‹ Journal; (volume 5)Chapitre 9 sur 65 · VIE DE DANGEAU. LXXXIX · texte numérisé non relu

VIE DE DANGEAU. LXXXIX

Françoise avant reçu de nouvelles offenses de l'abbé Furetière, elle a cru qu'il étoit deson devoir d'en informer Votre Majesté afin qu'elle eût connoissance de tout. Et(iuc le roi l'ayant mis dans sa poche, a dit qu'il le vermit. 11 a rendu compte aussi à la compagnii de la disposition qu'il avoit trouvée dans M. le duc de Saint-Aignan et dans M. le marquis de Dangeau, pour rendre en cela toutes sortes d'offices à la compagnie, comme les entrées qu'ils ont auprès du roi leur en peuvent fournir tous les jours l'occasion. »

Le marquis de Dangeau était admirablement secondé , dans son rôle obligeant envers l'Académie , par l'abbé de Dangeau son frère, et c'est peut-être ici le lieu de dire quelques mots de ce nouveau et singulier personnage de la famille de Courcillon, auquel nous avons déjà fait plusieurs fois allusion. Saint-Simon en a tracé, avec son indulgence accoutumée, un joli portrait qui pourrait presque suffire à nos lecteurs.

«L'abbé de Dangeau, qui mourut le 1er janvier 1723 (1), étoit né huguenot; il y persévéra plus longtemps que son frère, et je ne sais s'il y a jamais bien renoncé. 11 avoit plus d'esprit que son aîné, et, quoiqu'il eût assez de belles-lettres qu'il professa toute sa vie, il n'eut ni moins de fadeur, ni moins de futilité que lui; il parvint de bonne heure à être des Académies. Les bagatelles de l'orthographe et de ce qu'on entend par la matière des rudiments et du Despautère, furent l'occupation et le travail sérieux de toute sa vie. 11 eut plusieurs bénéfices, vit force gens de lettres, et d'autre assez bonne compagnie; honnête homme, bon et doux dans le commerce, et fort uni avec son frère. 11 avoit été envoyé jeune en Pologne, et il avoit trouvé le moyen de se faire décorer d'un titre de camérier d'honneur par Clément X, qu'il avoit connu en Pologne, non à Rome, où il n'alla jamais, et de se le faire renouveler par Innocent XII; il avoit aussi acheté une des deux charges de lecteur du roi pour en conserver les entrées, et venoit de temps en temps à la cour; il y étoit peu, ne sortoil guères de chez son frère, et il y avoit peu d'habitude. » — C'est en 1682 que Louis de Courcillon, abbé de Dangeau, avoit succédé au fameux abbé Cotin. Un autre malheur qu'a eu ce pauvre abbé, homme vraiment fort considérable dans le monde des diphthongues et des voyelles, c'a été d'être le héros d'un des éloges académiques de d'Alembert;

(I) C'est le 4 janvier, non le Ier , que mourut l'abbé de Dangeau. Voy. le Journal de Matthieu Marais ( Revue rétrospective, 2e série , t. IX, p. 129) : « Il n'a jamais écrit rien de bon : c'étoit un difùcultueux ridicule sur la pureté de la langue, aussi bien que le marquis Dangeau son frère... etc. » Mathieu Marais dit que l'abbé de Dangeau « mourut fort âgé. » Il était né en 1643.

xc VIE DE DANGEAU.

et si nmis avons préféré citer Saint-Simon, c'est qu'en conscience l'encyclopédiste est encore plus perfide que le janséniste. L'abbé de Dangeau, converti par Bossuet, le fut assez sincèrement, quoiqu'en dise Saint-Simon, pour convertir à son tour l'abbé de Ohoisy, et ce n'était pas petite affaire. Son mérite et sa science étoient si bien établis à la cour qu'il faillit l'emporter sur Fénelon, quand un choisit un précepteur au duc de Bourgogne.

Il courut même à ce sujet une chanson, que nous a conservée le Recueil Maurepas, t. VI, p. 341-3, année 1689 : « Sur Louis de Courctllon, abbé de Dangeau, quand l'abbé de Fénelon fut fait précepteur du duc de Bourgogne. »

Brûlez, brûlez vos livres, Gens avides de tout scavoir , Brûlez, brûlez vos livres; H n'en faut plus avoir.

Enessui-mains (i) et en rouleau Le sçavant abbé de Dangeau A mis la science en morceau ; De tous les roys de France Il nous en a l'ait des oysons(2); Ce maistre d'importance Vaut bien les Fénélons.

De quoi sert à l'abbé Dangeau D'avoir épuisé son cerveau Pour un chef-d'œuvre si nouveau?

De rien ; car notre Sire L'honorant d'un parfait mépris (3) , A dit : « S'il croit bien lire (4), « Qu'il montre dans Paris. »

Que faut-il pour le consoler?

Il ne cesse d'accumuler

Et cent fois le jour d'estaler

Lambeaux géographiques

Qu'ils nous trace avec son baston (5),

Grimaces dogmatyques (6)

Et tous vieux rogatons.

(i) « Il avoitimaginé de mettre la chronologie sur des longs papiers rejoints en façons d'essui-mains et les poser sur des rouleaux, afin de les hausser et baisser comme il vouloit, toute sa chambre en étant pleine. » (Note du Recueil Maurepas. )

(2) « Il avoit composé un jeu des rois de France qui ressemble au jeu de l'oye. » ( Note du même Recueil. )

(3) « L'abbé de Fénelon lui fut préféré, et Dangeau se croyoit bien plus digne de cet honneur. Aussi ressentit-il très-vivement cet affront. » ( Ici. )

(4) « Il étoit lecteur du roi. >> [Ici. )

(5) « il portoit toujours un bâton, et, dès qu'on lui parloit de géographie, il ne manquoit jamais de tracer sur le plancher les lieux qu'il vouloit désigner. »'{ Ici.}

(fi) « On a déjà dit que l'abbé de Dangeau étoit le plus grand pédant du monde ;

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L'abbé de Dangeau savait le grec, le latin et toutes les Langues vivantes, l'espagnol, l'italien, le portugais, l'allemand , le suédois, l'anglais, etc. Ses travaux sur l'histoire, sur la géographie, et particulièrement sur la grammaire, sont encore fort estimés, c'est lui qui répondait à un porteur de nouvelles politiques inquiétantes: « 11 arrivera tout ce qu'il pourra, mais j'ai dans mon portefeuille deux mille verbes bien conjugués. »Nicéron donne une fort longue éuuinér ation des ouvrages infiniment variés de l'abbé de Dangeau , et la Bibliothèque impériale possède une formidable collection de ses papiers. Comme lecteur du roi, il était chargé de présenter à Sa Majesté la liste des grâces annuelles accordées aux hommes de lettres. On lui a cruellement reproché d'avoir oublié la Fontaine sur cette liste. Madame de Genlis a riposté à cela ce qu'il y avait à en dire : « 11 eût été bien peu convenable qu'un ecclésiastique protégeât ouvertement l'auteur des contes les plus scandaleux. » Enfin Voltaire l'a jugé par un mot qui nous suffit dans ce ebapitre : c'était «, un excellent académicien (1) . »

Reprenons nos registres de l'Académie française : « 1er octobre 1685. L'abbé de Dangeau, qui est en ebarge de directeur, propose que chaque académicien donne à la compagnie le portrait de son prédécesseur (2). — 2 juillet 1691. Ce jour ,

il l'étoit intérieurement et extérieurement, c'esl-à-dire jusques à sa mine et à sa façon de faire et de parler; il faisoit outre cela des grimaces effroyables , et qui sentoient merveilleusement ce qu'il étoit. » ( Note du même Recueil. )

(1) Le Recueil Maurepas ne tarit pas sur lui: t. IX, p. 98, 200; t. Vil, p. 140. Nous ne citerons que deux couplets du tome XIV, p. 181 :

Avec mine pédante , Le docte abbé Dangeau Au fils de Dieu présente Son alphabet nouveau Lui dit : Je t'apprendrai les élytnologies, Les termes du blason , don , don , Et des rois de Judas , la , la , Les généalogies.

Cet ecclésiastique , Répond son frère aine , Est homme méthodique, S'il en fut jamais né.

Pour moi, j'avois acquis quelque gloire au ramasse ; Puis d'un doucereux ton , don don, Ses vers il récita, la, la, Et parla de sa race.

(2) Une copie du portrait de son frère, par Rigaud, faisant partie de la collection les portraits de l'Académie française, se trouve au musée, de Versailles, et est due peut-être à cette proposition de l'abbé de Dangeau.

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on a procédé à faire de nouveaux officiers au sort, suivant la coutume, et le sort est tombé sur M. le marquis de Dangeau pour directeur, et sur M. l'abbé Testu Mauroy pour chancelier. — 24 mai 1693. Le marquis de Dangeau (nommé chancelier le 2 avril 1693) avertit par une lettre l'Académie que le roi a agréé le choix de M. l'abbé Bignon et de M. la Bruyère (2) en place de M. le comte de Bussi et de M. l'abbé de la Chambre. -*-30 juin 1693. L'abbé Régnier étant allé la veille à Versailles, et ayant voulu s'informer si M. le marquis de Dangeau avoit pris les ordres du roi, au sujet du dernier scrutin (qui nommait M. de la Loubère à la place de l'abbé ïallcmant), a appris que le marquis de Dangeau avoitquitté la cour de Villers-Cotrez (sic) pour aller aux eaux. — 21', novembre 1697. L'Académie va à Versailles pour haranguer le roi sur la paix qu'il a donnée à l'Europe. L'abbé de Dangeau, directeur, porte la parole. « Après la réception, l'Académie passa chez M. le marquis de Dangeau, qui l'avoit invitée à dîner, et qui l'a traitée magnifiquement. » — 25 août 1699. Séance pour la fête de Saint-Louis, et

(l) Puisque le nom de la Bruyère se présente ici prononcé par Dangeau, prolilons-en. Saint-Simon a dit et redit, et l'on a répété volontiers, que le Parapluie de la Bruyère, dans le chapitre des Grands, était le portrait du marquis de Dangeau, dessiné attentivement d'après nature. Il faut n'avoir pas lu la line page de la Bruyère pour se prêter un moment à la perfide supposition de Saint-Simon. Estce de Dangeau que le plus médisant eut pu écrire : « Si quelquefois il sourit à un homme du dernier ordre, à un homme d'esprit, il choisit son temps si juste, qu'il n'est jamais pris sur le fait. » Ou encore : « Il est sévère et inexorable à qui n'a point encore fait sa fortune... De maxime, il ne s'en charge pas, de principes encore moins... Vif, hardi, décisif avec ceux qui ne savent rien .... » Qu'ont de commun ces traits avec ceux de Dangeau? Mais Saint-Simon a trouvé la le fameux mot : « Un Pamphile veut être grand ; il croit l'être, il ne l'est pas ; il est d'après un grand. » Et Saint-Simon travestit le mot trois fois avec bonheur. Si Dangeau est « d'après un seigneur,» il n'est, Dieu merci, point d'après Saint-Simon ni d'après pas un autre qu'on cite ; et, si ce seigneur est Louis XIV, je n'y vois point tant de mal. Non, non, ne jouez pas à ce jeu ; rien n'est plus facile que de trouver des ressemblances à un portrait ; oyez plutôt : « On ne pouvoit avoir plus d'esprit, plus d'intrigue.... une plaisanterie plus iine et plus salée, ni être plus maître de son langage, pour le mesurer à ceux avec qui il étoit. C'étoit en même temps de tous les esprits le plus méchant , le plus noir , le plus dangereux, le plus artificieux, d'une fausseté parfaite, à qui les histoires entières couloient de source avec un air de vérité, de simplicité qui' étoit prêt à persuader ceux mêmes qui savoient, à n'en pouvoir douter, qu'il n'y avoit pas un mot de vrai; avec tout cela une syrène enchanteresse, dont on ne se pouvoit défendre qu'en fuyant , quoiqu'on la connût parfaitement. Sa conversation étoit charmante, et personne n'assénoit si plaisamment ni si cruellement les ridicules, même où il n'y en avoit point, et comme n'y touchant pas... Malgré de tels vices , et dont la plupart éloient si destructifs de la société , c'étoit la fleur des pois à la cour et à la ville... » — A qui ressemble ce porlrait? dites. Est-ce à madame de Blansac ou à Saint-Simon? Et qui l'a peint? est-ce la Bruyère? Non, c'est M. de Saint-Simon lui-même, et l'on dirait qu'il s'y mire.

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distribution de prix. L'abbé Tallcmant lit la pièce de prose, et Dangeau celle de vers. — 4 janvier 1707. Le marquis de Dangeau est de nouveau directeur , l'abbé de Dangeau chancelier. — 4 novembre 1713. Dangeau communique à la compagnie une lettre qu'il a reçue de .M. de Poncbartrain, relativement à trente fauteuils neufs demandes au roi par l'Académie. — 20 juillet 1715. La compagnie députe deux de ses membres, M. le duc de la Force et M. le marquis de Saint-Aulaire pour aller faire compliment à M. le marquis de Dangeau sur la naissance de mademoiselle de Luynes. »

Si la mort du roi interrompt ici la liste des bons offices que Dangeau a pu rendre à l'Académie auprès de leur maître commun, l'Académie ne se tient pas quitte des respects et des déférences dont elle a, par un noble échange, payé la constante entremise de Dangeau. 13 juillet 1716. La compagnie députe à M. le marquis de Dangeau, M. deCallières et M. l'abbé de Saint-Pierre pour lui faire compliment sur le gouvernement du Milanez donné à M. le prince de Lewestein son beau-frère. — 4 janvier 1718. Dangeau est encore une fois directeur. — 13 mars 1719. Danchet etBoze sont chargés de faire à M. de Dangeau les compliments de la compagnie sur la mort de M. le prince de Lewestein son beau-frère, gouverneur du Milanez, et lui témoigner la part qu'elle prend à la perte qu'il a faite. — 23 mars 1719. Dangeau vient remercier la compagnie de l'honneur qu'elle lui avoit l'ait de l'envoyer complimenter sur la mort de M. le prince de Lewenstein. — 23 décembre 1719. La compagnie, ayant appris la mort de M. le marquis de Courcillon, envoie Danchet et Gedouin au marquis et à l'abbé de Dangeau. — 18novembre 1719. « L'Académie, ayant appris que M. le marquis de Dangeau avoit été taillé, a prié M. Danchet et M. l'abbé Gedouin d'allerde sa part savoir de ses nouvelles, et témoigne à M. l'abbé de Dangeau l'inquiétude où elle est, et les vœux qu'elle fait pour le rétablissement de la santé d'un confrère qui nous est si cher. »

La longue vie de Dangeau avait été inquiétée par deux graves maladies. « 11 avoit soutenu, dans un âge assez avancé, dit Fontenelle les deux plus cruelles opérations de la chirurgie, et deux fois l'une des deux , avec un courage singulier. Ce courage est tout différent de celui qu'on demande à lagueiTe, et moins suspect d'être forcé. Il est permis d'en manquer dans son lit. » « Il essuya, dit Saint-Simon, la grande opération de la fistule. (1087) dont il pensa mourir, et fut taillé d'une fort grosse pierre. Il a vécu depuis sans aucune incommodité de la première, et longues années, parfaitement guéri et sans aucune suite de l'antre.

xciv VIE DE DANGEAU.

Deux ans avant sa mort, il fut taillé pour la seconde fois (1); pierre n'était pas grosse, à peine eut-il quelques heures de fièvre; il fut guéri en un mois, et s'en est bien porté depuis. A la fin, te grand âge, et peut-être l'ennui de ne voir plus de cour ni de grand monde, termina sa vie par une maladie de peu de jours. » Le secrétaire qui écrivait le Journal de Dangeau sous sa dictée a clos cet immense travail par cette phrase : « Le 22 août, M. le marquis de Dangeau tomba malade d'une jaunisse avec la fièvre, et mourut le 9 septembre à huit heures et demie du soir, âgé d'environ quatrevingt-quatre ans (2). C'est lui qui a écrit tous ces Mémoires, et ne les a pu continuer que jusqu'au 16 aoust 1720. »

Ainsi mourut dans une extrême vieillesse Philippe de Courcil- Inn , marquis de Dangeau, comte de Mesle et de Civray, baron de Sainte-Hetmine, de Saint-Amant, du château du Loir, de Lucé et de Bressuirc; seigneur de Chausseraie et de laBourdaisière, menin de monseigneur le Dauphin, chevalier d'honneur des deux Dauphines, gouverneur et lieutenant général pour le roi de la province de Tuuraine, gouverneur particulier de la ville et du château de Tours, grand maître des ordres de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, conseiller d'État d'épée, doyen de l'Académie française. Le Mercure, qui, sous le feu roi, n'avait jamais perdu l'occasion de courtiser l'illustre courtisan, annonça assez Sèchement sa mort. Autres temps, autres favoris du Mercure

Mais l'Académie française s'honora» par plus de fidélité.

On lit dans les registres (3) de cette compagnie, à la date du jeudi 12 septembre 1720 :

« L'Académie a este ties-aftligéc d'apprendre la mort de M. le marquis de Dangeau, qui luy faisoit un honneur infini par les ta* lentsde l'esprit et par les qualités du cœur. 11 estoit un modèle de bonté et de politesse) et dans les exercices académiques il faisoit parnistre beaucoup de goust et un sentiment très-fin pour tout ce

(1) Le secrétaire de Dangeau écrit dans son Journal, le vendredi 17 novembre 17 19, a Paris : « Le marquis de Dangeau, auteur de ces Mémoires, fut taille par Thibaut, qui est le chirurgien qui travaille à l'Hôtel-Dieu à ces opérations-là ; et l'opération se lit fort heureusement. — Le mercredi 22, à Paris : L'opération qu'on lit le 17 au marquis de Dangeau a été si heureuse, qu'il n'a pas eu depuis le moindre accès de lièvre. — Et le jeudi 30, à Paris : La plaie du marquis de Dangeau est entièrement fermée, et il commence à sortir. Il y a peu d'exemples d'une opération si heureuse , car il n'a plus besoin d'être pansé. »

(2) « Ayant fait, quatre jours auparavant, une promotion de chevaliers reçus en son nom par le chancelier de l'ordre dans l'église de l'abbaye de Saint-Germain des Prés. »> (Histoire des ordres de Suint-Lazare, etc., par G\uriER ou SlBËQ T.)

(3) Le secrétaire perpétuel de l' Académie française était alors Dacier.

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