‹ Journal;Chapitre 8 sur 47 · LA FRANCE AU SEIZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

LA FRANCE AU SEIZIÈME SIÈCLE

11 y a longtemps que l'on parle de notre décadence, et que l'on répète que la France vieillie, épuisée, marche à sa ruine, est vouée à une déchéance irréparable. A plusieurs reprises depuis cinq cents ans, il sembla que ces prédictions désolantes étaient sur le point de s'accomplir; deux fois surtout, on put croire que nous ne nous relèverions pas de nos chutes : sous Charles VI, nous avions failli périr, et cent cinquante ans plus tard le pays retomba dans une situation non moins désespérée '.

La première moitié du x\i^ siècle, qui de loin nous éblouit et nous attire, n'avait pas été exempte de dangers et de souffrances. Tandis que Michel Ange enviait le sommeil des marbres et disait la douceur de ne pas voir, de ne pas entendre, en un temps de misère et d'opprobre, Calvin avouait que depuis que l'Évangile avait « commencé d'être remis au-dessus », il y avait dans le

1. Le rapprochement est indiqué par d'Aubray dans la Ménippée. Après avoir rappelé ce qui se passait au xv^ siècle, il dit : « Quiconque voudra lire cette histoire, y verra notre misérable siècle naïvement représenté »,

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