‹ Journal;Chapitre 31 sur 47 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

pour cause ou prétexte de religion ». Les catholiques déclarent même qu'il y a lieu, non seulement de le dégrader et bannir et absoudre ses sujets de leurs devoirs envers lui, mais encore de le contraindre par excommunications, menaces et exécution de mort, « par assassinement en quelque manière que ce puisse être », et que « ceux qui meurent en si saintes intentions, entreprises ou exécution d'icelles, doivent être tenus et vénérés pour saints ». Les protestants hésitent à adopter cet article et en appellent à une conférence où siégeraient des Allemands, des Polonais, des Turcs et un Cannibale.

Deux siècles avant que Louis XVI fût désigné par le nom de Capet, les Parisiens n'appelaient plus Henri III autrement que le Valois. La Faculté de théologie, « comme porte-enseigne de la sédition », dit L'Estoile, déclarait qu'on pouvait en saine conscience se révolter contre le tyran exécrable qui avait trahi la sainte foi catholique romaine; les prédicateurs vomissaient « une iliade d'injures et de vilenies », allumaient la fureur au cœur du peuple, « tellement qu'il ne sortait jamais du sermon, qu'il n'eût le feu à la tète et la promptitude aux mains, pour se ruer sur les politiques ».

Dès qu'ils eurent fait assassiner Henri III, les moines et les curés travaillèrent à se débarrasser également de Henri IV, donnant comme modèles admirables Judith, Ahod et les autres personnages bibliques qui se sont illustrés par des exploits du même genre ^ Il fallait exterminer le Béarnais, à quelque prix que ce fût, n'importe par quels moyens.

1. 11 est impossible de reproduire ici les ordures que L'Estoile entendit débiter dans la chaire de la Sainte-Chapelle, le 19 avril l.o9l, pour autoriser la proscription et inciter le peuple « à faire pis ».

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