La vallée d'Aure, dans les Pyrénées, à l'est du Bigorre
se fust par avanture trouvé es terres et limites de Mons. de Guienne, le roy lui a semblablement donné.
Item , fut réservé audit Coulonges la conté de l'Isle ^ à Mons. de Bourbon, à cause de mariage. Toutesfoys, ou cas qu'elle viendroit par retour au roj, le roy la lesseroit à mondit seigneur de Guienne.
Et, pour fournir à laditte emprise et povoir donné audit grant maistre, le roy luy bailla et mist soubz sa charge une bonne armée bien garnie d'artillerie et de tout ce qui y estoit nécessaire ^
Et ou moys d'avril, le xxvf, l'an mil IIIPLXIX, le grant maistre, usant de son povoir de lieutenant du roy et estant en la ville de Rodés, feist appeller pardevant luy les nobles du pays de Rouergue, qui se y présentèrent jusques au nombre de lxvi, ausquelz il fist faire le serment d'estre bons et loyaulx au roy et le servir envers et contre tous, de garder son bien et son honneur, de luy révéler et faire sçavoir son mal et son dommaige, avec autres choses en tel cas requises.
En ce temps, l'an mil IIIP LXIX, le roy fut averty que quelque mottion de guerre se faisoit en Bretaigne et pareillement en Bourgoigne ; et avoit le duc de Bourgoigne fait publier son mandement en ses pays pour amasser ses gens d'armes : dont le roy escripvit unes lettres au conte de Dampmartin, son lieutenant gênerai es pays de Rouergue et pays de par delà, dont la teneur s'ensuit :
« Mons. le grant maistre, je vous envoyé le double des mandemensque Mons. de Bourgoigne a faitzen ses pays; et est le tout par l'advertissement qu'il a eu de Bretaigne par le moyen du seigneur de Lescun. Et vous asseure que, s'il me
1. C'est du 17 mars 1460 (v. st.) que sont datées les lettres par lesquelles Charles VII lit don à son gendre Jean II, duc de Bourbon, du comté de l'Isle-en- Jourdain (auj. dép. du Gers), confisqué sur Jean V, comte d'Armagnac (Beaucourt, Hist. de Charles VU, t. VI, p. 349).
2. Cf. Louis XI, Jean V cC Armaqnac et le drame de Lectoure, ouvr. cité, p. 18.
veult riens demander, je me deffendré bien et ne vous requerray de cest an de me venir secourir. Toutesfois, je vous prie que vous mettez peine de avoir prompteraent Lestore, car en ce faisant vous chevirès bien toust du demourant, et vous prie que souvent vous me rescripvés de voz nouvelles. Aussi j'ay escript à Mons. le gouverneur de Rossillon *■ qu'il se viengne joindre à vous et que je vous ay fait mon lieutenant gênerai en ceste armée, et que je veul qu'il vous obeysse comme à moy mesmez ; et de rechief luy en escriptz bien expressément, et qu'il se haste de se joindre avec vous et toute l'armée de par delà. Et, pour ce, je vous prie que de vostre part vous luy escripvez qu'il se haste de se y rendre, affin que abrégez à toute diligence, car plus grant plaisir ne service ne me pourries faire. Et à Dieu, Mons. le grant maistre. «Escript à Tours, le xf jour de novembre. Signé : « Loys; » et au dessoubz : « Toustain. » Et en la subscripcion : « A nostre très chier et aymé cousin le conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France et mon lieutenant gênerai en Rouergue, Gascongne et autres marches de par delà% »
Le conte d'Armignac, saichant que le grant maistre de France et lieutenant du roy alloit contre luy avec la grosse et puissant armée qu'il menoit, envoya le seigneur de Barbazan et autres en embassade devers le roy pour cuider rompre laditte armée et éviter qu'elle n'allast sur luy ; mais lesdits embassadeurs ne obtindrent riens à leur prouffist ne de leur maistre^, et en rescripst le roy audit grant maistre unes lettres, dont la teneur s'ensuit :
« Mons. le grant maistre, j'ay veu ce que par le seigneur de la Choletiere^ m'avez escript, aussi oy ce que m'a dit