‹ JournalChapitre 72 sur 178 · Le duc de Bretagne · texte numérisé non relu

Le duc de Bretagne

mours qu'il parlast à monseigneur du Lau et qu'il le trouveroit presfc à entendre auditez matières; ce que ledit de Nemours ôst, et conféra de ceste raatere audit du Lau par plusieurs fois et en plusieurs lieux, et le trouva prest d'y entendre ; et conclurent ledit de Nemours, patriarche et du Lau d'exécuter laditte matière, mais ce seroit en telle façon qu'ilz auroient l'auctorité et gouvernement par la plus doulce voye qu'il pourroient. Mais il ne parfirent point laditte exécution, pour ce que le roy s'en partit hastivement et s'en alla au long de la rivière de Loyre. Et furent lesdittes parolles tenues tant en la chambre du roy, à Aigueperse, que aillieurs ; et, touchant ceste matière, qui estoit de grant importance, n'en fut par ledit du Lau parlé si clerement qu'il fut à la fin délibéré d'exécuter laditte forme de faire.

Et ce qui mouvoit ledit du Lau de ce faire estoit, comme l'on disoit, pour confermer son estât et son fait et pour tousjours demourer en son entier; et asseura ledit de Nemours de sa compaignie. Et, pour parvenir à leur fin, avoient délibéré de remonstrer au roy le dangier de luy et de son royaulme et de luy offrir le servir loyaument et de le mouvoir de luy faire [faire] le serment par les cappitaines et de luy obeyr, et, ce fait, démener le roy en quelque bonne ville de son royaulme; et eussent mandé aux seigneurs que ilz l'avoient, et leur eussent escript que, sans armée, ilz fussent venuz pour besongner es matières dont dessus est parlé, et qu'ilz fissent retraire leurs gens d'armes; et eussent fait venir les plus agréables au roy pour les contenter et leur aider à faire contenter les autres. Ledit du Lau honnoura mal [son] veu, quant il voulut mettre en servitude le roy et qui tant luy avoit fait de biens et honneurs. Et est à noter que, [de] ceulx qui se meslerent de ceste matière, les aucuns en moururent confez et repentans ; et avoit le patriarche mal retenu ung proverbe qui se dit en basque, qui s'ensuit : « Reguia contraqeue ereua, » c'est-à-dire : « Qui se rebelle contre le roy est foP. » Et dit outre ledit du Lau audit

\. Il faut lire : « Reguia contracoua eroua » et traduire mot à

de Nemours qu'il ne se souciast point de monseigneur du Maine, qu'il luy feroit avaller sans ce qu'il s'en aperceust.

X. — (Clair. 481, fol. 65i, 1. 4. Chron. scand., t. I, p. 51.) — Et autres menues places . Et emmenèrent avec eulx Jehan de Chabannez, filz du conte de Dampmartin, quiestoit jeune enfant environ de l'aage de troys ans, et sa seur nommée Jehanne"; lesqueulx le duc de Bourgoigne rendit depuis audit conte de Dampmartin à Saint-Mor des Fossez, quant monseigneur de Berry s'i trouva. Et fist faire dessus sa robbe une croix Saint-Andri^...

(Clair. 481, fol. QQ, 1. 31.) Audit temps fut envoyé mettre le siège devant Saint-Morise, tenu et occuppé par l'adveu dudit conte de Dampmartin, lequel conte l'a voit justement prins comme à luy appartenant à bon et juste tiltre, pour ce que il [l'javoit acquis par decrect du temps du bon roy Charles septiesme, avecquez les autres terres de Puisaye, desquelles il donna vingt quatre mil escus ; et pour lors ne vailloient icelles terres que six cens livres de rente ou environ...

(Clair. 481, fol. 67, 1. 19.) Et, neuf jours après la prinse dudit Saint-Morise, qui avoit esté rendue par composition, le bastard Vigier, désirant recouvrer la perte que son maistre avoit faicte de sondit lieu et aussi pour garder que son honneur ne fust blessé, partit de nujt de Saint-Fergeau avecques quinze ou saize de ses compaignons et s'en revint audit lieu de Saint-Morise et se mist en embusche dedans les fossés, esquelz pour lors n'y avoit point d'eaue, puis trouva moyeu de entrer en ungne granche. Et, luy estans en icelle maison en embûche, arrivèrent en icelluy lieu troys ou quatre hommez de Montargis,

mot : « Le roi celui qui est contre [est] le fou. » Nous devons cette restitution à l'érudition obligeante de M. J. Vinson.

1. Miniature représentant les Bourguignons en train de brûler, aux portes de Lagny, les registres des aides.

2. Jeanne de Ghabannes épousa plus tard Roger de Beaufort- Canillac [Hist. de la maison de Ghabannes, t. II, p. 104).

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