I. Cette phrase, défigurée par le copiste, est obscure
faire ce nonobstant, en tant que nous voulions et povons chargeons sa conscience. En après, se aucunement avons jamais offensé nostredit très redoubtè seigneur et très amé frère, nous luy requérons qu'il lui plaise nous pardonner, car de nostre part, se oncques en quelque manière il nous offença, de très débonnaire affection prions la divine Majesté qu'elle luy pardonne, et de bon couraige et de bonne voulenté luy pardonnons.
« Et au surplus, pour nostre ame face faire mondit seigneur le roy, nostredit héritier, tant de services et telz qu'il verra estre à faire, et voulions à ce faire procurent ceulx que après mondit seigneur le roy nous ordonnons. Et par ce présent escript declairons et nommons exécuteurs de cestuy nostre présent testament et dernière volunté, c'est assavoir Révérend Père en Dieu nostre bien aymé et féal conseiller Artus de Montauban, archevesque de Bordeaulx ^ ; Rolant le Coisic , nostre confesseur ; Jehan Meschineau , premier chappellain de nostre chappelle, docteur en théologie ; Odet d'Arie, seigneur de Lescum ; Jehan Aulbin-, nostre premier chambellan ; le seigneur de Grammont, c'est assavoir Roger de Grammont, et Thierry de Lenoncourt, gouverneur de La Rochelle, aussi noz chambellans; desquieulx nous instituons les principaulx à tout poursuir les dessusdits seigneurs de Grammont et de Malicorne.
« Nous voulons aussi et ordonnons finablement que ce présent escript, signé de nostre seing manuel, soit fait et réputé autentique, comme s'il estoit scellé de nostre grant seel et signé du notaire publicque. Lequel nous avons signé, presens ad ce tesmoings, nobles hommes Jehan [seigneur] de Roche-
1. Artus, archevêque de Bordeaux de 1468 à 1478, était fils du breton Guillaume, sire de Montauban, et de Bonne "Visconti.
2. Jean Aubin, seigneur de Malicorne et de Blanquefort, conseiller et premier chambellan du duc de Guyenne, avait épousé Jeanne, bâtarde d'Angoulême, fille natureUe de Charles, duc d'Orléans (Bibl. nat., Titres, Pièces orig., vol. 125, doss. Aubin, et ci-dessus, t. I, p. 267, note 2).
chouart et vicomte de Brûlais * ; Guillaume de Pontville- et Marc Cleret, et maistres Robert du Lyon et Robert Foucques, docteurs en medicine, et Yvon, chapellain, le xxin'' jour de may, l'an mil IIIP LXXII. Ainsi signé : « Karolus. »
Et y eut aucuns grans personnaiges qui furent suspectionnés de sa mort, lesquelz luy estoient très prochains de lignaige, ainsi que disoit Mons. de Cominge^, lequel soustenoit à toute puissance que le duc avoit esté empoisonné et maleflcié par l'exprès commandement de celluy qui naturellement estoit tenu de l'aymer^. Et devez savoir que le seigneur de Lescun, congnoissant que une si grant mauvaistié avoit occupé le couraige de l'abbé de Saint-Jehan d'Angeli, et qu'il avoit fait si grant trahison que d'estre conspirateur de la mort de son maistre par poison, pour quelque somme qui promise luy avoit esté, dont il avoit receu partie d'icelle, comme il disoit; auquel ledit duc avoit fait de si grans biens, sans l'avoir envers luy mérité, et Jehan de la Roche, escuyer de cuysine de mondit seigneur de Guienne, qui estoit compaignon de ce maléfice avecques l'abbé, comme meurtriers et faulx incidiateurs qui par poisons avoient empoisonné le très débonnaire et jeune prince
1. Anne, fille unique de Foucaut, vicomte de Rochechouart, et d'Isabeau de Surgères, épousa, par contrat du 21 août 1470, Jean de Pontville, écuyer, vicomte de Brulhoiz, sénéchal de Saintonge et capitaine de Saint-Jean-d'Angély, qui prit les armes de Rochechouart.