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seconde femme, fille et sœur des ducs de Brissac, dont il no laissa point d'enfants, et la plus glorieuse de sa naissance qui se pût voir, et avec cela la plus plaisante en dits et qui avoit été fort belle , s'aniouracba de Saint-Ruth jusqu'à l'épouser secrètement, quoique fort laid. Il en usa mal jusqu'à la battre , au point qu'elle fut réduite à faire toute sa confidence au roi, qui gronda fort Saint-Ruth, et dans la suite l'éloigua par des emplois de guerre dont il étoit fort capable. Il n'eut point d'enfants, et étoit lieutenant des gardes du corps fort distingué.
Vendredi 26. — M. de Monaco promit au roi de pardonner à son fils, pourvu qu'il donnât sa parole à M. de Louvois de ne point épouser mademoiselle de Montmorency. — Le second fils de M. de Luxembourg eut la compagnie de M. de la Châtre dans le régiment du roi ; plusieurs gens considérables la demandoient.
Samedi 27. — Le soir, le roi fit la revue du régiment de Gesvres qu'il trouva fort mauvais; ensuite S. M. s'alla promener au camp qu'il occupoit durant le siège de la place, puis il mena Monseigneur sur le mont Famé. — Le soir à souper, Sa Majesté déclara que son armée de mer étoit devant Gênes*, qu'il vouloit punir de son insolence ; elle y étoit arrivée le 17 de ce mois, et la bombarderie devoit bientôt commencer.
* Cette bombarde de Gênes, celle d'Aiger après , et d'autres expéditions, ou qui se firent, ou qui ne s'exécutèrent point, et pour toutes lesquelles M. de Seignelay monta la flotte, furent l'effet de l'ambition de ce secrétaire d'État de la marine, qui avoit mis dans sa tête de se faire maréchal de France. On a remarqué que tous les Colbert ont été d'une valeur singulière , en cela même comme en tout très-opposés aux le Tellier.
Dimanche 28. — On sut que les Génois avoient tiré les premiers sur notre flotte, et qu'après une telle démarche nous avions commencé à jeter des bombes dans la ville; il y en avoit déjà quatorze cents de jetées quand le courrier en partit. — Le roi donna le régiment de Montpezat au comte de Mailly-Bouligneux, et la compagnie qu'il avoit à M. d'Ancenis, fils du duc de Charost. — Vn mousquetaire, frère du chevalier d'Oppède, fut dant. i. 2
gereusement blessé étant dans les rangs, par un de ses camarades qui badinoit avec son pistolet.
Lundi 29. — Le roi apprit la mort de madame la duchesse de Richelieu*, dame d'honneur de madame la Dauphine, et S. M. voulut dès le soir même donner la charge à madame de Maintenon , qui la refusa fort généreusement et fort noblement.
On sut que le duc deChoiseul et le vidame de Laon**, fils du comte de Roye, avoient été blessés à mort à la prise de l'ouvrage à corne de Luxembourg ; M. le prince delà Roche-sur-Yon y eut une grande contusion.
On sut aussi la mort de madame la duchesse de Vitry***, qui laissa une petite terre à Rhodes, qui vaut bien 10,000 écus ; elle fit de grands legs à ses domestiques.
*Madame de Richelieu étoit Anne Poussard, fille du sieur de Fors et d'Anne de Neubourg, et qu'on appeloit M. et madame du Yigean ; elle étoit veuve, en 1648, de M. d'Albret, cousin germain du maréchal d'AIbret, desquels le trisaïeul étoit bâtard d'Albret. Anne Poussart en eut un fils unique , tué en 1678 en Picardie, sans postérité de la fille unique du maréchal d'Albret, qui fut dame du palais de la reine, se remaria en 1 683 à Charles de Lorraine, comte de Marsan, à qui elle donna tout son bien et mourut peu heureuse eu 1692, à quarante-deux ans, sans enfants, et avoit quitté la reine en se remariant. AnnePoussart, sa mère, étoit fille de geus tout à M. le Prince, dont l'amour pour mademoiselle du Vigean fut célèbre au point d'en faire craindre le mariage, et plus célèbre par sa fuite subite qu'on attribua assez étrangement à une blessure, qui lui fit perdre beaucoup de sang, et qui rendit mademoiselle du Vigean carmélite. Celle-ci, veuve et laide, épousa M. de Richelieu le 26 septembre Kit!», par une sorte d'enlèvement qu'on fit de lui à Trie, chez madame de Longueville , dont le fruit fut qu'il livra aux princes le Havre de Grâce, qu'il déroba à sa tante la fameuse Combalet, duchesse d'Aiguillon , et ce point d'histoire eu est un considérable dans les troubles de la régence. Madame de Richelieu ne laissa point d'enfants.
** On prétendit que madame la Dauphine , quoique fort vertueuse , avoit paru plus affligée que de raison du vidame de Laon, et qu'elle en fut grondée.
***La duchesse de Yitrv étoit Pot, fille de Rhoddes, grand-maître des cérémonies, tante du dernier. Son mari étoit duc à brevet, fils et neveu des maréchaux deVitry et de l'Hôpital, qui expédièrent le maréchal