‹ JournalChapitre 140 sur 178 · Orig. à la Bibl. nat., ms. fr. 2913, fol · texte numérisé non relu

Orig. à la Bibl. nat., ms. fr. 2913, fol

368 INTERPOLATIONS ET VARUNTES

et remissions que le roy luy avoit faitz et tout ce qui faisoit à veoir et conciderer en ceste partie, il sera dict que laditte court a declairé et declaire icelluy Jaques d'Armignac estre crimineulx de crime de leze majesté, et comme tel l'a privé et prive de tous honneurs, biens, grâces, pardons et remissions que le roy luy avoit faitz et prérogatives, l'a condempné et condempne à recepvoir mort et estre décapité et exécuté par justice, et a declairé et declaire icelle court tous et chacuns ses biens estre confisquez et appartenir au roy *. »

Et, alors que laditte sentence fut donnée, fut envoyée au roy par laditte court, ensemble unes lettres missives que ledit de Nemours luy escripvoit, desquelles la teneur s'ensuit :

« Mon très redoubté et souverain seigneur, tant et si humblement que faire puis ne sçay, me recommande à vostre grâce et miséricorde. Sire, j'ay faict à mon povoir ce que par Mess''* le chancellier, premier président, Mons. de Montagu et visroy-, vous a pieu me commander, car, pour mourir, ne vous veul désobéir ne desobeiray. Sire, ce que leur ay dit me sembloit que dévoie dire à vous et non à autre, et pour ce vous supplie qu'il ne vous plaise en estre mal content, car riens jamais ne vous veulx celer ne celeray. Sire, en toutes les choses dessusdittes j'ay tant mespris envers Dieu et envers vous que je voy bien que suis perdu, si vostre grant grâce et miséricorde ne si estend, laquelle, tant et si très humblement et en grant admertume et contriction de cueur que je puis, vous supplie et requier, en l'onneur de la benoiste passion de Nostre Seigneur Jesu Crist et mérites de la benoiste vierge Marie et des grans grâces qu'ils vous font, plaise vous me la m'octroier libéralement et donner. Sire, ce seul pris a racheté tout le monde, je le vous présente pour la délivrance de moy, povre pécheur, et entière abolition et grâce. Sire, pour les grans grâces qui

1. Noyon, 10 juillet 1477. Ce texte est emprunté au Procès du duc de Nemours (ms. Sainte-Geneviève, L^ , fol. 481).

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