‹ JournalChapitre 164 sur 178 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

qu'au coucher du soleil. A ce moment, dit encore Communes, qui était à côté du comte de Charolais, « nous n'avions l'œil qu'à fuyr... et veiz l'heure qu'il n'yavoit pas cent hommes', » et il ajoute que quarante lances survenant d'un côté ou de l'autre eussent décidé du sort de la journée. Comment, après cela, ne pas s"indigner avec Louis XI contre les commandants de la garnison de Paris qui n'exécutèrent pas la sortie qu'il avait ordonnée et qui se bornèrent à ramasser les fuyards de l'armée bourguignonne-?

Quel avait été le rôle personnel de Louis XI pendant cette mémorable journée? Au moment où son avant-garde s'était mise en retraite, il avait par deux fois chargé vaillamment avec sa « bataille » et s'était battu en brave. Le bâtard de Bourgogne tua le cheval du roi « et l'eust mis à fm » sans les archers qui le remontèrent. « Le roy, » dit Maupoint, (( ce jour feist grans proesces, tant en raliant ses capitaines et gens d'armes par trois reprises comme en combatant de sa personne, en quoy il eust très grand honneur ; » et Gommynes : « Si n'eust esté luy, tout s'en fust fuy » (I, 45). Ces témoignages ne laissent aucun doute sur la valeur du roi, mais il n'est pas aisé de préciser à quels moments précis l'intervention de Louis XI se fit si utilement sentir. Il est certain qu'à l'instant où le comte de Charolais passa devant la porte du château, le roi s'y était renfermé, mais il semble bien qu'il dut en ressortir à la fm de la journée, à un moment où les siens, ne le voyant plus au milieu d'eux et le croyant tué, faisaient mine de prendre la fuite.

Quand Charolais eut réussi à rallier son monde auprès du charroi, on vit « incontinent saillir le comte de Saint-Pol du bois où il avait pris refuge. » Il traversa au pas la plaine couverte de morts et de blessés^, faisant ramasser des lances par ses hommes désarmés pour la plupart depuis leur fuite précipitée. Il opéra ainsi sans difficulté sa jonction avec le comte de Gharo-

Page 1