‹ JournalChapitre 135 sur 178 · Jean V, seigneur de Bueil, et son frère Louis · texte numérisé non relu

Jean V, seigneur de Bueil, et son frère Louis

se trouva en personne en laditte ville de Paris et place de Grève, en laquelle estoient ordonnés et faictes lices convenables pour les parties pour faire leurs armes à oultrance, echafifaulx pour ledit grant maistre et autres notables personnes, gens en armes commis et députés pour gardes, et autres choses neccessaires pour faire faiz d'armes. Et icelluy grant maistre venu en laditte place, environ l'eure de mydi, trouva joignant de l'entrée desdittes lisses, du costé dextre, ledit Boffille de Juge, defifendeur, armé de toutes pièces, une dague pendant à sa saincture, et tenant une hache d'armes entre ses mains, acompaigné de plusieurs officiers d'armes, de sa baniere, d'un herault portant sa cotte d'armes, et plusieurs chevaliers et escuiers de diverses nations, qui illec estoient venuz pour l'acompaigner. Auquel grant maistre, illec séant en son siège et représentant la personne du roy , ledit Boffille dist et exposa qu'il estoit illec venu et comparu armé de ses armes, prest d'entrer esdittes lisses pour deffendre sa juste querelle à l'encontre dudit Julio de Pise, et monstrer et prouver de son corps que faulsement et mauvaisement icelluy de Pise l'a voit accusé.

Et, après laditte heure de midi passée, ledit Julio de Pise fut deuement convoqué et appelle par le commandement dudit grant maistre, par Normandie, roy d'armes des pays de Normandie, par trois diverses foys. Et pour ce qu'il ne vint ni comparut, et aussi que les excusations qu'il avoit envoyées de non y venir furent declairés inadmisibles et non recepvables, ledit Boffille demanda deffault. Et, après que icelluy Boffille eut attendu jusques après soleil couchant et que les estoilles apparissoient au ciel, sans soy despartir et estant tousjours en armes, ainsi que dict est, ledit grant maistre luy donna deffault à l'encontre dudit Julio de Pise, et pour luy en adjuger tel prouffit que selon raison et le droit des armes luy en appartenoit, renvoya ladicte matere pardevant le roy pour en faire et ordonner ainsi que faire se devroit.

Et, le viir jour de janvier ensuivant, le prouffit dudit

deffault fut par le roy en son Grant Conseil, ouquel estoient plusieurs princes et seigneurs du sang, prelatz, chevaliers de l'ordre et autres chevaliers, escuiers et gens de justice, adjugé audit Boffille, tel que faulsement et mauvaisement ledit Julio de Pise avoit accusé et appelle à droict d'armes ledit BoflSlle de Juge [et] que icelluy Boffille s'en estoit loyatilment acquitté et deffendu à son grant honneur. Et partant fut absoubz de ladicte accusation contre ledit Julio comme homme vaincu, reproché de honte et diffamé de son injuste querelle et deffaillant à son honneur i.

CXXXII. — (Clair. 481, fol. 424,1. 6. Chron. scand., ci-dessus, p. 6.) — Nouvelles comme le duc de Bourgoigne recommença par sa grande follie à faire la guerre à tort et sans cause aux Suisses, ses bons prochains voysins, qui estoient ceulx dont il povoit avoir grant secours pour les affaires de la guerre. . .

CXXXIII. — (Clair. 481 , fol. 425, 1.11. Chron. scand. , ci-dessus, p. 8.) — Tourner en fuyte. Et estoit avec luy ung fol que on nommoit le Glorieulx, qui luy disoit en s'enfuyant, pour ce qu'il avoit estimé Hanibal preudz et vaillant homme; et ledit Glorieulx luy respondit : « Monseigneur, nous sommes aujourduy bien haniballez...

CXXXIV. — (Clair. 481, fol. 426, 1. 9. Chron. scand., ci-dessus, p. 10.) — Le duc de Nemours, pour ce qu'il avoit faulsé son serment encontre le roy, car, combien qu'il eust promis et juré à Mons. le grant maistre, estant lieutenant du roy es pays d'Armignac, Rouergue, Languedoc et pays voysins, de bien et loyaulment servir le roy et luy estre bon et loyal sans luy faire aucune faulte ne à la couronne de France ; mais non obstant, icelluy duc de Nemours n avoit aucune' chose tenu desdittes promesses, pour quoy le roy avoit

1. Ainsi que l'a fait observer M. Perret, ce récit n'est que la reproduction des considérants des lettres délivrées par Louis XI en faveur de Boflile de Juge, en date du Plessis-du-Parc-lès-Tours, le 8 janvier 1475, v. st. [Boffile de Jiuje et la République de Venise. Toulouse, Privât, in-8°, p.~ 19).

envoyé ledit seigneur de Beaujeu avec grant quantité de gens de guerre assiéger icelluy duc de Nemours, qui lors estoit à Cariât^

GXXXV. — (Clair. 481, fol. 427,1. 17. Chron. scand., ci-dessus, p. 12.) — Par ses foies obstinations et qu'il estoit plus garny de cueur que de sens.

CXXXVI. — (Clair. 481 , fol. 427, 1. 24. Chron. scand. , ci-dessus, p. 13.) — Ville de Strdbourg. Et ce qui le meult plus à ce faire fut pour la trêve qu'il avoit avec le roy , espérant que par la fin d'icelle il tumberoit en queque bon appoinctement.

GXXXVII. — (Clair. 481, fol. 429, 1. 19. Chron. scand., ci-dessus, p. 15.) — Rencontre de Montlehery. Lequel seneschal fut celluy qui dist au roy, ainsi que aucuns veuUent dire, quant le roy luy donna une belle petite haquenée, sur quoy il estoit monté : « Mons. le seneschal, que vous en semble, n'esse pas icy une belle haquenée et bonne? » Lequel respondit que oy^.

CXXXVIII. — (Clair. 481. fol. 430, 1. 25. Chron. scand., ci-dessus, p. 17.) — Où il avoit ai^isi esté murdry. Et disoit on qu'il faisoit porter à ses gens le dueil habillez de verd.

CXXXIX. — (Clair. 481, fol. 431, 1. 21. Chron. scand., ci-dessus, p. 20.) — Qui se sauvèrent. Et entre autres y fut tué ung nommé Jaques du Matz, homme très hardi et vaillant gentilhomme, qui ne voulut onques tourner le dos à ses ennemys ne rebourser^. Et après son trespas, tous ses biens, qui n'estoient pas petis, furent envoyés à son frère Jehan de Matz, chambellan de Mons. de Beaujeu, conte de Clermont^.

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