XXVI INTRODUCTION
lui. Il ne prend très au sérieux ni les sorciers ni les astrologues. Il se déQe de ce qui est raconté dans les Mémoires de l'État et de la religion, au sujet de massacres « que l'auteur semble avoir bâtis sur le bruit des nouvelles du Palais, qui font souvent morts ceux qui vivent et se portent bien » ; il rejette les « sornettes transcrites du Réveil-inatin des huguenots ».
En plusieurs cas, il nous transmet des renseignements très exacts, que nous n'avons que par lui, et dont Voltaire lui-même a fait son profit.
Enfin, à côté de pages fastidieuses, il en a d'agréables, de piquantes; certains récits sont vifs, pittoresques, pleins de verve et même d'un certain talent d'écrivain. Voyez, par exemple, Henri IV rendant le pain bénit à Saint-Germain l'Auxerrois, et assistant en bon paroissien à la procession, sa branche de rameau à la main comme les autres ; ou encore l'expulsion des jésuites en 1595 : « Ce jour de Dimanche, après dîner, sur les deux heures, les Jésuites obéissant à l'arrêt qui se voit partout imprimé, sortirent de la ville de Paris, conduits par un huissier de la cour. Ils étaient trente-sept, desquels une partie sur trois charrettes, le reste à pied, leur procureur monté sur un petit bidet.... Voilà comment ce simple huissier, avec sa baguette, exécuta ce jour ce que quatre batailles n'eussent su faire * ».
]. Voir aussi la procession de 1.590. Des coups de feu sont tirés par les manifestants. Un coup, chargé à balle par inadvertance, tue Tauniônier du Légat, « ce qui fit que le Légat s'en retourna au plus vite, pendant que le peuple criait que l'aumônier avait été fortuné d'être tué dans une si sainte action! »