Vendeuil, auj. dép. de l'Aisne, arr. de Saint-Quentin
Senne. » Et au dos desdittes lettres : « A Mons. le grant maistre. »
Après que les Bourguignons eurent ainsi couru, brûlé et gasté la terre de Coucy et pays d'envyron que dict est, et non obstant le parlement qui estoit entre le connestable et eulx pour traicter d'apointement, tyrerent et allèrent vers Guise ' pour y mettre le siège et l'avoir de force ; en laquelle ville estoit Mons. de Moy qui le fist sçavoir audit connestable qui estoit à Hem, et à Mons. le grant maistre, qui estoit à Saint-Quentin, et affin qu'ilz le pourveussent d'artillerie, de pouldre à canon et autres choses neccessaires pour la deffense d'icelle ville. Lesquelz seigneurs connestable et grant maistre en firent sçavoir les nouvelles l'un à l'autre; et en escripvit ledit connestable audit grant maistre plusieurs lettres missives cy après couchées :
« Mons. le grant maistre, je me recommande à vous. Mons. de Moy m'a escript que on l'a adverti que les Bourguignonsmetterontlesiege devant Guise ; pourquoy il requiert que lui face avoir de la pouldre et de l'artillerie. Je vous prie que lui faictes délivrer de la pouldre de canon et deux culevrines, et je vous feray envoyer de Noyon autant de bâtons et de pouldres que délivrerez. Et, ou cas que ceulx de Noyon en feront reffuz, je vous en envoiray en ce lieu de la mienne de céans. Et se vous faictes difficulté baillier des culevrines du roy, sy en bailliés deux des miennes qui sont devant mon logis. Et, ou cas qu'il vous soit raporté par voz chevaucheurs que lesditz Bourguignons ne viennent pas à vous, mais que ilz voisent à Guise, je vous prie en ce cas que de ceulx de la garnison de Saint-Quentin vous veuilles envoyer . Il [y] a dix ou douze arbalestriers, et je vous en menray m ou im* de ceulx que monseigneur de Voulon a admené par deçà ; et moy mesmes yray audit Saint-Quentin avec tous les gens d'armes qui sont à Noyon. Mons. le grant maistre, je prie Nostre Seigneur qu'il soit garde de vous. Escript à Hem,