C'est-à-dire : prendre patience (voy. Littré
ledit grant maistre, qui estoient telles que Mons. le grant raaistre n'estoit plus riens et qu'il estoit desposé de tous offices. Toutesfois icelluy grant maistre considérant que ledit injuriant estoit personnage de petit estimation, et la longue detencion de sa personne en prison, luy pardonna et ne voult point la sentence donnée contre luy estre [à] la rigueur mise à exécution.
LXXVI. — (Clair. 481, fol. 279, 1. 19. Chron. scand., 1. 1, p. 262.) — Voulenté du roy, qui en fut très mal content envers ledit duc. Et, incontinant qu'il en sceut les nouvelles, rescripvit au conte de Dampmartin, son grant maistre de France, unes lettrez missives, desquelles la teneur s'ensuit :
« Mons. le grant maistre, Mons. de Guienne a rendu les terres à mons. d'Armaignac et ne lui a pas encores rendu Lethore, mais il les lui doit rendre bientost. Pour ce, il me semble qu'il seroit temps d'exploicter le filz de Mons. de Fimarcon*. Et, se je povoye prandre Lethore, elle seroit mienne de bon gaing, et ne l'auroient jamais l'un ne l'autre, et seroit pour tenir tout en subgection.
« Mons. de Maillé est aujourduy arrivé, qui a laissé monseigneur de Guienne à Sainct-Sever malade de fièvres cartes ; et sont maintenant realiez le seigneur de Lescun et le gouverneur de La Rochelle contre madame de Thouars et le seigneur de Grantmont, et couche le seigneur de Grantmont avecques luy ; et le moyne est du costé du seigneur de Lescun et tasche monseigneur de Lescun à approucher mon frère de Bretaigne et de l'amener jusques à Xainctes. Je vous prie que se vous savez riens de nouveau, ad ver tissez m'en. Je raetz la plus grant diligence que je puis à assembler le reste de ce que je vous doy. Je vous prie que me mandez se vous avez receu ce que je vous ay envoyé et le reste que je vous doy encores, et je vous envoyeray le plus tost que je pour-
l. Sur Jacques de Lomagne, seigneur de Montagnac, fils d'Odet, seigneur de Fimarcon, voy. Louis XI, Jean V d'Armagnac et le drame de Lectoure, ouvr. cité, p. 32.
ray. Adieu, Mons. le grant maistre. Escript au Montilz, le xxii^ jour de décembre ^ »
LXXVII. — (Clair. 481, fol. 280, 1. 23. Chron. scand., 1. 1, p. 263.) — Dont il n estait riens, mais estoit seulement une fièvre quarte qu'il avoit, dont le roy estant au Montilz en eut les nouvelles, lesquelles il ôst sçavoir au grant maistre par unes lettres, dont la teneur s'ensuit :
« Mons. le grant maistre, mardi au soir je receu voz lettres dont je vous mercye tant que je puis. Se Bourré ne feust allé à sa mère qui est morte, vous eussiez desja les mille et cinq cens frans de reste, mais je l'attens icy d'icy à ung jour ou deux ; et, incontinant qu'il sera venu, je me acquiteray en la plus grant diligence que je pourray.
« Mery de Coué, le bicle, qui estoit à Mons. de Lescun, s'en est venu et a dit adieu au duc, par quoy je pense qu'il est instruit. Je luy ay dict qu'il se tensist en son hostel. Je vous envoie par escript ce qu'[il] m'a dit, qui se contrarye l'un à l'autre, et est langage tout forgé. Et, de ce qu'il charge Mons. le connestable, je m'en donne meilleur espoir que par avant.
« Madame de Thouars est morte, et ilz en ont amené à Jaune Mons. de Guienne, qui a les fièvres cartes. Il a fait faire serment à ses gens d'armes de le servir, nomméement contre moy ; mais il en y a aucuns qui ne l'ont pas voulu faire et s'en sont venuz ; et aujourduy s'en est venu le filz du seigneur de Damppierre. Je vous envoyé Jehan des Aulbuz, mon maistre d'ostel, auquel j'ay chargé vous parler plus au long de toutes choses. Je vous prie que le croiez de ce qu'il vous dira de par moy. Adieu Mons. le grant maistre.
1. Nous renvoyons pour l'annotation de cette lettre à M. Vaesen, Lettres de Louis XI, t. IV, p. 294-301. M. Vaesen s'est servi du texte original delà Bibl. nat., ms. fr. 2898, fol. 132, qui est généralement plus correct et plus complet que celui du ms. de Glairambault.
« Escript aux Montilz lez Tours, le xxix^ jour de décembre* [1471]. Signé : « Loys. » Et au dessoubz : « Tilhart. » Et au doz : « A nostre chier et amé cousin le comte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France'-. »
LXXVIII. — (Clair. 481, fol. 283, 1. 19. Chron. scand., 1. 1, p. 266.) — Dudit mariage. Et devez sçavoir que Mons. de Bourgoigne ne vouloit point mettre si legierement sa fllle hors de ses mains, pour ce qu'il entendoit bien que c'estoit le meilleur baston qu'il eust. Et, ung jour que ledit duc de Bourgoigne estoit en quelque lieu secret, l'un des princes et seigneurs du royaulme luy demanda quant il marieroit sa fille. Lequel duc luy fist responce que ce seroit mais qu'il fust rendu cordelier de l'Observance. Et qui vouldra sçavoir touchant ceste matière, il en est fait mencion au procès du connestable^.
LXXIX. — (Clair. 481, fol. 284, 1. 1. Chron. scand., 1. 1, p. 266.) — Av oit fait faire, dontcefut grantdommage. Audit temps, le roy, estant au Montilz lés Tours, eut nouvelles que monseigneur de Guienne estoit fort malade. Et du mesme jour en feit sçavoir ledit seigneur les nouvelles à Mons. le grant maistre par unes lettres missives, desquelles la teneur s'ensuit :
« Mons. le grant maistre, depuis les dernières lettres que je vous ay escriptes, j'ay eu nouvelles que monseigneur de Guienne se meurt, et qu'il n'y a point de remède en son fait, et le m'a fait savoir ung des plus privez qu'il ait avec luy.
!. Le ms. de Clairarabault porte, par erreur sans doute, octobre au lieu de décembre.
2. M. Yaesen a imprimé cette lettre sur l'original de la Bibl. nat., ms. fr. 2913, fol. 56, dans les Lettres de Louis XI, t. IV, p. 299-301. Geaune est actuellement dansledép. des Landes, arr. de Saint-Sever. Le rédacteur du manuscrit interpolé a substitué à ce nom de lieu, nous ignorons pour quelle raison, celui de Saint- Jean-d'Angeli.
3. Ce propos est effectivement rapporté au procès du connétable de Saint-Pol (Bibl. nat., ms. fr. 3869, fol. 32 v").
par homme exprès, et ne croyt pas, ainsi qu'il dit, qu'il soit vif à XV jours d'icy, au plus que on le puisse mener. S'il m'en vient autres nouvelles, incontinant les vous feray sçavoir.
« Le seneschal d'A-genès^ est icy. Je luy ay appointé son estât en manière que je crois qu'il est bien content.
« AflBn que soiez seur de celluy qui m'a fait sçavoir les nouvelles, c'est le moyne qui dit les heures avec Mons. de Guienne, dont je me suis fort esbahi et m'en sais seigné depuis la teste jusques aux piedz. Et adieu.
« Escript au Montilz lés Tours, le xviii*' jour de may. Signé : « Loys. » Et au dessoubz : « Tilhart. » Et au dos desdittez lettres : « A nostre cher et amé cousin le conte de Dampmartin, grant maistre d'ostel de France ^ »
Et devez sçavoir que le moyne estoit souspectionné qu'il avoit joué la fourbe à monseigneur de Guienne et baillé la corme verte, et que icelluy moyne fut cause de le mettre hors de la terre des vivans^.
LXXX. — (Clair. 481, fol. 284, 1. 29. Chron. scand., t. I, p. 267.) — Bruslé et ars. Et, peu de temps après ^..
LXXXI. — (Clair. 481, fol. 285, 1. 1. Chron. scand., t. I, p. 267.) — ViUe de Bordeauloc, où il fist son testament, daté du xnn^jour dudit moys, dont la teneur s'ensuit :
« Ou nom du Père et du Filz et du Saint-Esperit, amen. Charles, filz et frère du roy de France, duc de Guienne, conte de Saintonge et seigneur de La Rochelle, bien souvenans de nostre salut et sains de pensée, jaçoit ce que de corps soyons fort malades, pensant tousjours à la parolle de Nostre Seigneur disant au roy Ezechie : « Dispose de ta maison,