INTRODUCTION XXV
astrologues. Nous apprenons que des esturgeons ont I lé payés cent écus; des poires, un écu la pièce'.
Rien que sur le rapprochement entre Henri III et le iJrarnais, nous avons plus de trois cents pièces, de toute nature, chansons, satires, épigrammes, parodies. L'Estoile transcrit bien au long des choses qu'il déclare vilaines et grossières, notamment des vers contre le roi et ses mignons, t vers qui pour être impies et vilains tant que le papier en rougit, n'étaient dignes avec leurs auteurs que du feu, en un autre siècle que celui-ci ».
Voltaire parle assez dédaigneusement de « ce L'Estoile qui écrivait le soir tous les contes populaires qu'il avait entendus le jour ». Il lui reproche de prendre au sérieux des anecdotes impertinentes dont il ne faut pas souiller l'histoire. L'Estoile était crédule, en effet; il a Contribué à propager des erreurs graves, telles que l'empoisonnement de Jeanne d'Albret et l'apologie de la Saint-Barthélémy par Pibrac. Il aurait dû ne pas ajouter foi à certaines fables ridicules, accueillir avec moins de complaisance des bruits, les uns faux, les autres dénués de tout intérêt. En revanche, grâce à cette crédulité, il ne dédaigne pas des nouvelles qui pour être fausses n'en sont pas moins précieuses, car les contemporains en ont été frappés, troublés, inquiets; elles ont eu de l'influence sur les événements du temps, font partie de l'histoire. Le tort est d'y croire, non de les enregistrer.
D'autre part, tout en reconnaissant que L'Estoile est crédule, il convient de remarquer qu'à certains égards il l'est moins qu'on ne l'était généralement autour de
1. Ce bavardage rend surprenant lo silence qu'il garde sur la Ménippée; sans doute elle n'eut pas l'importance qu'on lui attribue, mais il fait une si grande place à des pamphlets encore moins importants!