‹ JournalChapitre 126 sur 178 · Mai-septembre · texte numérisé non relu

Mai-septembre

4. C'est l'amirauté de Guyenne que Louis XI confia au seigneur de Lescun. Elle lui fut retirée au début du règne de Charles VIII parce qu'il avait embrassé le parti du duc d'Orléans. Odet d'Aydie mourut avant le 25 août 1498.

d'Armignac, estant assiégé en la ville de Lestore, resistoit vigoreusement contre l'armée du roy, et estoient les aucuns d'oppinion qu'il estoit à ceulx qui tenoient le siège aussi neccessaire user de cautelle que de force'.

XCVIII. — (Clair. 481, fol. 347, 1. 18. Chron. scand., t. I, p. 291.) — Avecques le roy, par le moyen d'aucuns capitaines estans lieutenans du roy, entre lesquelz estoient le cardinal d'Arras avec messire Yvon du Fou...

XCIX. — (Clair. 481, fol. 347, 1. 24. Chron. scand., t. I, p. 291.) — Far les gens du roy qui entrèrent en icelle ville, aiant ledit conte d'Armignac, comme aucuns veullent dire, entre ses mains la puissance que le roy avoit donnée à sesditz lieutenans pour le povoir souffisamment asseurer. Et, peu de temps après, lesditz lieutenans décédèrent de ce monde. Et l'un d'iceulx qui luj' donna le cop de la mort, estoit nommé Pierre le Gorgiat, qui depuis fut archier de la garde du roy 2.

Et est à noter que le péché par icelluy conte d'Armignac commis à sa seur, laquelle il avoit maintenue contre la loy de Dieu, peust estre cause de son occision. Pour laquelle sa seur maintenir, il avoit obtenu une dispence surreptice, de laquelle obtenir avoit esté cause ung nommé maistre Ambroise de Cambray, qui la luy fist avoir. Et pour laditte faulseté (ne sçay s'il y en avoit d'autres meslées ensemble avec ceste là), ledit de Cambray fut dégradé de la dignité episcopale, banny et dechassé de Romme; et depuis, par son abillité ou autrement, fut chancellier de Nostre-[Dame] de Paris. Et combien que ledit d'Armignac fust souffisamment adverti de laditte fauceté, neantmoins il ne se désista de tenir saditte seur et acomplir sa dampnée luxure avec elle 3.

1. C'est au commencement de janvier 1473 (n. st.) que les sénéchaux de Toulouse et d'Agenais s'installèrent devant Lectoure.

2. Sur cet épisode, voy. Louis XI, Jean V, comte (V Armagnac, et le drame de Lectoure, ouvr. cité, p. .50 et suiv.

3. Ce scandale remontait aux années 1452-1455. Voy. Beaucourt, Hist. de Charles VU, VI, 32 et suiv.

C. — (Clair. 481, fol. 351, 1. 17. Chron. scand., t. I, p. 298.) — Ne parlait à luy. Et fut dit que à l'occasion que les nouvelles luy en viendrent en la forest de Loches, il en fist abatre grant partie ; et estoit sa coustume telle que, quant aucunes mauvaisses nouvelles luy venoient dedans aucuns abitz ou sur quelque cheval, jamais après ce ne vouloit vestir lesditz abitz ne monter sur ledit cheval. Et devés sçavoir que le roy estoit plus garny de sens que de bonne vesture.

CI. — (Clair. 481, fol. 352, 1. 9. Chron. scand., t. I, p. 299.) — Conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France, comme deuement acertené de sa loyaulté, sagesse et bonté et comme celluy en qui il avoit ferme fiance...

CIL —(Clair. 481, fol. 353, 1. 23. Chron. scand., 1. 1, p. 299.) — En ses mains. Et aussi le connestable eut nouvelles que les Anglois faisoient et mettoient sus une grosse armée, dont il fist sçavoir les nouvelles au roy par ces lettres, qui contenoient ce qui s'ensuit :

« Mon souverain seigneur, je me recommande à vostre bonne grâce tant et si très humblement comme faire le puis et doy. Et vous plaise savoir, mon souverain seigneur, que je me suis tousjours enquis au mieulx que j'ay peu pour savoir du fait des Anglois ; et m'a esté rapporté par pluseurs qu'ilz font une très grosse armée. Et, pour en estre mieulx acertené, ay envoie secrètement à Calais, et ay receu unes lettres de ce que celluy que je y ay envoie a sceu, lesquelles je vous envoie cy dedens encloses, affin que voiez ce qu'il m'en rescript. Neantmoins quelque chose qu'il en soit, ilz ne sont, comme on peut savoir, que de vi à vu mille sur la mer, et dist on que ilz ont entreprinse sur aucune place. Et mesmement par aucuns de mes gens que j'avoie envolez à Dunckerke, qui est port de mer, m'a esté dict que ilz ont parlé à aucuns Anglois qui estoient prisonniers et que aucuns de Chierbourg avoient prins sur la mer et les avoient admenez audit lieu de Dunckerke ; et disoient lesditz Anglois puisqu'ilz estoient mis à finance ilz ne (se) soussioient gueres

de leur raencon et qu'ilz avoient entencion de brief estre logiez, et par ce se recompenseroient bien.

« Mon souverain seigneur, il a couru une voix par deçà que les Anglois ont eue une bataille en Angleterre , de laquelle le duc d'Iorc a esté maistre * : qu'il en est au vray, je ne say ; j'ay tousjours message pour en savoir, et si aucune chose survient que je puisse savoir au vray, je le vous rescripray incontinent, prest tousjours au surplus d'obbeir à vos bons plaisirs et commandemens, comme tenus y suis, au plaisir de Nostre Seigneur qui, mon souverain seigneur, voi'-s doint bonne vie et longue et entier acomplissement de voz haulx et nobles désirs.

« Escript au Chastellet, le iif jour d'aoust.

« Sire, j'ay sceu depuis que ilz font habillier à Calais une très grosse nef, laquelle ilz ont fait tyrer hors de l'eaue; à quelle entencion c'est, je ne say. Vostre très humble et obéissans subget et serviteur : « Loys. » Et au dos des dittes lettres : « Au roy, mon souverain seigneur'-. »

cm. — (Clair. 481, fol. 352, 1. 19. Chron. scand., t. I, p. 300.) — Sans riens faire. Et, pour délivrer le passaige aux ambassadeurs du duc de Bourgoigne, le connestable, estant à Hem, en escripvit au lieutenant de Mons. le grant maistre à Compiegne et aux officiers du roy audit lieu, ainsi qu'il s'ensuit en ces lettres missives cy transcriptes :

« Très chiers et especiaulx amys, les ambassadeurs de Bourgongne ont présentement envoyé devers moy Charolois le herault, par lequel ilz m'ont fait monstrer le sauf conduit qu'ilz ont du roy pour aler à la journée de Senlis pour le fait de la paix ; et m'ont escript et adverty qu'ilz ont intencion de prendre leur chemin par Hem, Noyon et Com-

1. Il doit y avoir ici une erreur volontaire ou non du connétable, car c'est en 1471 qu'Edouard IV gagna les batailles qui lui assurèrent le trône d'Angleterre. Il se pourrait aussi que cette lettre du connétable ne fût pas de l'année 1473.

Page 1