‹ JournalChapitre 134 sur 178 · Cette citation est tirée de la Pharsale de Lucain · texte numérisé non relu

Cette citation est tirée de la Pharsale de Lucain

Qui est à dire en françois ce qui s'ensuit : « La traison conspira qui n'a point eu de pouvoir, et la jeunesse des traistes qui n'ont peu penser fors à fouyr, a descouvert les lasches courages de leurs folles entreprinses.

CXXXI. — (Clair. 481 , fol. 417, 1. 20. Chron. scand. , cidessus, p. 2.) — HonnoraMenient . An ce temps, ung nommé Julio de Pise, chevalier du pays d'Italie, appella et requist ung autre chevalier nommé BofRlle de Juge, natif du royaulme de Naples, par manière de gaigede bataille à oultrance, sur certains cas que ledit Julio imposoit audit Boffille et dont il le vouloit reprocher de son honneur. Sur laquelle convocation et requeste de gaige, ledit Boffille prinst deffense, disant que à tort et mauvaise cause ledit Julio l'avoit acusé. Et pour monstrer son innocence, franchement et liberallement accepta le gaige de bataille, [et] se tira par devers le roy, luy suppliant humblement que son plaisir fust le recepvoir et admettre à deffendre sa juste querelle par bataille à oultrance contre ledit Julio, [et,] en acceptant la judicature, donner seureté et saufconduit audit Julio, demandeur et convocant en laditte matere de gaige de bataille, de venir faire ses armes et s'en retourner seurement et saulvement en son pays. Ce que le roy octroya; et ausdittes parties fut assigné journée à comparoir pardevant le roy, en la ville de Paris, en la place de Grève, armées et garnies suffisanment pour faire leursdittes armes, au xxvf jour du moys de décembre oudit an mil IIIPLXXV.

Et, pour ce que ledit Julio n'estoit point natif du royaulme de France, par quoy il eust peu faire difficulté de se comparoir, ainsi que tenu y estoit, le roy délivra ses lettres patentes de saufconduit, qui furent portées audit Julio, pour luy et pour tous ceuix qu'il vouldroit amener en sa compaignie, de quelque estât, qualité, nation ou condition, et en quelque abillement qu'ilz fussent. Et aussi, pour ce que le roy ne peult estre en personne à laditte journée, y commist et ordonna Mons. le conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France, pour y estre et assister comme lieutenant du

roy. Lequel pour éviter arrogance et pour y besongner plus seurement, sans encourir pour ce l'iudignacion des seigneurs, et avant que laditte journée escheust, en voult bien avoir leur délibération, et mesmement de Mons. de Loheac, mareschal de France, lequel luy envoya son advis par ses lettres telles qu'il s'ensuit :

« Mons. le grant maistre, je me recomande bien fort à vous tant et de si bon cueur comme je puis. J'ay receu les lettres que m'avés escriptes et oy ce que le prevost m'a dit. Et, au regard de ce que m'escripvez que messire Julio de Pise a refusé le saufconduit du roy, disant estre suspect, et que messire Albertin dict qu'il est au deffendeur d'eslire tel juge qu'il luy plaira (laquelle chose ne croyés pas si ne voyez au contraire meilleur oppinion), Mons. le grant maistre, j'ay veu trois ou quatre gaiges devant moy de foy mentir et aussi de rompture de saufconduitz, mais les demandeurs venoient tousjours requérir la raison au capitaine à qui estoit le deffendeur. Et par meilleur raison, comme il me semble, ledit Julio la devroit demander au roy de messire BoffiUe, puisqu'il est son serviteur. Et me semble que devriez avoir la somation que messire Julio a faicte audit messire BoffiUe, et pareillement la responce que a faicte ledit messire BoffiUe sur ladicte sommation.

« Aussi, moy estant à Laval, André Trolop et Jacques de Guité entreprindrent de faire armes à oultrance devant moy ' ; à quoy je leur baillé jour auquel ilz se trouvèrent tous deux. Et moy estant en mon siège et les dessus nommez ou champ tous armés, et jà ledit Trolop descouvert de sa tente,

\. Ce duel eut lieu sous le règne de Charles Vil, après 1439, année où Lohéac fut créé maréchal de France. Cet André TroUop, célèhre capitaine anglais, qui fut tué à la bataille de Towton le 29 mars 1461, était un champion émérite que M. Favre nous a montré à Sablé, en 1431, combattant en champ clos un chevalier français devant Jean de Bueil (Introd. au Jouvcncel, t. I, p. xxxvni). Le Breton Jacques de Guitté était, croyons-nous, seigneur de Beaumont (Anselme, vn, 525).

garny de toutes ses poinctes, et bastons prestz à assembler, entra oudit champ Lo}s de Clere, lequel se mist à genoulx devant moy, me requérant justice et me disant : « Monseigneur, voicy André Trolop qui n'est homme digne de combatre Jacques de Guy té qui cy est, car je l'ay prins et ay eu sa foy , laquelle il m'a mentie. Et, s'il veult dire le contraire, je suis prest à le combatre devant vous. Et sur ce, ledit André, qui avoit avec luy du meilleur conseil qui fust lors de son' en noz marches, c'est assavoir Aubert de Montfort, Mondonnet Bonade et autres notables hommes, et par leurs advis et délibération me demanda congé de luy respondre, lequel je luy donné. Et dist : « Loys, je suis cy sur le saufconduit de Mons. le mareschal, embesongné pour acomplir les armes entreprinses et ne pensoie point en vous. Et pour ce je vous faitz responce que si aucunes choses avés à me demander, que quant vostre plaisir sera de vous trouver en mon party et devant mon juge et que vous m'en accuserez que vous y respondre ainsi que en tel cas ung gentilhomme doit faire et en façon que, au plaisir de Dieu, mon honneur y sera bien gardé. Et lors, par l'advis de Mons. de Bueil, Loys de Bueil^ et autres notables gens là presens, je en envoyé ledit Loys de Clere, et furent lesdictes armes acomplies, et luy fut dict par l'advis des dessusdits que je n'estoie pas son juge en cest endroit. Par quoy je vous advertiz de ces choses affin que y avisez, priant Nostre Seigneur qui soit garde [de] vous. Escript à Ponthoyse, le xmi^ jour de décembre.

« Et en la soubscripcion estoit escript : « Le tout vostre, le sire de Loheac, de Lanvaulx, de Guergorlay, mareschal de France. » Signé : « André de Laval. » Et au dos desdictes lettres : « A Mons. le grant maistre de Chabanes. »

Et audit jour xxvi^ de décembre, qui estoit assigné ausdittes parties, ledit grant maistre, comme lieutenant du roy,

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