Journal du 3 février
XVIII INTRODUCTION
j'aurai joui six mois de 6.000 livres de rente, je serai assez fort pour oser être moi-même en amour. »
Il a beau écrire : « Un vers d'Arsinoé de Nicomède m'ouvre les yeux sur les femmes et me fait voir que la plus grande partie sont de petits caractères, qui ne peuvent rien sur mon bonheur... Cette vérité découverte m'ôtera ma timidité auprès des femmes \ » Ce qu'il appellera plus tard la cristallisation agit sur lui comme sur les autres, et c'est avec le cœur battant d'un émoi non joué qu'il rejoint Mélanie à Marseille.
La vie passée dans l'intimité de Louason eut vite fait de dégoûter le délicat Henri Beyle. Dans une passade, on cherche un sexe, et non un cœur, — et certes Stendhal ne manquera pas, à Marseille,^ d'aventures de ce genre. Mais il recherchait tout autre chose dans les bras de sa belle Mélanie ; or, peu de mois après l'arrivée à Marseille, il la trouve bien froide, et bien loin des transports de passion qu'il rêvait ^.
Constatation plus grave encore : il écrit le 15 mai 1806 : « Je commence à trouver Mélanie bête. Je me rappelle mille et mille traits prouvant peu d'esprit ; après son départ ^, immédiatement joie