‹ JournalChapitre 52 sur 178 · Vendredi saint, 16 avril 1462, n. st · texte numérisé non relu

Vendredi saint, 16 avril 1462, n. st

5. Locution affirmative, usitée encore au xvii« siècle (Godefroy, Dictionn. de l'ancienne langue française, \° mon).

voulenté morte envers vous. » Mais le roy luy fist response de deux choses l'une, c'est assavoir lequel il aymoit mieulx justice ou miséricorde? Et il luy respondit : « Sire, j'ayme mieulx justice. » Et alors le roy dist : « Je vous bannys de mon royaulme. » Et, pour s'en aller, le roy luy donna douze cens escus ^ , qui luy furent délivrés par les mains de monseigneur de Comminges, qui l'avoit fait entrer dans la chambre du roy.

Et après que ledit conte eut ouy la response du roy, il s'en alla es Allemaignes, où il fut grant espace de temps et jusquez à ce que ung nommé maistre Jehan Vigier, nepveu dudit conte, qui depuis fut esvesque de Lavaul par le moyen dudit conte ^.. Et envoya ledit Vigier ung saufconduit audit conte pour soy venir rendre en la Consiergerie pour estre purifié des charges à luy imposées, à cause qu'il estoit desjà cryé à ban parle royaulme, à la requeste de ses haigneuxet malveillans. Et aussi la pluspart de ses amys, ausquelx il avoit fiance et qui luy pourroient ayder, luy mandèrent qu'il devoit venir pour soy justifier, et qu'ilz luy ayderoient à soubstenir son bon droit ; lesquelx, entendant le neu de la matière, luy mandoient qu'il n'y avoit point de cas en luy pourquoy il deust mourir et qu'il ne s'en justifiast bien par bonne justice. Et quant ledit conte sceut les nouvelles, comme soy pensant estre pur et innocent de tous crimes, espérant que justice et raison luy seroit faite, se vint rendre en la Conciergerie du Palais, à Paris, non obstant que ce fust contre le gré d'aucuns de ses amys, pour ce qu'ils savoient que ses ennemys a voient grant auctorité envers le roy, lesquelx injustement l'avoient accusé. Et demanda ledit conte, pour commissaire à le mener en laditte Conciergerie, le lieutenant du bailly de Lyon, ce qui fut fait; et passa par Thoucy, auquel lieu il manda aller vers luy Loys du Solier et Voyau, auquelz il parla de ses affaires, et leur charga qu'ilz se ren-

1. Lisez ce7it vingt (Hist. de la maison de Ghabannes, II, 74 et suiv.).

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