‹ JournalChapitre 16 sur 84 · III · texte numérisé non relu

III

[Fo XeTrs]

2 Février 1830

M. de Gard ! vient de me conter un fait bibliographique fort curieux. Lors de la mort de M. de Volney ?, la maison de cet homme si remarquable * a été acquise par Mme de Courcelle (la DSe). Mme de Volney a mis une telle insouciance à la conservation des mss de son mari, qu'elle les a laissés aux acquéreurs de la maison ou plutôt à M. de Gard, pour qui elle s'était prise d'affection. Ce brave excellent homme, plein [verso] d'amour pour les lettres voulait conserver les mss en question, lorsque son cousin, M. Amédée de Courcelle, alla prévenir la bonne dame chez qui ils se trouvaient. Alors, un auto da fé eut lieu et ce qui ne fut pas brülé fut employé a tapisser les murailles en guise de papier gris de la chambre de M. Amédée : au nombre des mss se trouvait, je crois, la continuation des Ruines.

1 Sic. — La famille de Gars de Courcelles, famille parlementaire, est représentée au XIXMme siècle par plusieurs membres, notamment : « Degars de Courcelles, ancien conseiller au parlement, élig., rue du Jardinet, 1 » (A/manach des 25,000 adresses, 1824), « le vicomte Degars de Courcelles, élig., rue de Vaugirard, 73 ». (Zbid., 1830 et années suivantes.) Quant au titre de duchesse, c'est probablement par inadvertance que F. Denis le donne à Mme de Courcelles.

? Denis témoigne la plus grande admiration pour le « talent si remarquable » de Volney (Scènes de la Nature, 1824, p. 209).

3 est pass [ée], effacé.

4 coller, effacé.

5 M, effacé.

HV]

Fer r1

15 Mars 1830

J'ai été entendre hier le Baron ! d’Eckstein à la Société des bonnes ? études. Excellent discours sur les poèmes épiques du moyen âge ? dont ils forment 4 4 divisions bien distinctes. Se rappeler ce qu’il dit sur les

1 On ajouté, en surcharge et après coup, à Bar. — Ferdinand d'Echstein (né le 17 septembre 1790, à Copenhague). Baron dont le titre ne semble guère attesté, Fils d’un père israélite converti au luthéranisme, s'était lui-même converti au catholicisme. Après une vie aventureuse que l’on trouvera contée dans le récent ouvrage que le P. Burtin lui consacre, — tour à tour étudiant en Allemagne, investi en Hollande de fonctions de haute police, de même que, plus tard, à Marseille, — il avait servi la défense des idées religieuses à la tête des Annales de la Littérature et des Arts, du Drapeau Blanc, et surtout dans la rédaction du Catholique (16 vol. 1826-1829). Sa vie et son activité, sous Louis-Philippe, seront plus malaisées à suivre ; mais ses-relations avec Denis semblent étroites et confiantes. Leurs amitiés communes sont d’ailleurs nombreuses, depuis Victor Hugo qui a recherché l’amitié du directeur du Catholique jusqu’à Lamartine (cf. No XXIX), depuis Sainte-Beuve qui cite d’Eckstein à plusieurs reprises (1° Lundis, 8 août 1833, t. II, p. 249 ; Portraits Lattéraires, t. I, p. 470 ; Nouveaux Lundis, t. I, p. 313), jusqu'à Mme d’Agoult qui fait une place à d’Eckstein dans ses Souvenirs (p. 340). Denis qui, en cette même année 1830, fait appel, pour son Tableau des Sciences occultes, aux « précieuses considérations » du Catholique (Tableau des Sciences occultes, p. 280 ; cf. p. 238) appelle d’Eckstein « un écrivain remarquable » (Le Monde Enchanté, 1843, p. 98 ; cf. p. 305) et rend hommage à sa « haute intelligence » (Luiz de Souza, 1835, p. 347).

2 Lettres, effacé. Sur cette Société des Bonnes Etudes (qu’il ne faut pas confondre, comme Denis l'avait d’abord fait, avec la Société des Bonnes Lettres), cf. le Catholique, t. III, p. 483 ; Grandmaison : La Congrégation, p. 215. Conférence littéraire, sorte de prolongement de la Congrégation, formée en 1823 et qui eut pour présidents Mathieu de Montmorency, le duc de Rivière, le baron de Damas, le duc de Doudeauville, On y entendit Laurentie, Abel Hugo, Hennequin, Berryer.

3 Ce discours a paru, avec la mention « lu à la Société des Bonnes Etudes » et sous le titre : De la poésie épique du moyen âge, dans la dernière livraison du dernier volume du Catholique, daté cependant de 1829 (t. XVI, p. 683 sqq.). « Ce discours fort remarquable » de « M. le baron d’Eckestein (sic)... sur la poésie épique du moyen âge » a beaucoup frappé F. Denis, qui le cite dans son Tableau des Sciences occultes (1830, p. 185).

RSC:

Culdés, ces bardes convertis 1, sur le Saint-Graal, sur les 2 ? Arthur, l’un 3 être emblématique, l’autre 4, réel mourant et toujours attendu 5. Ne pas oublier que les $ poèmes recueillis par Charlemagne ont été retrouvés ?. Examiner ce fait important. Voir s’il est bien authentique.

Diîné chez L. Il est en grande faveur auprès de M. C. Je crois qu'il sera de l’instlitut] avant deux ans.

Le 12 mars 1842, j'ai revu le Bfarjon d’Eckstein à une soirée chez Mme d’Agout ®. Son intelligence n’a rien perdu de sa vigueur, mais il s'était étrangement trompé sur une tragédie qu’on nous a lue et qu'il avait considérée un peu prématurément comme l’une des plus belles de la langue française. C'était chose bien faible.

1 «... Les croyances que ces Bardes empruntèrent au christianisme indiquent une source gnostique ou orientale : c’est un christianisme lettré, c'est une théosophie telle qu’on la découvre dans plusieurs cloîtres de l'Irlande, où les Bardes, s'étant faits moines, perpétuèrent leurs anciennes croyances en leur donnant une interprétation biblique et savante. Ces moines s'étaient établis dans les Hébrides, où on leur avait donné le nom de Culdées : ils pénétrèrent également en Ecosse et dans la Grande- Bretagne... » (Le Catholique, t. XNI, p. 707). Aïlleurs (Jbid., p. 149), d’'Eckstein les appelle « moines Kuldéens ou Keldéens ».

? Les 2 ajouté dans l’interligne.

3 l’un ajouté dans l’interligne.

4 L'autre ajouté dans l’interligne au-dessus de quelques lettres effacées. Le texte primitif était : sur Arthur être emblématique et réel.

5 « Il a existé, et les poèmes des Bardes en font foi, un Arthur druidique, un Arthur des Mystères, qui n’a jamais été un personnage héroïque, mais qui fut toujours un personnage idéal. Cependant, un véritable Arthur, l’ennemi des Saxons, fut également célébré par les anciens Bardes ; et ils le présentèrent au peuple comme le secret espoir de la délivrance de leur patrie. Dans cette intention, ils prétendaient qu'il était immortel, et ils affirmaient qu'il vivait, caché dans un endroit d’où il sortirait quand l’heure des destins aurait sonné. C'était le héros des temps futurs ; mort à la fleur de l’âge, il devait ressusciter pour venger sa nation. » (Le Catholique, t. XVI, p. 710.)

Ici quelques lettres (quellques]) effacées.

Dans l’interligne, et d'une autre encre : (il y a erreur de plume ou de souvenir). À partir d'ici, d’une autre encre.

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