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EST

4 Les Tablettes Umniverselles, Répertoire des événements, des nouvelles et de tout ce qui concerne l’histoire, les sciences, la littérature et les arts... par une société de gens de lettres (1820-1824, 11 vol. in-80), dirigées par Coste, de janvier 1823 à janvier 1824. Sur Coste et les Tablettes, cf. Hatin : Histoire de la Presse en France (1861, t. VIII, p. 497) et Desgranges : La Presse littér. sous la Restauration.

5 plar] effacé.

6 On comparera à ce jugement la pièce À la Rime, recueillie dans les Poésies de Joseph Delorme.

7 À ce jugement sur Delille, Denis a-t-il souscrit ? Il garde une prédiléction évidente (et que Sainte-Beuve n’approuve pas. V. Premiers Lundis, t. I, p. 9) pour Delille et son groupe (Scènes de la nature, 1824, p. 23, 65, etc.).

que quand on tenait le dernier mot, tout le reste venait. Les secrets d'harmonie de Lamartine sont plus élevés, plus intimes. Ballanche à dit en parlant de ses vers : Il ne les fait pas, et la pensée du poète m'est revenue au cœur : Je chantais mes amis comme l’homme respire ! Du reste, et je l'ai dit à Ballanche, le sentiment d’harmonie si pure et si naturelle qu’on [p. 3] trouve dans sa prose est celui qu’on trouve aussi dans Lamartine. Plus tard, nous en sommes venus à dire qu’on pourrait bien mal juger la société actuelle par les œuvres qui sont mises au jour. Comme je citais la naïve bonhomie de Mendelli ? qui ne connaît le monde que par les livres et qui s’imagine que nos assemblées, dans lesquelles il n’a jamais pénétré, sont des saturnales, Ballanche a dit avec cette douceur ineffable qui n’accuse pas, mais qui regrette : Il pourrait bien, à juste titre, avoir eu une telle pensée en lisant la Peau de Chagrin. Ceci avait été dit avant l’arrivée de Sfainte]-Bfeuve]. Celui-ci nous a encore parlé de M. de Lamennais, de son ignorance des écrits nouveaux et de sa puissance de pensée qui devinait en quelque sorte ce qu’il n'avait pas voulu lire #. B[allanche] semble en faire grand cas. S[ainte]-Bleuve] a lu le grand ouvrage qu'il prépare et en paraît émerveillé 4. Là toute la science humaine est appelée à servir ® de témoignage à la science divine du christianisme. Il procède par la pensée de l'être. Chose singulière, un Italien qui écrit en ce moment a eu la même idée fondamentale $. J’allais oublier une singulière analogie

1 Lamartine : Nouvelles Méditations : Le Poète Mourant.

? On rapprochera ce nom de celui-ci, qu’on trouve sous la plume de Senancour, dans une lettre à Denis, datée de 1836 : « Votre Smandeli me fait songer combien vous travaillez de différentes manières. » (Revue de Littérature Comparée, janvier 1931, p. 102.) D'autre part, on lit dans le journal de Fontaney (pub. par M. KR. Jasinski, p. 121) : « Causé longtemps avec Nodier de l'étrange personnage qui apparut avec Nodier et Saint-Martin lors de leur installation à la bibliothèque. Il se nomme Smanteli ; savant, sorcier, gnôme, démon, il est tout ; on le nommait Cardillac dans le quartier. Sur 30 fr. de rente il fait des économies et en a maintenant 150... Des femmes en équipages viennent souvent le voir. C’est vraiment un sorcier... » (2 mars 1832). Nous pensons que Smanteli, Smandeli et Mendelli sont le même personnage.

$ en entier, effacé.

4 Denis fait certainement allusion à l'Essai d'un système de philosophie catholique (1830-1831), publié en 1906 par M. Christian Maréchal (Paris, Bloud). Sur l’idée de l’être qui en est, en effet, le fondement, v. la troisième conférence, chap. ITT, p. 16 sqq.: « Toute idée renferme celle de l’Etre, ou plutôt n’en est que la modification... Qui n'aura pas l’idée de l’Etre n’aura l’idée de rien. » Sainte-Beuve connaissait ces leçons (d’où sortiront, de 1840 à 1846, les quatre volumes de l'Esquisse d'une Philosophie) par l’enseignement reçu à la Chesnaie (Portraits Contemporains, 1, 225-226).

5 à la sfcience], effacé.

5 Nous pensions que cet Italien pourrait être Gioberti, dont la pensée comportera des analogies avec celle de Lamennais, qui entretiendra avec lui des relations d’évidente sympathie intellectuelle (v. une lettre inédite à Lamennais, dans : Solmi :

A0 de pensée entre Ballanche et Fabre d'Olivet. Celui-ci avait rendu l’ouie à un enfant qui était tombé dans le mutisme. Ballanche le vit et devina que cet enfant n'avait pas en lui la faculté 1 volitive du langage. C'était depuis longtemps la pensée de Fabre d’Olivet. Un jeune auteur prépare une tragédie de Servius Tullius. Coissin ?, l’auteur des Neuf Livres, l’a envoyé à Ballanche. Quelques mots de cette bouche pure pourront bien illuminer l’âme du poète et l’on pourrait bien lui appliquer ces mots qu'il a prononcés, mais qui ne sont plus qu'un vague ressouvenir pour moi : Le mystère religieux était dans les Chœurs des Anciens, et cette poésie était comme un encens mystérieux qu'on jettait3 aux dieux [p. 4]. — Cette faculté volitive dont F. d’Olivet exagère tant la puissance, puisque selon lui, elle peut s'opposer à la mort a 4 rappelé à Ballanche une anecdote qu'il dit si bien que j'en détruirai ici à coup sûr tout le charme. Mme allait mourir, Un de ses amis espérant, sans doute, ranimer les forces de son âme lui rappela cette idée 5, dont elle lui avait parlé, que la volonté pouvait

Mazzini e Gioberti, 1913, p. 133), et dont le rôle au sein du catholicisme n’est pas sans analogie avec celui de Lamennais (Padovani : Vincenzo Gioberti e 1l Cattolicismo, Univ. Catholique de Milan, 1927) ; pour l’ouvrage en préparation dont parle Denis, nous aurions songé à l’un de ces manuscrits de jeunesse que Gioberti devra abandonner à Turm, quand il se réfugiera à Paris en 1833, — par exemple cette Teorica della mente umana, éditée par Solmi, Turin, Bocca, 1910. M. Guido Zadei, de Brescia, l’érudit qui connaît sans doute le mieux la pénétration du mennaisianisme en Italie, nous répond qu’en 1831 le philosophe piémontais était très éloigné des idées de Lemennais. Il suggérerait plutôt les noms de l’abbé Gioacchino Ventura, de l’abbé Giuseppe Baraldi de Modène, même, avec plus de doute, ceux de Nicolo Tommaseo et d'Alexandre Manzoni, dont on disait alors qu'il s'était remis à l’œuvre qui devait servir de complément à l'essai sur la Movale Cattolica. Ou, si l’on préfère songer à un Italien résidant à Paris en 1831, on pourrait nommer Terenzio Mamiani dont les lettres ont un accent mennaisien (E. Viterbo : Terenzio Mamiani, lettere dall’ esilio, Rome, 1899, t. I, p. 76) et qui a mis « in poche pagine una teorica della religione civile » (/bid., p. 79), ou encore Bozzelli (Benedetto Croce : Una famiglia di patrioti, Bari, 1919, p. 135-141). Lamennais a d’ailleurs trouvé maints autres échos dans l’Italie de son temps et aurait pu se reconnaître plus d’une affinité parmi les catholiques italiens. Cf. : Guido Zade:ï : L'abate Lamennais e gli Italiani del suo tempo, Turin, Gobetti, 1925 ; Carteggi inediti del Lamennais con Italiani. Extrait des fascicules III et IV du Gioynale Critico della

Filosofia italiana, 1928. — Voir Appendice, note 11. 1 de vouloir, effacé.

2 Sic. — F. G. Coëssin (né à Lisieux en 1782), illuminé, auteur des Neuf Livres

(Paris, 1809) cf. : Erdan : La France mystique, t. TI, et Viatte, loc. cit., t. IT, p. 32. «Il a publié, dit Mme de Genlis dans ses Mémoires. un ouvrage intitulé les Neuf Livres dans lequel on trouve des étincelles d’un grand talent... »

EStce

4 suggéré, effacé.

5 q[ue] effacé.

repousser la mort et qui ! ne tenait qu’à elle d’en faire usage. Oui, dit-elle, mais je crains bien d’avoir eu une distraction. Et elle mourut 2, Je rappelai à Ballanche que les premières prévisions sur sa célébrité se trouvaient dans un livre pour les enfants, et, chose merveilleuse, qu’il y était merveilleusement caractérisé. Il % a souri en apprenant que ce livre était la morale en action publ[liée] en 1804 par un brave homme d’auteur nommé Béranger e A ce propos d'auteur, il nous dit qu’à sa première année de résidence à Paris, le commis du bureau des contributions lui écrivit : à M. Ballanche auteur, et qu’à la seconde, il jugea à propos de substituer au mot d'auteur celui d'acteur, ce qui l'avait beaucoup amusé. Nous avons parlé de Senancour et de son [roman] d'Oberman. C’est une œuvre dont Ballanche fait grand cas 5 et il nous a répété ce qu’il m'avait dit il y avait quelques jours : Il y a de grands artistes ignorés. M. Fauriel est de ce nombre, et il l’a prouvé surtout dans sa traduction de la Parthénéide 6. S[ainte]-Bleuve] et moi qui sommes à l'affût de toute œuvre d'artiste, nous avons noté ceci. S[ainte]-Bfeuve] dont la conversation servait merveilleusement à exciter la pensée de Ballanche parce qu’elle est vive, inattendue, forte de choses neuves, d’aperçus ingénieux et délicats, [2Me feuillet] Sainte-Beuve avec sa raison et son cœur d'artiste regrette que l’auteur d’Oberman gâte ses ouvrages en les retravaillant 7. Ainsi, il paraît que dans le livre de l'Amour,

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