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notes, écrits par Stendhal lui-nicnie, et qui éclairent le texte principal, ou le complètent, et lui servent souvent de pièce justificative ; tels ces nombreux fragments de comptes où Henri Beyle fait l'inventaire de son portemonnaie et nous décrit, avec preuves à l'appui, l'état de ses finances, trop souvent misérables. Nous y trouvons aussi des fragments qui, sans doute, portent la marque de Stendhal, mais en partie seulement, car ils n'ont pas été composés par lui seul. Le voyage au Havre en 1811 ^ est dans ce cas, ainsi que le voyage à Londres en 1817, et surtout les observations écrites en collaboration avec Louis Crozet. Les deux amis travaillèrent souvent en commun, et parfois se dictaient l'un à l'autre leurs réflexions, de sorte c|u'un texte écrit par Crozet peut être d'Henri Beyle, et réciproquement. Notre premier volume en donne déjà un exemple dans ces « portraits » de personnages connus des deux amis.
Je dois enfin à nos souscripteurs une observation préliminaire. J'ai déjà dit que le Journal de Stendhal n'était pas un ouvrage à recommander aux jeunes filles. Comme dans la Vie de Henri Brulard, des mots y blessent des oreilles et des yeux délicats. Bien plus, des passages entiers sont
1. Jean de Mitly en a publié un texte, mais très fautif : il a inséré quelques phrases de Beyle dans une rédaction qui n'est pas de lui [Napoléon (Paris, Revue blanche, 1897) , p. 217-229.)
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d'une ordurière pornographie. Je n'ai pas cru pouvoir les incorporer au texte lui-même, et cependant nous devons, en toute honnêteté, une édition in extenso. J'ai donc usé d'un subterfuge : les passages les plus scabreux sont, dans le texte broché, remplacés par des lignes de points ; mais à la fin du volume est encartée une enveloppe dans laquelle est enfermé le texte intégral, et ce texte a été composé de telle façon que le souscripteur peut, s'il le désire, remplacer, en faisant relier son exemplaire, le texte expurgé par le texte intégral.
L'édition du Journal de Stendhal a d'abord été annoncée comme devant être établie par moi seul. Mes obligations professionnelles — qui ont changé depuis la guerre — ne me laissent plus le temps d'effectuer comme il conviendrait les recherches de bibliothèque. J'ai donc prié mon confrère et ami, M. Louis Royer, de m' aider dans cette tâche, et il l'a fait avec une courtoisie dont je lui sais gré ^. Il est bon, cependant, que chacun prenne sa part de responsabilité, puisque nous sommes désormais justiciables de la critique.
1. M. Loiiis Royer n'est d'ailleurs pas un débutant en beylisme. Il a annoté et présenté en 1921 une série de lettres adressée par Henri Beyle à sa sœur Pauline. (Stendhal, Lettres à Pauline (avec le portrait de Beyle par Boilly et ceux de Pauline et Caroline Beyle) édition annotée et présentée par MM. L. Royer et R. de La Tour du Villard. Paris, La Connaissance, 1921, in-18 de 218 pages.)
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L'établissement du texte, le choix et la disposition des annexes et de l'appendice Filosofia nova sont mon œuvre personnelle, ainsi que les notes rédigées d'après le manuscrit (description du texte original, particularités d'écriture, variantes, etc.). Les notes ayant un caractère historique et bibliographique sont sorties de la collaboration de MM. Louis Royer et Henry Débraye. Je dois à la vérité de dire que la part de M. Louis Royer est de beaucoup la plus importante, surtout à partir du second volume.
Je signale enfin le nom d'un troisième collaborateur, mon ami Paul Arbelet. Lorsqu'il s'est agi d'annoter la partie italienne du Journal de Stendhal, je me suis trouvé dans un cruel embarras, car il est impossible de faire mieux que sa belle édition du Journal d'Italie. Et j'étais enfermé dans ce dilemme : ou copier, ou ne rien publier. J'ai copié, je l'avoue ! mais honnêtement, car chacune des notes empruntées au Journal d^ Italie est expressément indiquée ^ Avec sa bonne grâce accoutumée, M. Paul Arbelet m'a autorisé à utiliser à mon gré ses propres notes, et dans la mesure où elles cadrent avec la méthode de concision et de sobriété objectives que je me suis imposé. Je n'ai donc pas utilisé toutes les notes de M. Paul Arbelet, et son ouvrage
1. Chacune d'elles porte le nom de M. Arbelet, suivi de la référence bibliographique.
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garde sa part de personnalité, notamment dans les rapprochements qu'il fait du Journal avec les autres œuvres de Stendhal.
Je n'ai pas voulu non plus marquer matériellement la différence entre la présente édition et celles de mes devanciers. Ce serait alourdir les volumes, et ne donner en compensation aucun avantage au lecteur. Aussi bien, celui-ci peut facilement se reporter aux volumes de MM. Casimir Stryienski et Paul Arbelet. Et il me paraît suffisant d'avoir indiqué, en général, ce que la présente édition apporte de texte inédit au Journal de Stendhal. Notre récompense est dans la restitution de l'œuvre elle même, et non dans la satisfaction de montrer en détail le nombre de lignes nouvelles qu'elle publie.
Henry Débraye.