le grant maistre, Nostre Seigneur soit garde de vous.
« Escript audit Noyon, ce dimenche xx^ jour de septembre. Soubzcriptes : « Le conte de Saint-Pol, etc., connestable de France. >■> Et au dos : « A Mons. le grant maistre. »
XCIV. — (Clair. 481, fol. 329, 1. 9. Chron. scand., 1. 1, p. 287.) — Qui ne vesqui gueres. En celluy temps, Mons. le duc de Bourgoigne tenoit son armée sur les marches de Picardie et ne sçavoit pas bien où il devoit prandre son chemin ne à quelle ville du roy tyrer pour la prandre, pour ce qu'il les sentoit toutes estre garnies de gens d'armes et ce qu'il leur failloit pour la deffence d'icelles. Dont le connestable, qui estoit en la ville de Hem, estoit assez adverty, et envoya unes lettres missives audit grant maistre, le advertissant de ce qu'il en sçavoit, desquelles la teneur s'ensuit :
« Mons. le grant maistre, je me recommande à vous. J'ay eu à ceste heure nouvelles que les Bourguignons firent hier leurs reveues et sont maintenant logés à ung vilage nommé Morsain^. J'ay envoyé des gens où estoit l'advangarde veoir s'ilz le font pour admuser quelc'un. Leur chemin est plus sur ceste ville et Saint-Quentin que sur autre pour aller par devers Picardie et passer à Falvy^ Se ainsi estoit qu'ilz tirassent à Saint-Quentin, jamais ne vous ne autre du costé deçà ne seroient devant eulx, car, de Falvy audit lieu de Saint-Quentin, n'y a pas si loiiig que de là où vous estes.
1. Lisez le sénéchal de Guyenne, Gilbert de Chabannes, seigneur de Curton.
2. Auj. Morcbain, dép. de la Somme, arr. de Péronne, sur la Somme, à environ 12 kilom. à l'est de Lihons.
3. Falvy, dép. de la Somme, arr. de Péronne, à quelque distance au nord-est de Morcbain, et à environ 25 kilom. de Saint- Quentin. La carte de Cassini indique à Falvy un pont sur la Somme.
Dout je vous advertis adfin que provision y soit myse, car elle est en la charge de vous et des autres qui y devez aller. Je maiz des gens dehors pour savoir s'il tirra ce chemin là et pour mander à ceulx de Noyon qu'ilz y tirent.
« Mons. le grant maistre, je prie Nostre Seigneur qu'il soit garde de vous. Escript en mon chastel de Hem, le xxvif jour de septembre [1472]. »
Et au dessoubz estoit escript :
« En escripvant ces lettres, j'ay esté adverty qu'il tirra à Falvy et qu'il a laissé sa grose artillerie deriere, et qu'il ne mettra point de siège s'il ne le treuve bien aisé, » En la soubscripcion desdittez lettres estoit escript : « Le conte de Saint- Pol, etc., connestable de France, [etc.], Vostre Loys. » Et au dos : « A jMons. le grant maistre*. »
Audit temps, ledit grant maistre se mist dedans Saint- Quentin pour la garde d'icelle; ce qu'il manda au roy estant es marches de Bretagne, en luy faisant sçavoir que, se le duc de Bourgoigne se povoit retirer, il le iroit veoir. De quoy le roy fut bien content et manda audit grant maistre que le duc de Bretaigne envoyoit devers luy adfin de faire traicté de paix, etluyenvoja unes lettres missives desquelles la teneur s'ensuit :
« jMons. le grant maistre, j'ay receu vos lettres, et vous remercie dece que vous estes allé mettre dedans Saint-Quentin, et aussi des services que me faictez tous les jours par delà. Au regard de ce que dittes que, se le duc de Bourgoigne se retire, que estes délibéré de me venir veoir, le duc de Bretaigne envoyé Phelipes des Essars et Guillaume de Soupplainville ^ en embassade devers moy, et ont fort pourchassé leurs venues, et leur ait fait sçavoir qu'ilz ne venissent point s'ilz ne venoient pour appointer de tous points avec moy et qu'ilz abandonnassent le duc de Bourgoigne, ou pour unes trêves de