SUR MAURICB J>B GUÉRIN. XXXI
de lire, dans sa peinture ai réelle à la foi» et si tendre, si distincte et si émue. L'humble sentiment qui termine» et qui tient compte du moindre atone vivant, est à faire envie à un doux poëtedel'Mfe.
Mais Guérm dut s'arracher à cette solitude, où il allait s'oublier <et trop «savourer, s'il m'y prenait garde, Je fruit du loto*. Dans une dernière promenade, par une niante, après-midi d'hiver, sur ces falaises, le long de ce sentier qui tant de fois l'y avait conduit à travers les buis et les coudriers, il exhale ses adieux et emporte tout ce qu'il peut de l'âme des choses. Le lendemain il est à Gaen; quelques jours après, à Paris. Sa salure timide, aussi tremblante et frissonnante que celle d'un daim effarouché, y éprouve, en arrivant, une secrète horreur. H se méfie de lui, tl a peur des hommes i
« Paris, 1er février 1834. — Mon Dieu, fermez me» yeux; gardezmoi de voir toute cette multitude dont la vue soulève en moi des pensées si amères, si décourageantes. Faites qu'en 1a traversant Je sois sourd au bruit, inaccessible à ces impressions qui m'accablent quand je passe parmi la foule ; et pour cela mettez devant mes yeux une image, une vision des choses que j'aime, un champ, un vallon, une lande, le Cayla, le Val, quelque chose de la nature. Je marcherai le regard attaché sur ces douces formes, et je passerai sans ressentir aucun froissement. »
ici il noue faut bien entrer un peu dans le secret de cette «Eue de Guérm. il y avait une véritable contradiction en lui : par tout tm côté de lui-même, il tentait la nature extérieure passionnément, éperdnment; il était capable de s'y plonger avec hardiesse, avec une frénésie superbe, d'y réaliser par l'imagination l'existence fabuleuse des antiques demi-dieux ; par tout an autre côté, il se repliait sur lui, il s'analysait, il se rapetis- «H «t se diminuait à plaisir; il se dérobait avec une humilité désespérante ; il était de ces âmes., pour ainsi dire nées chrétiennes, qui ont besoin de «'accuser, de se repentir, de trouver d'elles an anwur de pitié, de c#mpat*%on; qui se sont