‹ Journal; (volume 5)Chapitre 56 sur 65 · FÉVRIER 1G8G · texte numérisé non relu

FÉVRIER 1G8G

le jour, et il nous parut le soir qu'il ne se portoit pas trop bien. Monseigneur courut le loup. Madame la Dauphine se trouva fort soulagée de son rhume. Le soir il y eut pour la seconde fois l'opéra de la Lande. — Je sus que le roi avoit donné 100,000 francs d'argent comptant à M. Pelletier, le contrôleur général. — Nous avons appris que le traité d'alliance entre la Suède et la Hollande a été renouvelé , et que le duc de Zell n'y a pas voulu entrer, parce qu'il dit que cela est en quelque façon contrevenir à la paix que le roi observe religieusement. C'est Fagel, créature du prince d'Orange , qui ;i négocié ce traité. Par ceux de 1640 et de 16iô, ils ne s'étoient obligés qu'à se donner mutuellement y.000 hommes de secours, et par celui-ci le secours doit être de 0,000 hommes par terre et de douze vaisseaux de guerre.

Mardi 5, à Versailles. — Le roi se trouva assez incommodé d'une tumeur à la cuisse et garda le lit tout le jour; peu de gens entrèrent et le virent dans son lit; il voulut pourtant qu'il y eut appartement comme à l'ordinaire. Monseigneur et madame la Dauphine le tinrent; on passoit pour y entrer par la galerie , et on entroit ensuite dans la chambre où S. M. a accoutumé de s'habiller. — On apprit la mort du comte de Sourdis , chef d'escadre ; on * croit que sa place sera remplie par Foran , qui est le plus ancien capitaine de vaisseau et qui a changé de religion depuis deux mois.

Mercredi 0, ù Versailles. — Le roi continua de se trouver mal et de garder 1<- lit. mais mi tumeur diminua assez considérai blement pour faire espérer qu'elle se résoudroit. Monseigneur courut le loup. Le soir il y eut comédie. — Madame de Bourbon vint en masque chez te roi, et S. M. ne voulut souffrir dans sa chambre, durant la mascarade, que le duc d'Aumont , premier gentilhomme de la chambre en année, et M. de la Rochefoucault. — Un quatrième fils de M. le due d'Hanovre parut

ici : il y est incognito et sous le nom du comte de Diephold ; il a fait la révérence au roi et à toute la maison royale. — Le roi d'Angleterre, voulant abolir tant les lois pénales que les serments de suprématie et du test , a commencé par donner à quelques particuliers des dispenses qui les exemptent des peines et des serments; et pour assurer davantage la liberté de conscience, il porte autant qu'il peut les Anglois et les Écossois à la confirmer par des actes de parlement; il espère qu'ils ne lui refuseront rien après les marques d'estime qu'ils lui ont données depuis son avènement à la couronne et après les déférences que le parlement d'Angleterre et celui d'Ecosse ont eues pour ses volontés. Celui d'Ecosse lui a accordé un subside de 210,000 livres sterling, et a annexé à la couronne à perpétuité le droit d'excisé que le roi Charles II, son frère, n'a voit pu obtenir que pour sa vie. Le parlement d'Angleterre, de son côté, a déclaré qu'il se contentoit de la parole que le roi a donnée de protéger la religion anglicane, et a renvoyé pleinement absous le comte de Demby et les seigneurs catholiques qui n'étoient sortis de la Tour, quelques années auparavant, qu'en donnant caution de se représenter. Enfin le roi d'Angleterre, après avoir éteint la rébellion du duc de Montmouth en Angleterre , et celle du comte d'Argyle en Ecosse , croit être en état . de faire tout ce qu'il voudra dans ses trois royaumes.

Jeudi 7 , à Versailles. — Le roi garda encore le lit; il ne se leva qu'un moment en robe de chambre pour dîner. Monseigneur courut le loup. Le soir il y eut appartement où Monseigneur et Monsieur jouèrent au lansquenet. — Le roi, sachant que M. de Ris avoit envoyé aux partie scasuelles la démission de sa charge de maître des requêtes , en donna l'agrément à M. Chamillard, qui a l'honneur de jouer avec lui au billard depuis deux ans et qui est très-honnète homme; il n'avoit point consigné; ainsi la faveur est grande, et S. M. même lui donne 2,000 pistolespour lui aider à payer la charge; il y avoit 16 ou

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