‹ Journal;Chapitre 29 sur 47 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

le roi qu'ils appelaient chien, tyran, hérétique, le faisant ainsi abhorrer par la foule, il a sous les yeux les a libelles publiés à Paris, imprimés avec privilège de la Sainte Union, revus et approuvés par les docteurs en théologie ». Il les garde, les reproduit « pour témoins de leur doctrine, par laquelle ils vendent les places en paradis aussi naïvemement que pourrait le faire un marchand les sièges d'une foire ».

Un des arguments de Bossuet contre les protestants, c'est qu'ils n'ont pas été fidèles aux princes légitimes, qu'ils ont permis de se révolter pour défendre l'hérésie et fait de ï Apocalypse des explications sanguinaires. Est-ce grossière ignorance ou comédie impudente? Bossuet avait-il oublié que le jour où la mort du quatrième fils de Henri II fit de Henri de Navarre l'héritier présomptif de la couronne, les catholiques adoptèrent la doctrine en vertu de laquelle les protestants avaient pris les armes? Que tandis que des huguenots, tels que La Noue, professaient que la royauté doit être révérée comme une puissance légitime ordonnée de Dieu, à laquelle quiconque ne porte obéissance est coupable devant lui, les prêtres catholiques ont nié le droit divin, préconisé la souveraineté du peuple, provoqué et glorifié le tyrannicide? qu'ils ont, pour séduire les assassins armés par eux, invoqué les textes bibliques '?

Montaigne disait, à propos des « figures contraires » qu'il voyait tirer de la religion : « Ceux qui l'ont prise à gauche, ceux qui l'ont prise à droite, ceux qui en disent le noir, ceux qui en disent le blanc, l'emploient

1. Bossuet lui-même souhMiait qu'il n'est pas permis de réprouver les actes dont les saints personnages de l'Ancien Testament ont donné les exemples. Il justilie Fesciavage ainsi ([ue le droit de conquête, en disant que les condamner serait condamner Jacob, Jephté, c'est-à-dire tomber dans des « extravagances impossibles ».

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