Lettre citée de Jean de Groy, etc
voir là, croyant « avoir tout gagné et si tourna à costé pour gaigner le champ * . »
Voici ce qui s'était passé de ce côté. Au moment où Charolais s'était lancé à la poursuite des Français, il avait ordonné à une grosse troupe d'archers et à un certain nombre d'hommes d'armes de demeurer là pour défendre le charroi et l'artillerie. Mais, soucieux avant tout de butin, ces gens, voyant que leur seigneur avait chassé les Français jusqu'au village, abandonnèrent leur poste pour courir après lui. C'est alors que les gens du roi, qui avaient rejeté Saint-Pol devant eux à travers la plaine, vinrent au retour se ruer sur les archers abandonnés, en firent un carnage et coururent au charroi. Mais ils trouvèrent à qui parler, car, tandis qu'ils pillaient, les goujats qui gardaient les bagages se rallièrent, enfermèrent leurs agresseurs dans l'enceinte des chariots et en assommèrent un grand nombre à coups de maillets de plomb. Ceux qui s'échappèrent reprirent leur course vers Montlhéry, mais, tombant en route sur Charolais et sa bande, qui revenaient vers le camp, se firent massacrer à leur tour. Il y avait là quinze à seize hommes d'armes qui vendirent chèrement leur vie. L'écuyer tranchant du comte de Charolais, Philippe d'Oignies, bailli de Courtrai, qui portait son guidon, fut tué à ses côtés et le comte lui-même, ayant dans sa course perdu sa bavière, reçut un coup d'épée à la gorge. Il allait être pris, lorsqu'il fut dégagé par le fils d'un médecin de Paris, un certain Jean Cotereau ou Jean Cadet, qui, monté sur un grand et lourd cheval, se jeta sur les assaillants et les dispersa^. Le comte alors rallia ses gens derrière les chariots qu'il fit ranger devant eux, tandis que les Français se retiraient derrière le fossé à la place même qu'ils avaient occupée le matin. Il était sept heures du soir, et « nul ne desiroit plus combattre^, » si bien que, « des deux parts, on demeura sans guieres exécuter du mestier de la guerre "' » jus-