Rapport cité de Guillaume de Torsy
4. Commynes, éd. Dupont, I, 39. Cf. Lettre de Jean de Créquy et de Jean, bâtard de Saint-Pol, au duc de Bourgogne, d'Etampes, le 19 juillet 1465, impr. par Kervyu de Lettenhove dans Lettres et négoc. die Ph. de Commynes, t. I, p. 50-53, note. 11 existe encore à
rallièrent autour du charroi , mais nombre de cavaliers , de ceux qui avaient chargé avec l'avant-garde, n'y trouvant plus leurs camarades du corps de bataille, se crurent abandonnés et se sauvèrent à toute bride par la route qu'ils avaient prise en venant. Il en fut qui s'enfuirent jusqu'au pont de Saint-Cloud et revinrent plus tard; d'autres coururent plus loin encore, jusqu'à Pont-Sainte-Maxence et au Quesnoy ^ .
Qu'était-il advenu pendant ce temps du comte de Charolais et de ses compagnons demeurés a la garde de Fartillerie? Convaincu que la déroute de Pavant-garde française allait entraîner tous les royalistes, Charolais oublie ses propres instructions, se jette sur un cheval et crie aux siens d'en faire autant. Laissant le Mont à gauche, il s'élance sur la route d'Orléans, dans l'espoir de couper la retraite à ses adversaires. C'est ce mouvement, sans doute, qui détermina la fuite du corps de Charles du Maine qui était demeuré en arrière de l'armée royale. Suivant la coutume féodale, se croyant assuré de la victoire et oubliant tout pour ne songer qu'à « chasser » et à faire des prisonniers de valeur, Charolais courut droit devant lui jusqu'au moment où le seigneur de Contay réussit enfin à Tatteindre, et lui fit comprendre, non sans peine, que les Français s'étant ralliés, la retraite lui serait infailliblement coupée s'il ne se hâtait de rebrousser chemin. Charles n'avait plus avec lui qu'une centaine de chevaux; tournant alors autour du château, il se trouva au milieu d' « une flotte de gens de pied qui fuyoient. » Chargés impétueusement, ces Français se défendirent si bien que l'un d'eux faillit tuer le comte d'un coup de vouge et le blessa, légèrement d'ailleurs, à l'estomac-, Charles se dégagea et continuant sa course passa devant la porte du château où il constata, non sans surprise, la présence des archers de la garde du roi qu'il croyait déjà bien loin sur la route d'Orléans ^ Il fut ébaiii, dit un témoin, de les
2 kil. 1/2 au nord de Montlhéry, dans la direction de Paris, un village dit la Ville-du-Bois, mais le bois a disparu presque entièrement.
1. Du Clercq (IV, 168) estime qu'un tiers des gens du comte de Charolais commença par s'enfuir. Cf. Hennin, loc. cit., 432; Coinmynes, éd. Dupont, I, 45.