‹ Journal [par] Stendhal. Texte établi et annoté par Henry Debraye et Louis RoyerChapitre 8 sur 60 · Journal du 11 février · texte numérisé non relu

Journal du 11 février

INTRODUCTION XVII

«constater les progrès des élèves de son camarade ; les hommes y venaient plus nombreux : tels Martial Daru, le Pacé du Journal, qui essayait sur les femmes les séductions de son physique élégant et de son esprit léger, et des auteurs dramatiques en instance au Théâtre- Français.

Mélanie paraît avoir joué auprès d'Henri Beyle un rôle d'amoureuse à la fois rouée et sincère. Quoi qu'il en soit, Stendhal éprouva auprès d'elle les angoisses d'un amour passionnément sentimental et en même temps ardemment sensuel. C'était l'époque d'un court séjour à Paris de Victorine Mounier, Beyle, sans succès d'ailleurs, écrit à celle-ci et, au commencement de fé\Tier, le dépit lui donne envie de s'attacher à Louason, pour se guérir de son amour pour Victorine ^. Ses premières préoccupations ne sont nullement d'ordre sentimental ; mais peu à peu il se pique au jeu, et l'amour -de Mélanie l'envahit tout entier, cœur, tête et sang.

Au début, c'est un mélange de comédie et de naturel ; il écrit le 11 février 1805 : « Tous mes propos d'amour avec elle ont été joués, il n'y en avait pas un de naturel, et cependant je l'aimais... » Et il se donne cette excuse : « Je sentais confusément que mon amour est d'une nature trop large et trop belle pour n'être pas ridicule dans la société, où il ne faut que des sentiments écourtés... Quand

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