‹ Journal;Chapitre 30 sur 47 · INTRODUCTION XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIII

si pareillement à leurs violentes et ambitieuses entreprises, s'y conduisent d'un progrès si conforme en (lébordcinent et injustice, qu'ils rendent douteuse et mal aisée à croire la diversité qu'ils prétendent de leurs opinions en chose de laquelle dépend la conduite et loi de notre vie... Voyez Ihorrible impudence... Cette proposition : S'il est permis au sujet de se rebeller et armer contre son prince pour la défense de la religion, souvenez-vous en quelles bouches, cette année passée, l'affirmative d'icelle était l'arc-boutant dun parti, la négative de quel autre parti c'était l'arc-boutant, et voyez à présent de quel quartier vient la voix et instruction de l'un et de l'autre ».

Ces « doctrines ambulatoires » ont excité la verve de Bayle; il riait de voir les catholiques user, pour les besoins de leur cause, du Franco Gallia dans lequel un protestant avait affirmé la souveraineté du peuple : î Ilotman, sans y penser, travaillait pour la Ligue et forgeait des armes pour Bellarmin ».

L'Estoile nous fournit le détail de cette édifiante et divertissante aventure. Il transcrit tout au long le plaisant concordat imaginé entre les curés et les théologiens catholiques dune part, les ministres protestants de l'autre, et en vertu duquel, à la mort du duc d'Anjou, en 158 i-, les deux fractions s'accordent pour arrêter, «après colères, injures, exécrations, sans toutefois autre conférence entre eux que par l'entremise de leur esprit commun », qu' « à eux respectivement appartient de contrôler les actions des princes, les rendre odieux et contemptibles aux peuples, lesquels ils peuvent exciter à la rébellion et désobéissance, voire à séditions, pilleries et meurtres... Ainsi se trouvent d'accord en ce point qu'il est permis de s'élever et révolter contre le prince quelque naturel et légitime qu'il puisse être

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