‹ JournalChapitre 143 sur 178 · Béthune, auj. ch.-l. d'arr. du dép. du Pas-de-Calais · texte numérisé non relu

Béthune, auj. ch.-l. d'arr. du dép. du Pas-de-Calais

3. Golart, seigneur de Mouy ; Jacques de Luxembourg, seigneur de Richebourg; Jean Chenu, capitaine de gens d'armes; Pierre Blosset dit le Moine, seigneur du Mesnil-Mauger (Anselme, VIII, 91, et Commynes-Dupont, I, 363, note).

4. On remarquera que cette lettre est adressée non pas, comme

Et devez sçavoir que, quant le roy avoit baillé la charge dudit Quesnoy audit grant maistre et qu'il luy en avoit baillé la garde, icelle place estoit en très petite valeur, et aucuns ses ennemys, querans et desirans sa destruction, pourchassèrent vers le roy de le faire mettre en icelle place. Et, pour ce, luy de ce adverti, dist au roy telles paroUes ou en substance : « Sire, il y a longtemps que je usé premier du mestier des armes; mais, grâces à Dieu, je ne suis point si depourveu de sens que je n'entende bien que ceste place est de petite value, et ne faitz nulle doubte que, à la requeste de mes ennemys, lesquelz ne vous pourroient ne vouldroient et sçauroient faire le service que je vous sçauroye bien faire, vous m'en baillez la garde. Touteffoys, au plaisir de Dieu, je la garderay si très bien qu'il vous sera besoing de m'escripre à qui vous vouldrés que je la délivre. » Et luy, estant en icelle, la fist très bien reparer, fortiffier et mettre en bonne valeur et deffense.

Audit temps, le roy, estant en l'abbaye Nostre Dame de la Victoire près Senlis, luy fut présenté par Philebert Babute, lors gouverneur de Dampmartin, Jehan de Chabannes, filz dudit conte de Dampmartin, seigneur de Saint-Fergeau, lequel le roy voulentiers le receut en son service

CLVIII. — (Clair. 481, fol. 468, 1. 29. Chron. scand., ci-dessus, p. 63.) — Estaient à réduire. Au temps dessusdit, advint que aucuns de la ville du Quesnoy cuiderent livrer la ville, dont avoit la charge le grant maistre de France, aux Bourguignons; dont icelluy grant maistre fut adverti, fist prandre et appréhender ceulx qui faisoient laditte trayson et eu fist faire la pugnition telle que au casappartenoit, et en escripvit au roy en ceste manière :

« Sire, le plus humblement que je puis, me recommande à vostre bonne grâce. Et vous plaise sçavoir que, puis cinq

l'a dit rinterpolaleur à la page précédente, à Antoine de Dammartin, mais a Jean d'Estouteville, seigneur de Briquebec, et à ses compagnons.

OU six sepmaynes en ça, plusieurs des gens de Jaques Gallyot ' se sont venuz rendre en ceste ville. Et, entre autres, il en vint dernièrement ung qui, faignant de soy venir rendre, venoit icy pour veoir quel nombre de gens il y avoiten ceste ville, et pour congnoistre la conduicte des gens d'armes et delà ville; et, cela fait, s'en devoit retourner devers ledit Gallyot pour le luj- declairer. Et, pour ce que j'en feuz adverty par ung de ses corapaignons, je le feiz prendre et incontinent faire son procès. Il congnut le cas et accusa ung homme de ceste prevosté, qui alloit et venoit souvent en ceste ville et qui y a voit ses amys, lequel je feiz prendre semblablement et faire son procès. Il congnut de son bon gré, sans force, que ung nommé Prudence, qui est lieutenant dudit Galyot, avoit marchandé à luy à une somme d'argent qu'il lui devoit donner pour mettre le feu en ceste ville, et le devoit advertir du jour qu'il le pourroit faire; auquel jour ledit Galyot et ledit Prudence, son lieutenant, au plus grant nombre de gensqu'ilz eussent peu assembler, se dévoient trouver devant ceste ville à l'eure que le feu y devoit estre mis. A ceste cause, leur procès fait et le cas par eulx congneu, j'en feiz depescher le pays- et leur ay fait coupper les testes et mettre en quatre quartiers.

« Le fait dudit Galyot est peu de chose par deçà, car la pluspart des gens qu'il avoit ont esté thuez les ungs, et les autres se sont venuz rendre, et encores il y a qu'il en a esté prins vingt chevaulx devant Valenciennes. Et a esté luy mesmes depuis peu de temps fort oultraigé, rebouté et

1. L'Italien Jacques Galiot ou Galeotto, déjà mentionné plus haut, avait servi le duc de Calabre pendant la guerre du Bien Public. Il passa au service du duc de Bourgogne et, au siège de Neuss, commandait une bande de mercenaires italiens. Galiot fut tué le 28 juillet 1488 à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier.

2. Quicberat voudrait ici le payement. La minute de cette lettre, dont nous avons adopté le texte de préférence à celui fourni par le ms. interpolé, porte bien jmys (Bibl. nat., ms. fr. 2913, fol. 90, sans la date du mois). Il faut entendre despescher dans le sens de débarrasser (voy. Dict. de l'anc. langue française).

rechassé dedens la ville et fort blecé. Il n'est pas à Valenciennes, et dit ou qu'il est allé devers le duc d'Autriche et qu'il a eu congié de s'en aller. Bientost vous saurez nouvelles de ce qu'il en sera. Sire, je prie à Dieu qu'il vous doint bonne vie et longue. Escript au Quesnay, le xxvi® jour de décembre. » Soubscriptez : « Vostre très humble et très obéissant subgect et serviteur, Anthoine de Chabannes. » Et au dos : « Au roy, mon souverain seigneur. »

En icelluy temps et durant que le conte de Darapmartin, grant maistre d'ostel de France, estoit au Quesnoy, dont il avoit la charge, aucuns gens d'armes de la garnison de ce lieu prindrent quatre Alemans de la garnison de Valenciennes, lesquelz furent mis à finance, et, après leur rançon payée, firent le serment au roy et promisrent de livrer aux gens du roy une place nommée Archies ' , laquelle estoit petite, mais bien forte et defensable, assise sur la rivière de l'Escau, entre Mons et Valenciennes, et estoit bien nuysable à ceulx de Valenciennes pour ce que c'estoit une clef par où leurs vivres venoient en laditte ville de Valenciennes. Et, pour fournir à laditte entreprinse, ledit grant maistre y envoya le seigneur de Montfaucon et Jehan de Maleret et environ deux cens combatans, lesquelz entrèrent en laditte place et prindrent le serment des Alemans et gens qui estoient dedans.

Et, après laditte prinse, lesdits capitaines et gens de guerre s'en retournèrent au Quesnoy, et en leur chemin trouvèrent messire Philippe de Ravestain, Jaques Galiot, le bailly de Henault et autres jusques au nombre de iiii mil combatans qui leur avoient coppé le chemin, cuidans les deffaire , mais lesdits seigneur de Montfaucon et sa compagnie, voyans leurs [ennemis] devant eulx, prindrent couraige et frappèrent dedans eulx et passèrent oultre, malgré que lesdits ennemys eussent. Et y firent si bien et si vaillamment qu'il fut tué bien iiii'^'' hommes desdits Bourgui-

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