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PREFACE

notre disposition, ou qui étaient de celles dont Mme Sand regrettait déjà que leur caractère confidentiel ne permît pas de les transcrire en entier. Pour tout ce qui touche aux détails intimes de la vie domestique, il y a des limites où la curiosité la plus légitime doit s'arrêter.

Nous pouvons donc espérer que notre mission est remplie, et c'est avec un sentiment de profonde reconnaissance que nous rendons grâce à Dieu de nous avoir laissé le temps et les forces nécessaires pour conduire enfin à terme la pieuse tâche que nous avions entreprise, et que nous avons poursuivie , à travers bien des difficultés, avec douleur et amour.

MAURICE DE GUÉRIN

Le 15 mai 1840, la Revue des Deux Mondes publiait un article de George Sand sur un jeune poète dont le nom était parfaitement ignoré jusque-là, Georges -Maurice de Guérix, mort l'année précédente, le 19 juillet 1839, à l'âge de vingtneuf ans. Ce qui lui valait cet honneur posthume d'être ainsi classé à l'improviste, à son rang d'étoile, parmi les poètes de la France, était une magnifique et singulière composition, le Centaure, où toutes les puissances naturelles primitives étaient senties, exprimées, personnifiées énergiquement , avec goût toutefois, avec mesure, et où se déclarait du premier coup un maître, « l'André Ghénier du panthéisme, » comme un ami l'avait déjà surnommé. Des fragments de lettres cités, des épanchements qui révélaient une tendre et belle âme, formaient, autour de ce morceau colossal de marbre antique, comme un choeur charmant de demi-confidences à moitié voilées, et ce qu'on en saisissait au passage faisait vivement désirer le reste. Il y eut dès lors dans la jeunesse toute une école choisie, une génération éparse d'admirateurs qui se repétaient le nom de Guérin, qui se ralliaient à cette jeune mémoire, l'ho-

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