‹ Journal [par] Stendhal. Texte établi et annoté par Henry Debraye et Louis RoyerChapitre 17 sur 60 · Paul Arbelet, op. cit., p · texte numérisé non relu

Paul Arbelet, op. cit., p

XXXII INTRODUCTION

Ce souci de publication est d'ailleurs exceptionnel ; à l'ordinaire, Stendhal écrivait son journal pour lui seul. Il n'oublie cependant jamais cette méfiance qu'il tenait déjà de son ascendance paternelle et qui, sans cesse exercée, finit par devenir maladive ^. Il se félicite en 1806 de cette prudence ^, et déclare en 1809 qu'il n'écrira rien sur les événements du temps, sur les relations politiques avec l'Allemagne et la Prusse ni sur ses relations personnelles avec « le plus grand des hommes » ^. Il ajoute : « Par prudence, rien de politique, tous les noms sont changés. » Et en effet, nous trouvons dans tout le cours du Journal des noms supposés, dont certains (rares il est vrai) n'ont pu être identifiés. Nous avons vu qui était Madame Palfy ; son mari se nomme Probus, ou Monsieur Z. ; Martial Daru, Pacé ; Victorine Mounier, Héloïse ou Charlotte ; son frère Edouard, Esprit ; Adèle Rebuffet, Adèle of the Gâte ; Angela Pietragrua, la comtesse Simonetta ; madame Beugnot, madame Doligny ; les dames La Bergerie, mesdames Shepherdrie ; La Duchesnois, Ariane ; Bonaparte, l'empereur Napoléon, est toujours désigné sous le

1. Journal du 17 juillet 1801 : « Il faut être très défiant ; le commun des hommes le mérite ; mais bien se garder de 'laisser apercevoir sa méfiance. »

2. Journal du 15 avril 1806 : « Je deviens prudent ; peutêtre en Perse supprimerai-je ce journal. Le cahier précédent a été oublié quatre heures sur les bureaux de Meunier. »

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