Hennin, loc. cit
du côté de Paris, cherchent à gagner du temps et ne bougent pas. Le mouvement des arbalétriers est suivi par Saint-Pol, tandis que le comte de Gharolais et les autres princes et seigneurs demeurent à pied auprès de Tartillerie et du charroi, dont ils ne se sont pas écartés depuis le matin. Les archers de Saint-Pol marchent devant, mais, abîmés par la chaleur, épuisés par la faim, gênés par les blés encore debout, ils ne peuvent avancer du même pas que les hommes d'armes qui les suivent et qui, en dépit des ordres reçus, dédaignent de faire halte par deux fois « pour donner alaine aux gens de pied '. » Cependant les hommes d'armes français, dont Tardeur est exaspérée par une longue inaction et par les provocations de l'ennemi, commencent à perdre leur sang-froid. En petit nombre d'abord, ils débordent par les deux extrémités la haie qui les couvre et couchent leurs lances. Cette vue excite les cavaliers de Saint- Pol qui, n'écoutant plus rien, bousculent leurs propres archers et leur passent sur le corps « sans leur donner loisir de tirer ung coup de flèche, » rompant eux-mêmes « la fleur de leur armée-. » Ils s'élancent ainsi vers la coUine, repoussant devant eux les Français, et une lutte sérieuse s'engage sous les yeux mêmes du roi Louis XI, arrivé au Mont vers dix heures avec sa « bataille^. » Voyant son avant-garde ramenée, Louis n'y peut plus tenir et, se jetant en avant, il s'élance sur les Bourguignons qu'il rompt « à plate couture. » Dévalant la pente après eux, ses hommes d'armes se précipitent comme un torrent dans la plaine et, franchissant la « haie » et le fossé, se ruent sur l'artillerie et le charroi des Bourguignons que, pour la raison qu'on va dire, ils trouvent presque dépourvus de défenseurs, tandis que Saint-Pol et ses compagnons courent chercher un refuge dans les bois à près d'une demiheue de là"*. Quelques-uns d'entre les hommes de pied se