INTRODUCTION XXXV
L'Estoile refusa d'abord de croire que, pendant 1«^ siège de Paris , les Ligueurs lissent la chasse aux enfants pour les manger; informations prises, il reconnut que ce qu'il regardait comme une fable était la pure vérité, et que les prédicateurs encourageaient cette pratique atroce. Mieux valait égorger et manger un enfant que de supporter un prince hérétique. 11 entendit « tenir cette proposition à un grand catholique, et que de son opinion étaient les meilleurs théologiens et docteurs, entre autres M. le Curé de Saint- André des Arcs ».
Après avoir rappelé les * décrets entièrement républicains » de la Sorbonne, Bayle a remarqué qu'il n'y avait pas d'exemple d'une démocratie où l'autorité et la majesté royales eussent été traitées aussi cavalièrement. On peut lui répliquer qu'il écrivait avant la Révolution, mais que répond ra-t-on à Chateaubriand qui, à la fin d'un chapitre plein de citations empruntées à L'Estoile, rapproche la doctrine de la Ligue des pires doctrines révolutionnaires, et demande si la majesté des rois et le droit divin étaient plus respectés par la première que parles autres? A la peinture des fureurs du xvi'= siècle, il ajoute : t Qu'a fait de plus la démocratie de 1793? » 11 trouve que les trente-neuf années qui précédèrent l'Edit de Nantes étaient une période de « terreur religieuse » comparable à la terreur du xvii^ siècle, que les massacres et les spoliations ne sont point, comme on le répète, particuliers à la Révolution. 11 affirme que le tableau des mœurs de la cour de Henri III t offre des choses qu'on n'avait pas encore vues en France et qu'on ne reverra jamais ».
Quand on étudie une période de l'histoire, il faudrait, au lieu de fixer constamment les yeux sur elle, regarder tantôt en avant, tantôt en arrière. On verrait souvent