Guise, auj. dép. de FAisne, arr. de Vervins
Saint-Quentin n'en vauldroit de riens mieulx ; pourquoy je vous prie de rechief que en toute dilligence le vueuilliez ainsi faire.
« Mon intencion estoit de estre dès hier à Saint-Quentin, mais les cappitaines d'Amiens vindrent parler à moy, lesquelz n'estoient pas encores prest[s]. L'artillerie ariva hersoir icy et y a de la pouldre assez, pourquoy ne devez faire difficulté d'en envoyer à Guise, car je vous menray tout à ce matin, sans point de faulte. Et, au regard de gens, il est grant mestier qu'ilz en eusent; mais je n'en ay plus nulz, car les miens sont tous dehors. Se Guise se pert, Saint-Quentin en empira ung cart. Mons. le grant maistre, je prie Dieu qu'il vous doint bon jour. Escript en mon chastel de Hem, le XXVIII'' jour d'octobre [1472]. Le conte de Saint-Pol, etc., connestable de France. » Signé : « Vostre Loys. » Et au dos : « A Mons. le grant maistre'. »
Et, vers la fin dudit moys d'octobre, advint que le conte d'Armignac print et recouvra par subtilité, par nuyt et par faulte de faire bon guet, nonobstant qu'on ait voulu dire par trayson, la ville et cité de Lestore, laquelle par avant avoit esté réduite en l'obéissance du roy par le conte de Dampmartin, grant maistre de France. Et, en icelle ville, ledit conte d'Armignac prinst monseigneur de Beaujeu, estant gouverneur de Guienne, avec plusieurs autres grans seigneurs et nobles hommes, et plusieurs de ses gens, ausquelz furent faittes plusieurs inhumanités, comme à aucuns gentilzhommes, lesquelz furent tellement surprins par les gens dudit conte d'Armignac qu'ilz n'eurent loisir d'eulx abillier. Et les officiers qui avoient acoustumé servir ledit seigneur de Beaujeu, comme escuyers tranchans et autres, furent contrainctz le servir nudz, sans chausses, bonnéz ne autres abillemens, synon les aucuns qui avoient de petis prepoins, hocquetons et petis abillemens qu'ilz avoient empruntez. Et feit ledit conte d'Armignac mettre ledit seigneur de Beaujeu