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une audience en particulier aussi à milord Portland. Ensuite le roi tint son conseil, à son ordinaire. — Madame la marquise de Vitry, qui étoit dame d'honneur de madame la princesse de Conty la mariée , se retire. Elle se plaint qu'on n'a pas eu assez de considération pour elle dans cette maison ; et madame la princesse de Conty lui a marqué beaucoup d'envie qu'elle se retirât, et prétend n'avoir pas eu sujet d'être contente d'elle. — Le roi a accordé à la nourrice de monseigneur le duc de Bourgogne permission de vendre la moitié de la charge de contrôleur général de la maison de madame la duchesse de Bourgogne, dont son mari est pourvu, et lui donne la survivance de l'autre moitié pour son fils, qui n'a que douze ans; outre cela,' S. M. leur donne des lettres de noblesse. Autrefois les nourrices des princes devenoient premières femmes de chambre des princesses qu'ils épousoient; les nourrices du roi et de Monseigneur avoient eu ces places-là , et leurs maris sont toujours contrôleurs généraux.
Mercredi 7, à Versailles. — Le roi , au retour de la chasse , alla voir madame la princesse de Conty la mariée, sur la mort de M. le prince de la Roche-sur- Y on , son iils. Ensuite le roi alla voir monseigneur le duc d'Anjou, qui étoit malade depuis quelques jouis. Monseigneur, monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne allèrent séparément chez madame la princesse de Conty faire leur compliment. — Les maréchaux de France condamnèrent un capitaine de dragons, nommé Aubry, à quinze ans de prison pour avoir fouetté un capitaine de ses camarades avec qui il avoit querelle, et qu'il alla trouver le matin dans son lit avec des verges ; cela a été regardé comme une manière d'assassinat. — Monsieur, Madame et Mademoiselle s'enallèrent à SaintrCloud, où ils demeureront jusqu'au voyage de Compiègne. — On a eu des lettres de Madrid du 24. Le. marquis d'Harcourt mande que le roi d'Espagne se
porte toujours de mieux en mieux, et qu'il devoit partir le lendemain pour aller à Tolède, dont on croit que l'air lui sera encore meilleur que celui de Madrid.
Jeudi 8 , à Marly. — Le roi vint ici après avoir entendu vêpres et le salut à Versailles. Monseigneur partit de Versailles après vêpres, s'en alla à Saint-Germain voir le roi et la reine d'Angleterre , et puis revint ici. Madame la duchesse de Bourgogne , après le salut , entra chez le roi pour le voir avant qu'il partit. — Madame la princesse de Rohan est de ce voyage ici; elle n'avoit pas accoutumé d'en être. M. de Biron y a un logement et n'y avoit jamais été. — Les affaires de Pologne se brouillent plus que jamais ; l'électeur de Saxe est revenu à Varsovie, où il a trouvé bien moins de grands seigneurs pour le recevoir qu'il n'avoit espéré. Toutes les petites diètes se sont séparées sans avoir pris aucune résolution.
Vendredi 9, à Marly. — Le roi se promena le matin et l'après-dlnée dans ses jardins, et presque toujours à pied. Monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne vinrent ici sur les quatre heures, et se promenèrent longtemps avec le roi, et soupère nt chez madame de Maintenon. — On a achevé la réforme des carabiniers : de cent compagnies, ils sont réduits à quarante, c'est-à-dire huit compagnies par brigade. On réforme aussi des troupes en Angleterre ; ils ont cassé le régiment de cavalerie du comte de Macclesfield , et on croit que bientôt aussi ils casseront douze régiments, quatre en Angleterre, quatre en Irlande et quatre en Flandre. On mande de ce pays-là qu'il y est mort une paysanne âgée de cent quarante ans. — On mande de Stockholm que le duc de Holstein-Gottorp y est arrivé; il y va pour épouser la princesse de Suède, sœur du roi régnant.
Samedi 10 , à Marly. — Le roi se promena tout le jour dans ses jardins jusqu'à la nuit. On travaille depuis quelques jours à une pièce d'eau magnifique par delà le
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jardin. — Monseigneur courut le loup. — M. l'archevêque de Besançon est mort ; le roi n'a pas encore l'induit pour nommer à cet archevêché , mais on ne doute pas que Rome ne lui accorde. — On mande.de Hollande que le czar de Moscovie y est arrivé revenant d'Angleterre ; il a eu un grand démêlé sur mer avec le viceamiral qui l'escortoit , et se ht ramener en Angleterre pour en faire ses plaintes ; mais ensuite il s'est fait reporter en Hollande , d'où il s'en va à Vienne, à la cour de l'empereur. — La duchesse Lanti est arrivée a Paris pour se faire arracher un cancer. Son mari est demeuré à Rome; elle est de la maison de la Trémoille , sœur de la duchesse de Bracciano.
Dimanche il, à Marly. — Le roi tint conseil le matin, à son ordinaire. Monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne vinrent ici l'aprèsdlnée ; le vilain temps n'empêcha pas le roi de se promener. — M. le duc de Noailles marie sa quatrième fille au marquis de la Vallière, gouverneur de Bourbonnois; il a l'honneur d'être cousin germain de madame la princesse de Conty, et c'est elle qui fait le mariage. On n'en sait pas encore les conditions; on sait seulement que le roi fait le marquis de la Vallière menin de Monseigneur. — Les désordres de Pologne augmentent. Les députés à la diète, que l'électeur de Saxe avoit convoquée , l'ont rompue et demandent la convocation d'une diète en pleine campagne à cheval. Les députés de Lithuanie paroissent plus animés que jamais contre la maison Sapieha , et le primat, de son côté, veut qu'on remette les choses dans l'état où elles étoient avant que l'électeur de Saxe fût entré dans le royaume.
lundi 12, o Marly. — Le roi fut tout le matin au conseil, et se promena toute l'après-dlnéc dans ses jardins jusqu'à la nuit. Durant tout ce voyage ici, il a presque fait toutes ses promenades à pied. — Le marquis de la
Un JOURNAL DE DANGEAU.
Vallière vint ici remercier le roi , et le roi lui dit que c'étoit madame la princesse de Conty qu'il falloit qu'il remerciât . Outre les 2,000écusqu'il aura comme menin, le roi lui donne encore 2,0 on écus de pension. Madame la princesse de Gonty lui assure la terre de Vaujour, qui a été fait duché de la Vallière pour madame sa mère. M. de Nouilles donne 30,000 écus à sa fille. — On parle aussi d'un mariage qu'on croit assuré , qui est celui du marquis de la Carte, capitaine des gardes de Monsieur, avec mademoiselle de Menetou , fille de la duchesse de la Ferté. On dit que Monsieur fera de grands avantages au garçon pour faire consentir la famille de la fille à cette affaire.
Mardi 1 3, à Mari y. — Monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne vinrent ici l'aprèsdlnée. Le roi les mena à la roulette, où ils les vit faire plusieurs tours. Us ne s'en retournèrent à Versailles qu'après avoir soupé chez madame de Maintenon. — M. le duc de Noailles vend une terre qu'il a auprès de Paris, qui s'appelle Sainte-Geneviève-des-Bois, à MM. Monerot, qui sont deux vieux garçons riches, qui achètent la terre à vie. Us en donnent 1 10,000 livres ; c'est presque tout ce que la terre vaut. — Madame de Lé vis, dame du palais, quoique fort jeune, fait présentement ses journées chez madame la duchesse de Bourgogne comme les six autres dames anciennes. — Madame la princesse de Conty donne au marquis de la Vallière , dès le jour de son mariage, la jouissance de la terre de Vaujour, qui ne vaut plus présentement que 8 ou 10,000 livres de rente . Le roi a trouvé bon que la marquise de la Vallière donnât à son fils et à sa belle-fille l'appartement qu'elle a ici dans le château, et madame la princesse de Conty prend soin elle-même de le leur faire accommoder.
Mercredi 1 V, à Marly. — Le conseil fut fort long le matin. Le roi se promena toute l'après-dlnée. — Milord PorUand alla ces jours passés voir Fontainebleau ; le roi