VOYAGE DU ROI
Samedi 22. — Le roi partit de Versailles ; Monseigneur, madame la Dauphine , madame la princesse de Conty , madame de Maintenon et la maréchale de Rochefort étoient dans son carrosse (1). — Les officiers du roi donnoient à manger à la dinée , comme dans les autres voyages les officiers de la reine avoient accoutumé de faire. On coucha à Louvre. M. le duc de Créqui, qui étoit en année, se trouva mal et fut obligé de retourner à Paris.
Dimanche 23. — On vint coucher à Pont-Sainte-Maixence après avoir dîné au faubourg de Senlis. Le roi et Monseigneur chassèrent, le matin, aux bords de la forêt de Chantilly.
Lundi 24. — Le roi déclara, à sa dinée, que M. de Livry serviroit d'aide de camp; il vint coucher à Mouchy et chassa en chemin.
Mardi 25. — Le roi séjourna à Mouchy, alla voler l'a-
(1) « Ces deux dernières en qualité de dames d'atour de madame la Dauphine; vous savez que la charge de dame d'atour donne cet honneur. » Merc. gai., mai, p. 211.
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près-dinée; madame La princesse de Conty et les filles montèrent à cheval ; il arriva le soir un courrier de M. de Chiverny , qu'on croyoit qui portoit des nouvelles considérables ; mais Le roi dit, ;ï son souper, que M. de Chiverny auroit pu se dispenser d'envoyer un courrier pour si peu de chose.
Mercredi 26. — Le roi vint coucher àRoye, et, comme il n'y avoit point de logis assez grand pour mettre S. M. et madame la Dauphine , cette princesse eut le logis de préférence, selon l'ordre que le roi avoit donné pour tout le voyage , et, pour lui épargner la peine de sortir de chez elle, le roi l'alla trouver pour y souper. — Le roi envoya Champlay au camp de Condé , avec ordre de lui en venir rendre compte à Cambrai.
Jeudi 27. — Le roi déclara en dînant qu'il avoit donné ordre au maréchal de Créqui d'investir ce soir-là Luxembourg, où il comptoit qu'il n'y avoit que 2,000 hommes de garnison. Le même jour il fit partir le maréchal d'Hnxelles, le comte de Tilladet et Rubantel, pour aller servir de maréchaux de camp à ce siége-là ; ils avoient été destinés pour l'armée du roi. Il fit Fourbin lieutenant général, qui tomba malade ce soir-là même. — La cour coucha à Péronne.
Vendredi 28. — Le roi reçut à la dinée des nouvelles du maréchal de Créqui. En arrivant à Cambrai , il alla faire le tour de la place, et vit faire l'exercice à une compagnie de gentilshommes. Il vit aussi le nouveau régiment de Villars en bataille; il trouva en chemin plusieurs troupes des régiments de Saint-Germain et de Gesvres.
Samedi 29 . — On arriva à Valenciennes ; le roi fit le tour de la place , vit toutes les nouvelles fortifications , trouva vers l'endroit qu'on appelle la citadelle une compagnie de gentilshommes commandés par M. de Franc, leur fit faire l'exercice ; le soir il donna ordre au maréchal de Luxembourg d'aller marquer le camp dans File Saint- Amand sous Condé. Les aides de camp du roi tirèrent leur
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rang devant Monseigneur, et voici leur ordre : — Cavoye, Dangeau, Cominges , milord Harram, comte de Nogent, le prince d'Harcourt , Termes, Livry, M. de Marsan, le duc de Grammont.
Dimanche 30. — Le roi partit de Valenciennes à cheval , vint au camp, qu'il visita longtemps, fit changer le parc de l'artillerie, et le canon alla rejoindre madame la Dauphinesur le chemin de Condé; dîna avec elle, puis re\ int an camp; alla au-devant de toutes les troupes qui arrivèrent ce jour-là, puis à cinq heures rentra dans Coudé. Monseigneur le Dauphin retourna encore au camp sur les sept heures.
Lundi 1er mat. — Le roi alla le matin poster une grande garde de-là l'Escaut, et fit faire plusieurs ponts sur cette rivière. Il apprit à midi que le lieutenantcolonel des dragons du chevalier de Tessé avoit été tué à un petit château qu'avoit pris le Montai; l'après-dînée il retourna au camp , où il vit arriver quelques régiments.
Mardi ±. — S. M. ne monta à cheval qu'à cinq heures du soir, pour chercher un endroit où mettre les troupes en bataille , pour faire voir l'armée à madame la Daup%hine. Bouliers eut ordre de marcher vers Mariembourg pour y assembler un petit corps de cavalerie et de dragons ; il devoit avoir 25 escadrons à ses ordres pour marcher au maréchal de Créqui, ou pour joindre le roi, selon les mouvements que feroit le prince d'Orange.
Mercredi 3. — On eut des nouvelles de M. d'Avaux, qui avoit fait à MM. les États les propositions de paix ou de Irève, dont S. M. l'avoit chargé, et l'on sut que M. le prince d'Orange étoit retourné à la Haye en diligence pour y soutenir son parti qui chanceloit ; le maréchal de Créqui manda à S. M. que les ennemis avoientfait une petite sortie et que Roquevieille en voulant les repousser avoit été légèrement blessé. Un des gens de Fourbin apporta la nouvelle de sa mort, et en même temps S. M. donna la charge àMaupertuis, fit monter la Hoquette à la sous-lieutenance
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et Mirepoix à l'enseigne. — Le roi .sortit le soir pour voir l;i compagnie des gentilshommes de Tournai, qui étoit venue ici.
Jeudi k. — On apprit de Paris que Mademoiselle a voit détendu à M. de Lauzun de se présenter devant elle; qu'il n'avoit répondu à cet ordre que par une révérence, el s'en étoit allé à Luxembourg. — On sut aussi que M. Méliand avoit été rappelé de l'intendance de Rouen, et M. Marillac mis en sa place ; M. Poncet fut aussi rappelé de Limoges. — Le roi se promena le soir dans son camp, et trouva le maréchal deLorges qu'on portoit en carrosse à la ville, assez malade. — La maréchale d'Humières obtint pour le vidame son gendre la capitainerie du Plessis-lès- Tours, vacante par la mort de Yassé, son père.
Vendredi 5. — Le roi se trouva un peu incommodé; il ne laissa pas de sortir le soir ; il fit le tour de la place , puis alla à la redoute de la Haisne. — Brissac, major des gardes, eut le don des chaises de la cour, qu'avoit Fourbin.
Samedi 6. — On apprit que le comte de Soissons s1 étoit raccommodé avec la cour de Savoie, qu'il étoit allé à Chambéry pour se trouver quand Madame Royale yarriveroit. — Ce même jour le roi eut nouvelles de M . d'Avaux, son ambassadeur à la Haye, qu'il n'y avoit plus qu'une ville de la province de Hollande qui refusât d'accepter les propositions de paix ou de trêve que le roi faisoit. — Monseigneur le Dauphin sortit le matin pour voir les troupes qui faisoient revue de commissaire. — Le roi se promena le soir à la tète des camps.
Dimanche 7. — S. M. fit défiler devant elle toutes les troupes d'infanterie de la première ligne. — On commença à parler ce jour-là du traité de mademoiselle de Guise avec le prince d'Harcourt pour le duché de Guise.
Lundi 8. — Le roi fit défiler devant lui toute l'infanterie de la deuxième ligne. — On ouvrit ce soir la tranchée à Luxembourg. — Pendant le séjour que le roi fit à Gondé, il y eut des gardes d'infanterie avec un capitaine
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chez M. le Duc, chez madame la princesse de Conty, et chez M. le duc du Maine*. — Dans les villes fermées on n'avait point vu jusque-là de ces sortes de garde-là.
* M. du Maine a valu beaucoup d'augmentations , d'honneur et de rang aux princes du sang, ainsi qu'à mesdames ses sœurs; celle-ci est une des premières, et sans avoir aucun rang ni aucune grâce écrite là-dessus ; le roi lui avoit fait prendre peu à peu tout l'extérieur des princes du sang, qui n osoient s'en plaindre, et que le roi en consoloit par ces augmentations qui étoient autant et plus pour ses bâtards que pour eux.
Mardi 9. — Le roi lit la revue de son régiment en particulier ; il ordonna au maréchal de Créqui de mettre M. de Commercy dans la citadelle de Metz pour avoir quitté sa compagnie sans congé et être allé à Luxembourg.
Mercredi 10. — On eut des nouvelles de M. le maréchal de Créqui, qui apprenoit que la tranchée axoit été poussée à cent toises de la contrescarpe, et qu'il n'y avoit qu'un ingénieur et un officier de blessés légèrement. — On sut ce jour-là que M. de Montmouth étoit arrivé à Bruxelles pour commander la cavalerie des Pays-Bas espagnols. — Le roi ne sortit point, ni Monseigneur non plus.
Jeudi 11. — M. de la Feuillade arriva au lever du roi, après une longue et cruelle maladie dont on ne croyoit pas qu'il pût revenir si aisément. — Le roi sortit à cinq heures, et fit faire devant madame la Dauphine l'exercice à toute son infanterie de la première ligne à la fois; le major général la commandoit. — On n'eut point ce jourlà de nouvelles de Luxembourg. — Le roi dit à l'ordre qu'il feroit marcher son armée le lundi suivant pour aller camper sur la Haisne, et que madame la Dauphine et toutes les dames iroient à Valenciennes.
Vendredi 12. — On eut nouvelles que nous étions à Luxembourg à 30 toises de la première contrescarpe, et que M. de Lauzun avoit eu une contusion à l'épaule d'un éclat de bombe dans la tente du maréchal de Créqui, à la
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queue de la tranchée. — Le roi donna le soiï V,000 écus au comte de Solre pour le dédommager du dégât qu'avoit t'ait L'armée pendant le camp de Fresne. — Milord d'Ossci\ et plusieurs jeunes Anglois vinrent saluer le roi, et S. M. leur conseilla d'aller au siège de Luxembourg; La seconde ligne prit les armes et fit l'exercice devant madame la Dauphine. — Le roi fit recevoir Maupertuis à la tète des mousquetaires, et ensuite Maupertuis fit recevoir la Hoquette et Mirepoix.
Samedi 13. — Le roi voulut visiter les ponts faits au-dessus de Condé pour passer la 1 rc ligne ; le 2me de ces pontslà tomba sous les gardes qui sui voient immédiatement le roi, et heureusement S. M., Monseigneur et les courtisans y a voient passé. — On sut que Belisani étoit mort en prison dans le temps qu'on alloit travailler à son procès. — Il arriva un courrier de Bavière qui venoit assurer S. M. des bonnes dispositions de cet électeur pour la paix et de l'envie qu'il avoit d'entretenir bonne correspondance avec la France. — Madame la Dauphine fut sensible au dernier point à cette bonne nouvelle, parce qu'il avoit paru que S. A. E. n'étoit pas bien intentionnée pour nous.
Dimanche 14. — Monseigneur lit faire la revue à sou régiment, puis sortit le soir avec le roi, qui alla reconnoître tous les passages par où son armée devoit défiler le lendemain. — Le duc de Villeroy fut détaché pour aller camper au pont à Haisne avec 20 escadrons qui sortoient de nos places pour joindre notre armée. — Le roi donna les deux abbayes de M. de Fourbin : celle de \ 'nuluisant, qui vaut près de 20,000 livres de rente , au iils de M^deLouvois; celle de Preuilly, qui vaut 12,000 livres de rente, à M. de Beauvais, et l'abbaye deSilly, vacante par la mort de M. Dumont, autrefois maître de musique de la chapelle du roi, au fils de M. de Tournefort, maréchal des logis des chevau-légers ; elle vaut 2,000 livres de rente.
Lundi 15. — Le roi vint camper à Thulin ; il fut toute la journée à cheval pour visiter le camp; il alla à toutes
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les gardes et vit entrer toutes les troupes dans le camp. — Le soir il sut que le marquis d'Humières * avoit été tué à Luxembourg . — Dans la marche entre Crespin et Laiterin , S. M. apprit que les Algériens avoient accepté la paix qu'il lui avoit plu de leur imposer, qu'ils rendoient tous les esclaves françois et tous ceux qu'ils avoient pris sous la bannière de France, et que leurs ambassadeurs, qui ven oient demander pardon au roi,#étoient déjà arrivés à Toulon. On sut par le courrier qui avoit apporté cette nouvelle que notre flotte et oit en mer et que M. de Seignelay s'étoit embarqué sur le vaisseau de Duquesne.
* Le marquis (THumières étoit fils unique du maréchal, et de la maison de Crevant, dont le grand-père avoit quitté le nom et les armes en épousant l"héritière de la maison d'Humières , car son frère, qui n' étoit point marié, mourut tôt après. Le maréchal portoit écartelé de Crevant. Le marquis d'Humières n'étoit point marié ; on lui avoit prédit qu'il seroit tué là; il le dit et n'en douta point. Il a une épitaphe à la muraille du chœur de l'abbaye des bénédictins de Saint-Corneille de Compiègne, où il est dit qu'un potier, échevin de la ville, dont le maréchal et son fils en survivance étoit gouverneur, avoit pris soin de ses obsèques : messieurs de Gesvres s'en seroient bien passés.
Mardi 16. — Le roi se promena tout le matin dans son camp, alla visiter toutes les gardes , fit changer le parc de l'artillerie ; le soir il fit la revue de l'aile gauche de sa cavalerie et des dragons de Listenois et de Fimarcon . — On apprit la mort de l'abbé de Pont carré .
Mercredi 17. — Le roi monta à cheval le matin, fit la revuede l'aile droite de sa cavalerie, puis revint chez lui, où il régla que le maréchal de Schomberg demeureroit pour commander l'armée; les maréchaux de Luxembourg, de la Feuillade et de Lorges revinrent avec lui à Valenciennes, où il vint l'après-dlnée en carrosse. — On apprit Ifsoir à Valenciennes que M. de la Valette*, brigadier de cavalerie, avoit été blessé dangereusement à la cuisse d'un coup de canon des nôtres, qui avoit passé par-dessus la ville.
* M île la ^ alerte était bâtard de M. d'Kpernon.
Jeudi 18. — Le soir, le roi et Monseigneur allèrent tirer des cailles dans la prairie; au retour il y eut comédie chez madame la Dauphine. — Le marquis de la Châtre eut le régiment d'infanterie vacant par la mort de M. d'Humières. — On apprit de Luxembourg que le major de Conty, frère de M. de Cour, y avoit été tué, et que l'on espéroit bientôt attacher le mineur au corps de la place sur la gauche de l'attaque, du côté de Paffandale. — On sut que M. le comte de Soissons avoit vu M. de Savoie et en avoit été fort bien reçu.
Vendredi 19. — On apprit de Paris la mort du président Beteau de Culan, grand prieur de Champagne , à quia succédé le commandeur du Fresnoy. — On sut que M. le prince d'Orange étoit retourné à la Haye après avoir dîné, et avoir eu une longue conférence avec M. de Grana à Bruxelles. — Le roi alla à lâchasse. — AValenciennes il n'y eut plus de gardes chez les princes du sang , comme à Condé.
Samedi 20 . — Le grand prieur arriva à la cour, après une longue et bizarre absence. — On sut que du Bouchet, fameux généalogiste, étoit mort à Paris. — Le roi alla tirer le soir, et Monseigneur se promena en carrosse, avec madame la Dauphine. — On sut la mort de madame l'abbesse de Soissons, sœur de M. le Grand.
Dimanche 21. — Le roi et Monseigneur firent leur bon jour (1). — L'après-dlnée il arriva un courrier de M. le maréchal de Bellefonds qui mandoit au roi qu'il avoit battu les Espagnols commandés par le duc de Bournonville près de Gironne ; que le combat avoit été grand et opiniâtre , et que les troupes du roi avoient fait des merveilles, surtout Calvau , lieutenant général, et les
(1) Cette expression a le même sens que faire ses dévotions. L'histoire ecclésiastique de du Peyrat, p. 729, s'exprime ainsi : Le roi communie au\ festes solennelles et autres bons jours. Depuis Henri IV, les rois de France ne communient sous les deux espèces qu'à leur sacre.
régiments de Sainte-Maure, infanterie, et les dragons de Languedoc. — Le soir le roi se promena en carrosse avec madame la Dauphine. — Le roi fit le matin une réprimande dans l'église au marquis de Gesvres sur ce qu'il entendoit la messe irréligïeusement.
Lundi 22. — Le roi donna l'abbaye de Soissons à madame de laRochefoucault, tante du duc de ce nom. — Le régiment colonel que le roi trouva mauvais au camp fut taxé à 50,000 francs, 35,000 pour M. Voisin, et 15,000 pour M. le comte d'Auvergne. Le pauvre M. Voisin avoit acheté ce régiment-là 30,000 écus de M. le comte d'Auvergne. — Le roi et Monseigneur allèrent tirer le soir dans la prairie.
Mardi 23. — Le marquis de Montpezat fut tué à Luxembourg , où il étoit venu volontaire , et le maréchal de Créqui l'avoit renvoyé; il se déroba et se fit tuer bizarrement. Il laisse un régiment d'infanterie vacant et le gouvernement de Sommières, en Languedoc. — Nous passâmes notre journée à Vicogne avec M. If Duc. — Le roi alla ce soir-là à la chasse.
Mercredi 2\. — Le roi sortit à six heures pour aller voir le régiment de Roquelaure qui étoit en bataille du côté de l'attaque; delà. S. M. mena Monseigneur au poste que les ennemis occupoient quand ils vinrent pour secourir Bouchain, et que le roi marcha à eux et leur présenta le combat. — Le soir il y eut comédie chez madame la Dauphine. où un fils de la ïorillièrejoua le personnage d'Oreste si bien que tout le monde en fut étonné
Jeudi 25. — Le roi donna le gouvernement de Sommières à Saint-Ruth * , lieutenant des gardes du corps. — S. M. se promena le soir en carrosse avec Monseigneur et madame la Dauphine. — On apprit de Luxembourg que Valorge, capitaine de grenadiers de Lyonnois, garçon fort estimé, avoit été tué, et que le milord Howard, fils aîné du comte de Carlisle, étoit dangereusement blessé.
* Saint-Ruth avait été nourri page du maréchal de la Weillerave. Sa